‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 2 sur 293 · INTRODUCTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE

L est (les lioninics auxquels la mort a donné une renommée que l'obscurité de leur vie ne semblait pas leur promettre ; il des peuples qui n'ont du leur célébrité qu'à leurs défaites; il est des \illes qui ne sont devenues fameuses que par leur destruction. Tel fut le sort de Pompéi, d'Herculanum, de Slabies; villes peu importantes de la Campanie, à peine eussent -elles laissé dans l'histoire un nom inconnu et sans gloire; un volcan depuis longtemps endormi se réveille, les engloutit, et l'immortalité leur est acquise.

Ces villes, en effet, ne furent le théâtre d'aucun de ces grands événements qui vivent dans la mémoire; la catastrophe qui les détruisit, les monuments précieux que cette catastrophe même nous a conservés depuis tant de siècles en les mettant à l'abri des injures du temps et des hommes, leur assurent un intérêt que réclameraient vainement les restes de tant de villes bien autrement célèbres dans les annales de l'histoire.

Une ville qui a été ensevelie sous une pluie de cendres, dont l'em-

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placcinont csl resU! loii^^lcmps inconnu, dont le désastre même s'élail presque elVacé du sou\enii" des lioinmes, el (iiii , aprrs 1700 ans, sorl tout entière de ses ruines, n'est-ce pas le plus beau nioiiinncnl (pie Tantiquilc^ ail légué à noire Age, le plus grand spectacle qu'elle ait réservé à Taduiiralion des artistes, à l'élude des savants, à la curiosité des voyageurs?

L'antiquité à Pouipéi u'est plus celle anlifpiiN; vague, reculée, incertaine, celle antiquité des livres, des couimenlateurs, des antiquaires-, c'est rauli(|uilé réelle, vivante, en persoune si l'on peut dire; on la sent, on la voil, on la touche. Le secret de la vie pul)li(jue et privée des anciens nous est tout à coup dévoilé, non plus par des inscriptions isolées, des statues incertaines, des bas-reliefs, des médailles, dont l'explication est souvent un problème, mais par le matériel entier de l'existence, depuis la distribution des demeures jusqu'aux moindres ustensiles de ménage, depuis les plus précieuses collections de livres et de tableaux jusqu'aux approvisionnements devin, d'huile, de pain et de fruits. C'est comme une longue nuit de dix-huit siècles au matin de laquelle on retrouverait chaque chose dans l'état où on l'aurait laissé la veille. M. le baron Taylor écrivait à son ami Charles Nodier : « Si un contemporain d'Auguste revenait sur la terre , il pourrait s'écrier : Salut, ô ma patrie ! ma demeure est la seule sur la terre qui ait conservé sa forme, et jusqu'aux moindres objets de mes affections; voici ma couche, voici mes auteurs favoris; mes peintures sont encore aussi fraîclies qu'au jour où un artiste ingénieux en orna ma demeure. Parcourons la ville ; allons au théâtre ; je reconnais la place où pour la première fois j'applaudis aux belles scènes de Térence et d'Euripide. »

Il est une terre célèbre au temps des Romains par ses vins, ses roses et ses délices, la Campanie, au dire de Florus, le plus beau morceau non-seulement de Tltalie, mais de l'univers. «Fleur du jardin du monde, s'écrie Bulwer, fontaines de délices, Italie de l'Italie, belle et généreuse Campanie! Que les Titans étaient vains, si, habitant ce lieu, ils ont combattu pour obtenir un autre ciel ! Si Dieu avait voulu que cette pénible vie fut un jour de fête perpétuel, qui ne voudrait le passer tout entier ici, sans rien demander, sans rien espérer, sans rien craindre, tant que ton ciel lui sourirait, tant que la mer étincellerait à tes pieds, tant que ton atmosplière lui apporterait de doux messages de la violette et de l'oranger, et tant que le cœur, content de n'éprouver qu'une seule émotion, trouverait une bouche et des yeux capables de lui persuader, ô vanités des vanités, que l'amour, en dépit de l'usage, peut être éternel^? »

Bornée à l'orient par le fleuve SHanus (Sele), à l'occident par le Uris

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