‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 218 sur 293 · Beau marbre rose · texte numérisé non relu

Beau marbre rose

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donnée. Dédale e( Pasiphaé, cl une compusiliuii dans laciuellc on croit reconnaître V Apothéose d'Homère.

Au delà de cette maison, et du niôinc côté de la ruelle, est la * Maison DH l'i.mpkkvtuici: dk IUssik (Pi.. 71). (lette habitation lut découverte le 20 mars 18M), en présence de la princesse dont elle poi'le le nom; on y trouva une grande (jiianlité de statues, d'ustensiles, de monnaies et d'objets précieux ; aujourd'hui elle est très-ruinée et elle n'oiïre rien de remarquable.

Revenant à la rue de la Fortune, on y trouve, à l'angle du Vico storlo\ opposé à celui qu'occupe la maison de la Chasse, la

Maison de Caius Memmius, n^* 17 et 18 (Pl. 120). Cette habitation, fouillée en 1867 et 1868, est composée de deux établissements de commerce communiquant entre eux. On y remarque sur un pilier de ïatrium une peinture assez bien conservée représentant une prêtresse tenant de la main (jauche une corne d'abondance et de la droite faisant une libation sur un de ces autels de bronze pliants et portatifs dont le musée de Naples offre plusieurs exemples ; elle est placée entre deux pocillatores dont la tête est entourée d'une auréole et qui tiennent chacun un rhyton et un plat. C'est au-dessous de cette peinture que, sur un fond rouge, est gravée à la pointe l'inscription où l'on croit trouver le nom du propriétaire :

CAIO MEMMIO REQVIE [sic); nPaix à Caius Memmius. »

Au pilier est attachée par un collier de fer une sorte de bénitier en pierre grossièrement taillé ; il serait curieux qu'il eut servi à contenir l'eau lustrale.

* Continuant de parcourir la rue de la Fortune on trouve au n" 21 une petite maison dans laquelle on entre par la boutique; elle contient un assez joli laraire en forme de niche, orné de deux colonnes, qui malheureusement a perdu sa partie supérieure.

*Au n" 23 est une maison qui présente une particularité d'un ordre peu relevé, mais qui n'en a pas moins quelque intérêt de curiosité. Au

1. a l'entrée de cette ruelle, à gauche, et sur le mur même de la maison de Memmius, est cette inscription en lettres rouges:

INDICIS AN G. FELICIS.

;{S2 im).mim;i.\.

loiul de son pclil péristyle sont (\v<> latrines dont la fosse est parfaitement reconnaissablc. A coté de ce cabinet est une grande pièce où sont peints (les oiseaux et drs poissons. Dans le péristyle inême, on voit un petit laraire avec une |)einture analogue à celle (jue nous ayons vue dans la uKiison de i], Menunius; seulement celle-ci est acconn)agnée de deux ser[)ents.

(l'est aussi par une houticfue que Ton entre dans la

lM\isoN dMIkiicule enfant, \f 2() (I^L. I'2i), fouillée également en 1S()7 et :18()S. Dans une pièce à gauche du |)éristyle étaient deux peintures ; l'une, représentant les Trois Grâces^ a été portée au musée ; l'autre, restée en place, oIVre au fond Amp/ulrijon sur un Irone, à gauche Alcmcne tenant dans ses hras son /ils Iphiclès qu'elle vient d'arracher au danger, et à droite Minerve aux pieds de laquelle Hercule enfant étouffe les serpents envoyés par Junon; dans le haut, on voit Jupiter entre Junon et la Victoire jetant dans une urne les sorts destinés au jeune héros ^, Au fond du xyste est un laraire intact avec deux petites colonnes portant un entablement et un fronton et devant lequel s'élève un petit autel carré. A côté est déposé un élégant pied de table formé de deux sphinx adossés. Une charmante statuette de Vénus en marbre blanc trouvée dans cette maison est déposée au temple de Mercure.

L'habitation suivante est designée sous le nom de * Maison du laUxVire docble , n"* 27 (Pl. 83). On n'a achevé de la déblayer que dans ces dernières années. Dans son œcus est une peinture un peu ellacée représentant Méléagre et Atalante; mais ce que cette maison offre de plus remarquable est un joli laraire au fond duquel en est un plus petit avec ses colonnes et son fronton. Sur la paroi de droite du plus grand est un serpent en relief roulé sur lui-même au milieu d'une couronne de chêne.

