‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 231 sur 293 · MiNERviNi, Bull. Arch. Nap., n., s., t. I, p · texte numérisé non relu

MiNERviNi, Bull. Arch. Nap., n., s., t. I, p

3. V. l'inscription au coin de la rue de la Fontaine-du-Bœuf, au-dessus de la peinture des Serpents.

4'iO POMPFIA.

donc certain (jun celte hal)italion appartenait h P. Paquiiis Proculus, ce inèniiî ciloycîii (pii, suivant ini(î autie inscription pul)liéc par Garrucci ' avait été nommé à l'mianimit('; dnnmvir chargé de rendre la justice, P. P(Ujiiiu)n I^roculum il rir. /. d . il. r. p. nnlrrrsi Pompciani fcccnint,

(( Et qu'était, dit M. (î. (1(^ Petra'-, ce Proculus que les Pompéiens élevèrent unanimement à la haute dignité de duumvir cliargé de rendre la justice? llien de plus qu'un boulanger. Ce fait nous autorise à conclure qu'à Pompéi les magistratures municipales n'étaient pas le monopole des riches seuls, et que ceux-ci mômes reconnaissaient de bonne grâce (ju'il était convenable d'y faire participer les citoyens les meilleurs et les plus estimés parmi ceux de condition plébéienne. »

Après avoir franchi le prothyrum, h gauche duquel sont trois marches de pierre que surmontait un escalier de bois, on se trouve dans un atrium dont le portique était soutenu à chaque angle par des piliers en forme d'équerre ayant chacun deux demi-colonnes adossées, et dans chaque face par deux colonnes isolées, le tout réuni par un pluteus. Dans Tangle gauche est une grande auge en maçonnerie, d'une hauteur égale à celle du pluteus^ et où l'eau des toits était amenée par un tuyau de plomb qu'on y voit encore. Les trois entre-colonnements du portique de droite avaient été fermés après coup par un mur percé de deux fenêtres dans sa partie supérieure.

A gauche de V atrium sont cinq portes, toutes, à l'exception de la dernière, munies d'un seuil de marbre. Les pièces auxquelles elles donnent accès sont dénuées de tout ornement. M. G. de Petra croit que la première fut une cuisine, bien que le fourneau n'existe plus, et avec nos idées modernes, le motif sur lequel il se fonde semblerait au moins singulier, si l'on ne connaissait par maint autre exemple la coutume des anciens; ce motif, c'est qu'il y a reconnu l'indication de certain retrait, dont une inscription tracée à la pointe ne permet pas de mettre en doute la destination ^

\. Bull. Arch. Nap., n. s., t. II, p. 52.

12. Notice sur la maison de Paquius Proculus, Giorn. degli scavi, 1868, p. 57. 3. Voici cette inscription qu'on nous permettra de ne pas traduire; si elle n'est guère convenable, au moins n'était-elle pas déplacée :

SECVNDVS HIC G A G A T.

MAISONS L:T IJUUiinUKS. 42<

Dans la chambre suivante furent trouvées deux très-curieuses peintures sur verre, de 0'",15 sur 0"',11, niallicureusement va\ morceaux, représentant des Auiours, et conservant des traces de dorures. Les trois autres pièces n'ont oiïcrt aucune particularité inléressante.

Le côté droit de Valrium présente également plusieurs ouvertures; la première et la troisième sont les portes de deux j)ièces aux murailles grossières et sans revêtemeni ; un petit mur se trouve au fond de chacune d'elles, et cette disposition nous porte à croire que là étaient les écuries des botes de somme employées aux moulins. Entre elles est le corridor, communiquant avec la maison voisine; mais JM. G. de Petra a remarqué que telle n'était pas sa destination primitive. On reconnaît en effet qu'après le premier tiers, qui ne fut d'abord qu'une réserve, une apotheca , le passage était fermé par un mur qui fut abattu lorsqu'on voulut réunir les deux propriétés. La quatrième salle était le pétrin, ainsi que le démontrent cinq massifs de maçonnerie qui portaient les tables de bois sur lesquelles on manipulait la pâte, et la présence de divers récipients destinés à contenir l'eau nécessaire à cette opération. Une baie ouverte sur le fournil, le prœfurnivm , permettait de passer directement les pains au funiacator chargé de les enfourner.

