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The last days of Pompé/. B. III. C

INTHODUCTION HISTORIQUE. 7

(Garigiiano) , au nord |)ar les monla^nes duSamniimi ou nioiils Tipliatins, la Cauipanic comprenait lout W, pays siUu'^ sur le J)or(l de la mer Tyrrhénienne (Médilerranéc), dei)uis iVunhoucliuie du lAris jusqu'à celle du Silanus. Ce littoral (Mail divisé en trois colles séparés par le cap Mist*ne et VAthena.'um ou cap Minerve (Capo Cmiipanclla). Le plus occidental de ces j^olles, Gaelanus Sinus (^^oUe de (iaëte), appartenait en partie au Latium, en partie à la Campanie ; le plus oriental, I\-cstaniis Sinus (golfe de Salernc), se partage entre la Campanie et la Lucanic; enfin celui du centre est le merveilleux golfe de Naples, que les anciens appelaient le Cratère. C'était presque au fond de ce golfe, sur le rivage oriental de la mer aujourd'hui repoussée à plus d'un kilomètre par la lave et les cendres du volcan, qu'était située Pompéi; elle s'élevait près des bords du iSarnus, sur le sommet d'une éminence qui, à une époque très-reculée, dut être composée de produits volcaniques vomis par le Vésuve; elle était placée entre les marais Pompéiens mentionnés par Columelle, et où Spartacus faillit surprendre Cassinius au bain, et les Salines d'Hercule, ainsi nommées de la roche d'Hercule qui se dresse en face au milieu de la mer, et s'appelle aujourd'hui Isolelta di Revigliano. Pompéi est éloignée de 7 kilomètres en ligne droite du cratère du Vésuve, et sa distance de Naples est de 1^ kilomètres. Ses remparts, dont la circonférence est de k kilomètres environ, étaient baignés pas la mer au sud et au sud-ouest; ils renfertuent une superficie évaluée à 660,981 mètres, ou 66 hectares, 9 ares, 81 centiares.

Du côté de la mer, le rocher de lave sur lequel la ville repose se termine assez brusquement, en sorte que les habitations descendaient en amphithéâtre jusqu'au rivage, et du haut de leurs terrasses l'œil embrassait à la fois, au midi, la vaste étendue des mers, le golfe de Stables, les rives de Sorrente, le cap Minerve et l'île de Caprée ; à l'ouest, les côtes de Pausilippe ; au nord, Naples et le Vésuve. Il faut avoir vu ces lieux encliantés pour se former une juste idée de ce merveilleux paradis que le destin avait placé si près de l'une des bouches de l'enfer.

La fondation de Pompéi, comme celle d'Herculanum, est attribuée à Hercule ; elle remonterait ainsi aux époques les plus reculées de l'histoire d'Italie. On ignore l'étymologie de son nom, que cependant quelques-uns font venir de la longue suite de bœufs, Pompa, que le héros avait amenée d'Espagne en Italie; d'autres de la pompe avec laquelle il aurait célébré ses victoires lorsqu'il attendait sa flotte à l'embouchure du Sarno ; d'autres du mot Uo^LizoLio;, conducteur, l'un des surnoms de Mercure comme conducteur des âmes aux enfers; d'autres enfin, et leur opinion est la plus probable , du mot nofj.iweî'ov, au pluriel no^.7ueia, que les anciens glossaires traduisent par 0!.V.r,(jLa y.oivov, bâtiment commun, entrepôt. Cette étymologie a le mérite d'expliquer à la fois le nom et l'origine de la ville qui aurait

s POMPIUA.

dû sa naissance à corlaiiis magasins puhlics (3lcv(''s sui* les l)oicls de la mer cl (lu Snrno, poiii- recevoir les inarcliaiulises des villes coin me ira nies de l;i Canipanic, paiiiii Icscpielles SIrahon cite Noia, Acerra et Nocera'. (^e ^ (fue nous savons par l)(Miis d'IIalycarnasse elpar Slrabon, c'est que celle ville lui lial)il('e pai- les mêmes pen[)les (|n'II(;rculanum, les ()l*inolriens, les Sicules, les Pélas«i;es, les Oscjues on ()[)i(jiies, les Samniles et les llomains. lin f;i*and nomhre (rinscriplions os([U(.'S prouvent qu'à travers lOules les vicissitudes politi([ues, la population conserva toujours un souvenir de sa lant^uc primiiive.