Cette maison occupe l'un des angles du carrefour formé par la rencontre des rues de la Fortune, de Nola et de Stabia, et connu sous le nom de Quadrivio délia Fortuna, Sur ce carrefour, déblayé en août 1834, on voit une fontaine où est représenté Silène appuyé sur son outre ^ et

1. Une composition analogue, moins la partie supérieure, avait déjà été trouvée à Pompéi.

(Herc. et Pomp., U, pl. 9.) Nous savons que ce même sujet avait été traité par Zeuxis.

(ScHEFEER, de Torquibus.)

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dorrièrc un aulel dos Ldvcs coiiipihiU's' {V\.. 12) , sunuunlr d'une peinture grossière représentant un sacrifiée et au-dessous un serpent.

Auprès de eet aulel, ainsi (ju'en plusieurs autres points de la rue de Stabia, s'élève un Irès-haut pilier carré dans leciuel sont creusées deux rainures d'environ ()"'/2() en carré. Cette bizarre construction

Carrefour de la Fortune.

semble inexplicable au premier coup d'œil , mais en remarquant que c'est toujours dans le voisinage d'une fontaine qu'elle s'élève, on est mis sur la trace de sa destination. Beaucoup de fontaines de Pompéi paraissent avoir été alimentées par mie source qui existait sur le flanc du Vésuve et que les éruptions ont anéantie ; ces eaux, amenées par un conduit souterrain, étaient, par un effet de siphon, élevées au sommet de ces piliers dans un tuyau de plomb, et, redescendant de l'autre côté, acquéraient ainsi une plus grande force d'impulsion -.

Le P. Garrucci a proposé une autre explication; selon lui, les eaux se précipitant avec rapidité entraînaient une certaine masse d'air qui comprimée eût put faire crever les tuyaux, si de loin en loin on n'eut

l. V. page 81.

1. Dans toute la Sirile nous avons vu de ces piliers carrés en pierre ou en briques sur lesquels montent d'un côté, pour redescendre de l'autre, des conduits en terre cuite. Ces appareils hydrauliques nommés giarre, et dont la destination est précisément celle que nous indiquons, passent dans le pays pour une invention des Sarrazins. On voit que c'est une erreur, puisque nous les retrouvons à Pomp ji.

l'OMlM'JA

inona|î;n dos évciits. Or pour (jik* l'i'aii iic jaillît pas par ces cvents, il fallait élever lem* orifice à nu niveau supérieur à celui de la prise d'eau ; telle aurait été la destination de ces piliers dans lescjuels on pourrait reconnaître les coliimiKirid. de Yitruve. Cette supposition est tort ingéniiMis(\ mais elle nous semble inadnn'ssihie, car |)our obtenir le résultat demandé un seul conduit eût été nécessaire, et nous avons vu que chaque pilier porte deux canaux parallèles.

On a retrouvé en [)lusieurs endroits le tuyau sous les trottoirs de la rue de Stabia, et ])lus loin nous en indicjuerons un fragment qui existait encore dans un pilier du genre de celui (pie nous décrivons. Les tuyaux ayant probablement crevé en quckpies endroits, on voit dans les rainures qui les contenaient des incrustations calcaires qui attestent le long passage de l'eau \

Continuant la rue de la Fortune qui, à partir du carrefour, prend le nom de rue de Nota , on trouve à gauche deux boutiques fouillées en 1846 où existent plusieurs fourneaux ronds ayant contenu de grands vases de plomb.

Un peu plus loin est la

Maison du taureau de bronze (Pl. 73). Cette maison, fouillée en

Entrée de la Maison du Taureau de bronze.

1 837 , doit son nom à un petit taureau de bronze découvert au milieu de son compluvium. L'entrée est accompagnée de deux pilastres ; sur le chapiteau de droite est représentée Erigone couronnée de pampres, La disposition de cette entrée a été longtemps sans autre exemple à Pompéi dans les habitations particulières, mais nous l'avons déjà indiquée au temple grec (page hh)- La porte 1 étant en arrière des piliers 2, un passage 3, 4, pratiqué dans la muraille à droite, permettait d'entrer dans

1. Un autre pilier du même genre à moitié dégagé existe à droite de la rue de Nola, près d'une fontaine ; son canal est entièrement incrusté.