Au fond de Vatrium, et à la place qu'eût occupée le tablinum , est une large porte qui conduisait à la boulangerie renfermant le four, le magasin à farine et cinq moulins. Trois de ceux-ci sont entiers ; du quatrième il ne reste que la base en maçonnerie , et du cinquième cette même base surmontée de la partie conique sur laquelle tourne le corps du moulin, le Catillus. On voit aussi, dans cette enceinte, plusieurs réservoirs en maçonnerie et un puits que fermait un couvercle; il reste peu de traces de la peinture des dieux Lares, qui existait ordinairement dans les boulangeries.

Enrichi sans doute dans son commerce et se voyant élevé à une magistrature municipale, Paquius Proculus sentit la nécessité d'adjoindre à son établissement une habitation un peu plus en rappoi't avec sa nouvelle position ; ce fut alors qu'il dut acheter la maison voisine et percer la communication dont nous avons parlé.

Cette seconde maison, qui avait sa véritable entrée par une boutique if 32 faisant face à la porte de la maison de Lucretius, est encore assez modeste, bien que plus ornée que la précédente, et elle conserve

Mi

p().Mn:iA,

(inel(|ues-iiiu\s d»; ses pciiidires. L;i prtMiiièi'c chambre h droite de Vd'ridin est un vubicuUiin, ayaii( son soubassement rouge avec des plantes a{|uali(iues, et ses murailles blanches avec des candélabres, des cygnes, des gi-ilVons cl des oiseaux surmontées d'une corniche de stuc colorié. \'ient ensuite une pelile (du, où l'on voit une VIcloire ailée, sur tond jaune, portant un ti'ophée. M. (i. de Petra croit ({ue la pièce suivante était destinée à tenii- lieu de (dhlimoii; nous pensons qu'on ne doit y voir aulr(^ chose (pie la ciiambre à coucher du maître. Sa décoration est analogue à celle de la première chambre, mais un peu plus riche ; on y voit sur les parois un Honiine ailé avec un carf/uois, cl une Femme nue tenant une corne d\ibundance et une corbeille de fleurs.

pTTfwmm

P. Procuhis et sa femme.

Au fond étaient deux peintures, qui ont été portées au musée; l'une représente V Amour et Psyché; l'autre, placée au-dessous, excita une certaine curiosité au moment de sa découverte en août 1868, parce qu'on la regarda comme présentant les premiers véritables portraits trouvés à Pompéi. On y voit le buste d'une jeune femme tenant de la main gauche des tablettes et de la droite un style, dont elle appuie la pointe contre ses lèvres en paraissant réfléchir à ce qu'elle va écrire.

MAISONS l'IT nOUTIOUES. 423

Telle Ovide nous peint Biblis inéditaiil sa letlre à Caunus'. Derrière elle est son mari, rcvèlu do la loge magistrale, tenant un rouleau, un volumen auquel pend son titre, liUtlus, et sur rextrémité du({uel il appuie son menton. Sa ligure assez commune répond bien à l'idée qu'on peut se faire de ce boulanger devenu duunivir.

Au fond de V atrium est le lablinum, grande pièce sur laquelle a été pris un corridor conduisant à une cuisine sans fenêtre, qui ne pouvait recevoir l'air et le jour que par le toit et la porte. Le corridor et le tablinum ont la même décoration, des médaillons sur fond jaune où l'on voit de petits génies, Hélène, Paris avec un Amour qui lui parle à l'oreille, un jeune guerrier avec une lance, et, en pendant, une jeune femme, sans doute Méléagre et Atalante,

Dans la salle, à droite du corridor, le triclinium, est un petit génie entre deux médaillons d'homme et de femme, et en retour, à droite, sont deux autres génies presque effacés.

Cette pièce ouvrait, par une large fenêtre percée sans doute au moyen d'une servitude, jus luminnm, acquise par Proculus, sur une troisième maison qui avait pour entrée une boutique ou un très-large prot/ujrum, portant sur la rue de Stabia le n' 24. Après avoir franchi ce passage, qui comme les boutiques se fermait par des volets, on se trouve dans un péristyle qui n'avait de portiques que de trois côtés, chacun d'eux étant soutenu par quatre colonnes. Là sont dix fourneaux et des jarres de terre cuite qui semblent indiquer une teinturerie, une fullonica.

Cette dernière maison est suivie, jusqu'à la Via del Panatico, de plusieurs boutiques (Pl. 122) fouillées en 1866.