Bien (jue Tacite et Sénèque l'honorent du nom de célèbre, Pompéi n'occupe dans l'hisloiie (ju'une pai^e assez insifçnifiantc ; quoi([u*elle ail (i*;uré dans les fi;uerres (jui ont ravaj>é ces contrées, à peine son nom est-il mentionné dans les annales de ses dominateurs. Comprise sans doute au nombre des villes qui après la bataille de Cannes, à Texemple de Capoue, la capitale de la Campanie, regardèrent les Cartbaginois comme des libérateurs, et se soumirent à Annibal, Pompéi ne reparaît sur la scène que 91 ans avant Jésus-Christ.

^ La république romaine avait agrandi ses conquêtes ; dans presque

toutes les contrées de l'Asie et de l'Europe, ses armées portaient leurs aigles victorieuses; mais, pour étendre ainsi sa puissance au dehors, Rome mettait à contribution l'Italie entière, elle épuisait ses richesses et lui prenait ses soldats ; mais ces soldats elle les donnait pour compagnons d'armes aux citoyens romains, en ne leur accordant régalité que sur le champ de bataille et devant la mort. Cette domination dure et injuste, cette longue oppression lassèrent enfin la patience des peuples qu'elle avait soumis ; tout à coup, à la voix du Marse Silon, ils levèrent l'étendard de la révolte depuis les hords du Lirh jusqu'aux rivages de la mer Ionienne. Pompéi, qui se trouvait alors sous l'influence des Samnites, suivit le torrent et demeura constamment unie aux autres villes de la Campanie pendant toute la durée de cette guerre, connue sous le nom de Guerre sociale.

A cette époque, Sylla ayant pris et saccagé Stahies, de telle sorte qu'au temps de Pline l'Ancien, c'est-à-dire au moment de sa dernière catastrophe, elle n'était plus qu'un village, in villas ahierat, les Pompéiens, qui, du haut de leurs murailles, furent témoins des scènes de désolation, présage du sort qui les attendait, résolurent de se défendre. Accouru à leur secours, Cluventius, général des Samniles, arrêta deux fois les ellorts du futur dictateur; mais dans un troisième comhat, près de Nota, il fut vaincu à son tour et perdit la vie. ■■■■

Heureusement pour Pompéi, Sylla cette année hriguait le consulat; il

1. V. la savant} dissertation du P. Garrucci, Questioni Ponipeiane , in-S", Naples, 1853.

INTUOniCTION IIISTOIlini 1'. y

n'avait pas do lonips à perdre pour coiiiir rt'piiiiicr à Honie les troubles (jifavait excités le lril)uu P. Snlpi<'iiis, à riiisli^alioii de Marins: il accorda à Poiiip(M une cai)ilulation iionoial)le, ou n'osa pas mettre le siéjije devant elle.

Deux passa«;es de (Mcéron {De legc cujmriâ) nous apprennent avec quelle rijîueur la Campanie fut liail('e à la fin de la guerre sociale. l\'niiii les villes de ce niallieureuv i)ays, (:ai)oue l'ut celle (\m soufTiil le plus; elle perdit ses niagisli'ats, une <;ran(Ie partie de ses liabilants, et ne [)ut conserver que ceux qui étaient indispensables à la culture des terres ; les auties cités, entre autres Pompéi, restèrent en possession de leurs privilèges.

