‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 192 sur 293 · Herc. et Pomp., ni, pi · texte numérisé non relu

Herc. et Pomp., ni, pi

iMAISONS lîT BOUTIQUES. 325

blanche et noire, et dont le seuil nKilhcurcusenient fort cndomnia^iî est orné de rinceaux de diverses couleurs. Suit une chambre à couclier 13 à laquelle on montait par trois degrés et (jne j)réc(uJait un pvocjvlon 12, sur lequel elle avait une porte et une fenêtre. De cette cliambre on descendait par trois autres degrés dans la chambre M\, ((ui avait son procœlon 15. Dans le corridor 10, qui n'était autre que la cage d'un escalier ayant dessous un réduit ouvrant sur Vatrium se trouve l'entrée d'une pièce 17 où était un petit moulin (fui a été déplacé, mais où sont encore deux pieds de table, un fourneau et un four autrefois surmonté d'une image du même genre que celle qui existait au même lieu dans la boulangerie de la maison de Pansa; dans Tavant-four, aujourd'hui détruit, étaient trois tuyaux en terre cuite pour l'évaporation de la fumée. A côté du fournil est une chambre d'esclave 18 près de la porte de laquelle, sous le portique, se trouve un grand vase de terre rouge, un dolium, qui avait été raccommodé avec de fortes agrafes de métaP. Enfin, à l'extrémité du portique, existent deux petites pièces 19 et 20 dont la première contint probablement une presse, tandis que la seconde était la loge du portier préposé à la garde de la seconde entrée de la maison, du posticum 21. La partie ouest de la cour, adossée à la rue de la Fullonica, est occupée presque entièrement par quatre grands bassins carrés 22 construits en maçonnerie, placés à des niveaux différents afin que l'eau pût passer successivement de l'un dans l'autre; leur profondeur varie de l'",15 à 0'",50. On montait au bassin le plus élevé par un escalier au pied duquel est un cinquième bassin carré 23 enfoncé dans le sol. Au devant des bassins 22 règne une large et longue banquette de pierre, à l'extrémité gauche de laquelle est un petit bassin ovale en marbre, tandis qu'cà l'autre bout sont un vase de terre encastré dans la maçonnerie, et sept bassins plus petits, ou plutôt des espèces de cases 26 dont le fond est légèrement creusé et dans lesquelles les étoffes étaient probablement empilées pour être foulées aux pieds comme nous l'avons vu dans la peinture du pilier voisin de la fontaine ;

1. (( Le tonneau du cjnique, dit Juvéïial, ne craint pas Tincendie; s'il le brise, demain il retrouve une autre maison ou répare la même avec du plomb. »

Do lia midi

i\on ardent cynici ; si fregeris, altéra fiet Cras domus aul eadem plwnbo comniissa manebit.

Sat. XIV.

l'OiMPi;! A

pciil-ùlic aus>i CCS cases scivaiciil-cllcs de dr\n)l pour les cliiïérentcs iiiaticr(>s ncc(\ssaii'cs ;i la {(Miilurc. Les anciens seinbleiil avoii' teint et ncltoyt^ lems ('lolTcs a\ec un ^rand soin, et s'èlre sei'vis de soufre et aiilies ing'ri'diciils tels (pie la leri'e grasse dite à foulon, cl la chaux dont ou a lrouv(î ici une j;u-|-e pleine '. Sous le p{)i'li((ue septentrional est une pièce voùlée 25 où existent encore les restes d'une baignoire ou d'une cuve, puis une chambre à coucher !2() (jiKi précède un procœlon 27, et dont le pavé en niosaïcpic est entouré d'une jolie bordure blanche et noire. A coté du procaion et près d'un petit réduit 28 qui dut servir de resserre ou de buieau [)our lui caissier, est l'enli'ée d'une petite maison dont remj)lacement est emprunté au terrain de l'habitation voisine, la maison de la grande fontaine de mosaïque, avec laquelle elle n'a aucune communication. Cette petite maison, qui semble avoir servi d'ap[)endice à l'habitation du propriétaire de l'établissement, a une entrée particulière 29 sur la rue de Mercure ; elle se compose d'un atrium a b c d soutenu par six colonnes avec un compluvmm présentant à l'une de ses extrémités un puteal de terre cuite orné de triglyphes, et à l'autre une base carrée de marbre blanc, et de deux chambres 30 et 31 ; dans la première on voit pour la tète et les pieds du lit une entaille assez longue pour pouvoir le tirer; dans la seconde qui contenait un escalier est également une entaille pour le chevet.

Les façades de la Fullonica et de la maison suivante sont faites sur le même modèle et composées de grandes pierres de lave parfaitement

Refends.

appareillées, pleins sur jointe, avec des refends. Sur le pilier qui sépare la Fullonica de la maison de la grande fontaine fut trouvée, le il aoiit

1. « Voici l'ordre des manipulations : d'abord on lave l'étoffe à l'aide de la sarde (terre de Sardaigne) , puis on l'expose à une fumigation de soufre ; ensuite on nettoie à la terre cimoliée (terre bokiire, craie de Cimole, une des Cyclades) les étoffes dont la teinture est solide. »

Pline, XXXV, 57.

MAISONS I:T MolTinrKS. 3i7

i8!26, cette iiisci'iptioii peinte en Idli-es l'on^cs ' (iiii |)aiaîl se rapporter au magistrat dont la statue décorait le tli(''àlr(> :

M. noi.COMN M

PniSCVM II \ llî. 1. 1). i-'MAK. UMVBKSI

« VM HBLVIo VKSTALB K O O A N T.

« Tous lo-^ iiiarcliaiids de fruits et Helvius Vestalis iiivocjuent M. Hulconius Priscus, Duumvir chargé de rendre la Justice. »

Maison de la grande fontaim: dk mosaïqle, n" 36 (Pl. l\\). C- tte maison contiguë à la petite habitation dépendant de la Fullonica a été découverte en 18:26. Son atriKin toscan n'a ])as moins de J()"',25 sur 13'",10 ; au côté gauche, sur lequel, ainsi (pie je Tai dit. est emprunté remplacement de la petite maison voisine, il ny a point de chambres, mais seulement une ala ; le côté droit a trois petites pièces avant son (lia, I.e (abh'iuu)i était orné de gracieuses peintures, maintenant presffue détruites, représentant des cerfs attelés à un char, et des A/nours combattant des animaux. Le pavé en mosaïque blanche encadrée d'une belle grecque noire est bien conservé. Dans le triclinium placé à droite du tablinum et ouvrant par une large baie sur le xyste , était une peinture représentant une répétition théâtrale et dont la composition avait beaucoup d'analogie avec celle de la fameuse mosaïque de la maison du poëte ; M. Bonnucci crut y reconnaître une scène du Miles de Plante; cette peinture est entièrement eiïacée.

Derrièi'e le tablinum règne une galerie soutenue par trois colonnes sans bases, quoique d'ordre corinthien, et par un pilier à chaque extrémité. Au pied du pilier de gauche est l'embouchure grossière d'une citerne. La muraille du xyste faisant face à la galerie est divisée en panneaux décorés de peintures représentant des bosquets, dans le genre de celles que nous avons vues à la maison de Salluste et qu'on appelait topia j ou opus topiarium; il reste peu de traces de ces peintures; on y reconnaît cependant encore, vers la gauche, une représentation curieuse et assez rare, une harpie très-bien conservée; c'est une femme ailée dont le bas du corps est celui d'un lion.

Vers le centre de cette muraille et faisant face au tablinum j, bien que sensiblement reporté vers la droite hors de son axe, est un monu-

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