*De l'autre côté de la rue de Stabia, au coin d'une ruelle non explorée qui fait suite à la rue des Augustals, sont plusieurs boutiques (Pl. 80), qui ont été fouillées le 22 octobre 1849 devant le pape Pie IX; elles n'offrent plus rien d'intéressant, mais on y a trouvé un assez grand nombre d'objets curieux parmi lesquels plusieurs vases de

\. u Elle tient de la main droite le style de fer et de l'autre la tablette de cire encore vierge. »

Dexlra tenel ferrum, vacuam tenet allei'a ceram.

Mélain., L. IX, v. 520.

Une autre peinture de Pompéi avait dijà offert une jeune femme dans une pose identique. Voy. Herc. et Pomp., III, pL 138.

verre, un slrigilc, des fi'agineiils de vitre, un j)etit sanglier de bronze, deux couteaux de Ter, un pclit vase en lerre cuite, un bassin ovale à deux anses et plusieurs autres vases dont une cliaudici"(3 en bronze, une pelle, une pioche et un levier de 1er, enlin un bas-i-elief de marbre de travail grec que l'on croit l'oprésenler Alc.auulrc (loniplant liucéphale^ ,

Un peu au delà de la l'uelle est la * JMaiso.n 1)1-: i/akciiiddc dk Toscanm (Pi,. 79). Elle ne présente encore (jue trois bouticiues, n"' /|7, /i8 et h\), (jui furent déblayées en 1851 en présence du fils aîné du gi'and-duc Léopold H; elles étaient occupées par une fabrique de couleurs (lui y ont été trouvées en trèsgrande quantité avec les moulins qui servaient h. les broyer; ceux-ci sont plus petits, mais absolument de la même forme que les moulins à farine. Par Fanalyse des couleurs, on a reconnu qu'elles contenaient une quantité notable de résine destinée à les fixer à l'aide du feu ; ainsi a été connu le procédé employé par les anciens, et que jusqu'alors on avait cru être l'encaustique '". Dans ces boutiques, on a découvert aussi de la résine pure, du pain, du levain, un grand morceau de bois carbonisé % enfin quatorze squelettes.

Rentrant dans la rue des Augustals, on trouve au coin de gauche, ïf 25 , une

Boulangerie (Pl. 134), appelée la Casa ciel fonio % et découverte en 1866. A sa muraille, sur la rue de Stabia, est adossée une fontaine surmontée d'une tête de femme grossièrement sculptée, qu'une colombe seule fait reconnaître pour Vénus.

Cette boulangerie est plus élégante qu'aucune de celles découvertes jusqu'ici, et son aspect est plutôt celui de la demeure de quelque citoyen aisé. Le prothyrum est large et bien décoré. Au milieu de Yatrium est un compluvium carré en maçonnerie d'une forme exceptionnelle, car ses bords n'ont pas moins de 0'",80 de hauteur au-dessus du sol; l'eau y était amenée par un tuyau de plomb encore visible. A

4. Le roi de Naples ayant fait présent de ces divers objets à Pie IX, ils sontaujourd'iiui réunis dans une même vitrine au musée Grégorien du Vatican.

2. L'encaustique était aussi en usage, mais seulement sans doute pour les tableaux et non pour les peintures de simple décoration.

3. Tous ces objets sont déposés au musée dans le cabinet des objets précieux.

4. Cette boulangerie est décrite par Dyer (Pompeii, p. 473;, sous le nom de maison de Modeste; sur la muraille était en effet tracé en lettres rouges le mot MODESTVM.

MAISONS ET BOCTIOUES. 4S5

gauche est un grand puteal de terre cuite raccoinniodé avec des attaches de plomb à queue d'aronde.

A droite du prul/u/rum est renlrce de la boutique où le pain était débité , et, à gauche, une très-grande pièce sans ornements, qui put être le magasin à fai'inc. si elle ne fût pas plutôt l'écurie des bètes de somme qui tournaient les meules.

Le côté droit de Vatrium présente, entre deux petites chambres sans ornements, une ala avec une table à un seul pied, monopodium. En face, après une assez jolie chambre renfermant un petit laraire est une grande pièce que nous croyons avoir été le dépôt des pains à leur sortie du four; on y voit en elïet plusieurs massifs de maçonnerie qui ont pu servir de table, et dans un coin gît à terre un petit moulin. Sur la muraille sont les restes d'une peinture bien dessinée représentant Bacchus et quatre de ses suivants.