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la maison par une pelilc porlc 5 sans ouvrir la porte principale. (!et ('ti'oit passage était fermé du côté de la rue j)ar une porte dont on voit encore quelques ferrements.

Le coiiiphivimn de mai'hii» blanc est un (\i:^ plus hcaux et des plus gi'ands de Pom|)éi. f.es parois de Vdiriuni étaient ornées de fjiiirldiuh's dr lleurs ot de fruits: il ne rcsle presque plus i-ion de ces peiiilui'cs; à la frise, qui conserve des denlicules et des moulures de stuc, on voit seulement une pelite composition fort etTacée où figurent des nains et que terminent des masques. D'autres guirlandes en bon état au-dessus desquelles est une IJda décorent Vala de droite. A droite du prot/iyrutu est un sacellum avec un autel et la peinture synibolique des serpents ; enfin dans une pièce à droite sont de belles peintures d'architecture surmontées d'une corniche de stuc au-dessus de laquelle étaient des tentures suspendues à des clous qui existent encore. La partie antérieure de cette habitation est seule découverte^ ; elle occupe le coin d'une ruelle de l'autre côté de laquelle, sur un mur de plus de 5 mètres de long et qu'il couvre en entier, est peint un énorme serpent s'approchant d'un autel. Au-dessus étaient plusieurs inscriptions parmi lesquelles celle-ci est seule lisible :

M. CERRINIVM

AED. CAPITO ROGAT

VT FAVEAT.

« Capiton prie l'édile M. Cerrinius de lui être favorable. »

Parmi les boutiques et les maisons non encore découvertes entièrement qui bordent la rue de Nola, il en est une à droite où l'on a trouvé une peinture représentant un sujet nouveau à Pompéi, Danaé et Persée enfant; vient ensuite du même côté un protliynun qui annonce une maison d'une certaine importance ; ses parois présentent sur fond rouge des Bacchantes terminées en gaines et tenant des guirlandes.

Un peu plus loin à gauche nous avions vu autrefois sculptée sur une façade une triple image phallique que nous n'avons plus retrouvée. On voit encore du même côté deux piliers isolés, en saillie sur la rue. remarquables par leurs vives couleurs disposées en damier.

1. C'est derrière cette maison qu'eurent lien, en 1748, les premières fouilles qui furent recouvertes au fur et à mesure.

386 r()Mi»i;i \.

A roxlrômilt'i de la iikî fort iiégligre el encombrée de débris, dlicrbcs cl de bi'oiissailles est l.-i

PoiM'h; nie NoLA (|)ci<;-o t2»^(S) an sortir (U\ la(iu(!ll(i on trouve à di'oile III) ^i-aiid |);m de iiiur;ulle roin.iiiic cii bl()('a.i:;e el l(\s

T()Miii;vr\ DricoiMiu is \:\ \>>^yl\ (|)a}i;(; 115).

|{(^V(Miniil sur nos pas jiis(Hi'aii ('ai'rcroui' (l(i ht I'oi'Iuik; , nous trouvons en (Milrant dans la rue de Slabia, au n" 1!2 , une boulif(U(î au fond d(î hujuelle esl une jolie salle, couverte d'un toit moderne, qui a conservé intacte sa voùle ornée do stucs et qui présente au centre un I)i(;u v{ un cheval marins. Sur les murs sont peints des chars traînés par des paons, des serpents et des panthères ; ces compositions sont en foit triste état.

Dans la l)outique n" 4o on a rencontré en 18/i0, à plus de ^ mètres au-dessus du sol antique, un squelette de femme avec deux grands bracelets d'or et deux d'argent, quatre boucles d'oreilles, cinq bagues, quarante-sept monnaies d'or et cent quatre-vingt-dix-sept d'argent dans une bourse tissue d'or filé sans soie^

A l'angle d'une ruelle non déblayée entièrement sur laquelle donnent les portes de deux habitations très-délabrées est la

Fabuique de produits chimiques, n'' 25 (Pl. 82). Sur sa façade sont plusieurs inscriptions, parmi lesquelles celle-ci :

CN. HELVIVM SABINVM

((Je vous prie de faire édile Ciieius Helvius Sabinus. »

Cette inscription est répétée sur le pilier d'angle de la ruelle voisine, et au-dessous est cette autre inscription dont les deux derniers mots, quoique parfaitement lisibles, me semblent difficiles à interpréter :

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