Il est probable, toutefois, que ce fut à cette époque que les murailles de cette ville furent démantelées, comme le prouve leur état actuel. Pendani les guerres civiles, on avait l'ait en quelques endroits des réparations dont les traces existent encore aujourd'bui ; sous Auguste enfin, à l'époque où la ville devint définitivement romaine, de longues courtines disparurent l)our faire place k des constructions privées, et la cité resta entièrement ouverte et sans défense.

En l'an 665 de Rome, pendant sa dictature, Sylla ordonna que Pompéi fût réduite en colonie militaire^ sous le double nom de colonia Veneria CorncUa, emprunté aux noms du dictateur et de la divinité protectrice de la ville. Il y envoya des troupes sous le commandement de son neveu Publius Sylla; mais les Pompéiens, regardant ces colons comme des étrangers, leur refusèrent les droits de cité. Publius Sylla fut accusé d'avoir suscité et fomenté des troubles; Gicéron, qui le défendit, nous apprend que cette cause fut portée devant le dictateur lui-même. La tache du défenseur ne dut pas être difficile !

Quoi qu'il en soit, les colons furent forcés d'habiter hors de la ville dans un faubourg qui, lorsque, plus tard, Auguste eut envoyé une nouvelle colonie de vétérans, prit le nom de Pagus Augusto-Felix.

En parlant des villes qui entourent le Vésuve, Vitruve les nomme municliies-, d'où nous pouvons conclure que, sous Auguste, Pompéi était encore une république régie par ses propres lois. Une inscription trouvée à Tam-

1. La liberté laissée aux peuples conquis était bien précaire, car Rome les plaçait sous sa dépendance, en leur défendant de contracter entre eux ni alliances politiques ni alliances privées, sans sa permission ; en leur ôtant quelquefois une partie du territoire pour y fonder çà et là des colonies, véritables armées permanentes en observation, renfermant de la cavalerie et de Tinfanterie ; enfin en leur imposant des tributs en bommes et en argent.

DrzoBRY, Roiue au siècle (.VAugusle. Lettre XXL

1. Les municipes étaient des villes de pays conquis. Par une faveur toute spéciale, Rome les gratifia des droits de cité romaine, don magnifique incessamment rappelé par leur nom même tiré de Munus, présent. Leur constitution, assez semblable à celle des colonies romaines, ressemblait surtout à celle de la grande métropole.... Cette ressemblance de leur constitution avec celle de la grande république doit d'autant moins étonner que beaucoup de municipes adoptèrent la légis-

10 POMPHIA.

|)lHlh(''Ali(» nous npprend ([uo, vers la /in du i(''*,ni(3 de cet empereur, elle devint enlirrcinent soumise au gouveinemenl romain, el lui adminislrée comme les aulies colonies de l'Empire; elle eut à Home des patrons ou prolecleui's, chez elles des édiles, des duumvirs el des ddcurions ou sénateurs; seulement certaines inscriptions placées auv i)ortes des maisons donnent à croire (jue, selon un anti(|ue usap^e consei'vé dans cette ville, on y comptait les années par les duumvirs, comme à Home |)ar les consuls.

JNéron augmenta le nombie des habitants de Pompéi, el en peu de temps elle devint une des villes les [)lus iloiissanlcs de la Camj)anie; son port était l'entrepôt de tout le commerce de Nota, d'Acerra, de Nuceria (Nocera dci Pagan'i ) et d'Alella ( Aversa)^ villes alors importantes. Ïite-Live et Florus parlent de ce port comme étant magnifique, et propre à recevoir une armée navale; Puhlius Cornélius y amena sa flotte. Le commerce de Pompéi était encore favorisé par le Sarnus, petit fleuve alors navigable, mais qui aujourd'hui n'est plus qu'un ruisseau qui, coulant loin de son ancien lit, va se jeler dans la mer à peu de dislance de Slabies.

Plusieurs Romains illustres avaient à Pompéi des maisons de plaisance, entre autres Cicéron, qui en parle dans une de ses lettres à Allicus : Tusculanum et Powpeiammi valdb me delcclant. Ce fut là qu'il composa pour son fils son fameux traité De Officiis et un discours sur l'état des affaires publiques. Lorsque Sulpicius, cherchant à le consoler de la mort de sa fille Tullia par l'exemple des vicissitudes humaines, lui parle de ces cadavres de cités qu'il apercevait à son retour d'Asie, il ne s'attendait pas que cette expression dût s'appliquer un jour aussi fidèlement à la ville qui faisait les délices de son ami^ Phèdre, le fabuliste, se réfugia à Pompéi pour éviter la persécution de Tibère et de Séjan; l'empereur Claude y avait une maison de campagne où il perdit un fils, nommé Drusus, étouffé par une poire qu'il avait jetée en l'air, et qu'il voulut recevoir dans la bouche; enfin Sénèque rappelait à Lucilius, comme un de ses plus chers souvenirs, d'avoir passé sa jeunesse à Pompéi.

Malheureusement cette ère de prospérité devait être de courte durée. En l'an 59 de l'ère chrétienne un certain Livineius Regulus, qui avait été depuis plusieurs années exclu du sénat romain, donnait au peuple un combat de gladiateurs dans l'amphithéâtre de Pompéi. Les habitants des

lation romaine, devinrent ce qu'on appelle peuples fundi. Ce ne fut pas là cependant une condition de rigueur pour obtenir la^municipalité, et d'autres villes gratifiées de ce droit conservèrent leur gouvernement indigène, leurs lois, leurs sacrifices, leurs fêtes... Un point sur lequel les municipes l'emportèrent sur les colonies, c'est qu'on leur accorda quelquefois le droit de suffrage et le droit (rhonneurs. Dezobry, Rome au siècle (VAuguste. Lettre XXI.

Ces droits consistaient dans l'admission des citoyens des municipes à voter pour l'élection des magistrats de la Métropole, et à participer eux-mêmes aux magistratures.

1. Sulpicius ad Ciceronem. Cicéro.n. Édition Nisard, lettre DLXXI.

INTRODUCTION HISTOUlOt'E.

villes voisiiw^s, cl priiicipalemciit ceux de Nuceiia, \ étaient accourus en loule. (Juel(|ues plaisanteries amenèrent une querelle entre eux et les Pompéiens; des injures, ils en vinrent bientôt à se lancer des pierres, et enfin à courir aux armes. Los Pompéiens, plus nombreux, mieux armés, eurent l'avantage, et beaucoup de ceux de Nuceria furent rap[)ortés dans leur ville mutilés; beaucoup laissèrent sur le cbamp de J)ataille leur père, leur frère, leur parent ou leur ami. Plainte fut portée par les vaincus; TalTaire renvoyée par le prince au sénat et par le sénat aux consuls, étant revenue de nouveau au sénat, les Pompéiens furent condamnés à la privation de spectacles pendant dix années; Li\ineius et les autres auteurs de la sédition furent punis par l'exil. Cet événement est rappelé non-seulement par le passage de Tacite*, dont nous avons extrait ce qui précède, mais encore par une espèce de caricature politique que l'on a trouvée sur les murs extérieui*s de la rue de Mercure, et qui est accompagnée de cette inscription : Campant, Victoria unà cum Xucerinis periistis. <( Campaniens, par votre victoiie, vous avez péri en même temps que les Nucériens. »

Caricatore des Nucériens. ••

Cette privation, qui dut être en effet très-sensible à un peuple passionné pour les spectacles, comme tous ceux de l'antiquité, n'était pour les Pompéiens que le prélude de deux catastrophes bien plus graves, et dont la seconde devait faire disparaître à jamais leur ville du nombre des cités.

Le 5 février de l*an 63 , un violent tremblement de terre se fit sentir dans toute la Campanie. Sénèque nous a conservé le souvenir de cet événement au sixième livre de ses questions naturelles : (> Pompéi. dit-il, ville

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