Au fond de Vatrium est une cour spacieuse qui fut la boulangerie proprement dite. On voit un grand four bien conservé où furent trouvés

Moulin.

plus de 80 pains carbonisés, mais entiers, une énorme jarre où l'eau était amenée par un tuyau, et plusieurs moulins de diverses grandeurs. Ces moulins ne sont pas de même forme que ceux que nous avons vus jusqu'ici ; ils sont beaucoup plus bas et leur partie supérieure n'a pas plus de O'^'jlô de hauteur sur un mètre de diamètre.

A gauche de cette partie de l'établissement sont des latrines bien caractérisées.

En sortant de la Casa del forno, on voit déposés dans la rue sur le trottoir en face, deux de ces cônes de lave qui formaient la partie inférieure des moulins.

* A la suite de la boulangerie est un beau Thermopole avec un petit

426 1»()MIM:I.\.

larairo deiTiùrc le comploir cl une cave où l'on descendait par une trap[)('.

Plus loin, au coin de la rue dc^ Au^uslals (;L d(3 la Vid <lcl Lupanarr , est la

Maison du (îodvkrnail i-:t ni) Ti\ini:NT, dite aussi ni- Vi':nus et dk Maus' (Pi.. I.V)), fouillée en IcSOI.

A ran<;le de celle maison, avec rintérieur de laquelle elle cornmuni(|ue, est une l)ouli(|ue dont une inscription, tracée en grandes lettres sur sa muraille blanche, à filets rouj^es, a fait connaître le nom présumé de celui (|ui roccuj)ail, lui certain M. Nonius Campanus, soldat de la ix'' coliorle préloriemie. (lelte l)outi({ue élait entièrement ouverte des deux côtés, n'ayant à ran<2;le qu'un simple pilier. Le seuil sur la rue des Augustals était en bois et n'existe plus; celui sur la rue du Lupanar est en pierre , et la clôture en bois qui le surmontait avait laissé dans les cendres une empreinte assez nette pour que M. Fiorelli ait pu la faire mouler en plâtre.

Le pavé est composé de petits fragments de marbre noyés dans le ciment. Au milieu de la boutique est une grande table de pierre sur laquelle des instruments de fer ont laissé des traces de rouille. On avait d'abord cru reconnaître ici une boucherie, mais d'après la forme des outils qui y ont été trouvés, surtout celle de l'un de ces couteaux en forme de croissants aiguisés à l'extérieur, encore employés pour amincir et parer le cuir et que l'on nomme couteaux à doler, nous pensons avec Fiorelli etOverbeck que c'était l'atelier d'un corroyeur ou d'un cordonnier. On trouva en outre dans cette boutique les fragments d'une balance et de deux serrures, les charnières et les ornements en os et en métal de deux cassettes de bois, deux petites monnaies d'argent et huit de bronze , quelques vases de verre et un grand nombre de morceaux de terre cuite dont cent quatre petits couvercles paraissant avoir été apportés par les eaux d'une boutique de potier située de l'autre côté de la rue.

Venons à la maison même qui était fermée par une porte à deux battants dont le seuil de travertin conserve encore les crapaudines de

1. Cette maison a été soigneusement décrite par M. Fiorelli dans le Giornale degli scavi, 18G'2, p. 85 et suiv

MAISONS m' norïlOl'KS. 427

bronze. Le pavé du prol/ujruin présente en mosaïque un (joureifiail et un (rident entre deux dauphins, (les alli'ibuts sont exécutés en noir sur fond blanc, mais sur le gouvernail est perché un mai'lin-pêclieur en mosaïque de couleur. Séparé par une bande noire est un liijipocampe et au-dessus, sur une frise transversale est repi'ésenlée en noir une |)orle de ville flanquée de courtines et de deux tours crénelées; enfin au-dessus des murailles sont dans le champ deux objets en mosaïque de couleur qui paraissent être deux des coquillages nommés cyprées ou porcelaines. Les nuirailles, peintes en rouge et partagées en panneaux par des lignes jaunes, présentent dans le haut des architectures fantastiques, des crotales , des dauphins et des rhytons. Le soubassement est noir, entouré de méandres et orné de bouquets de plantes.

Vatrium assez vaste est tout entier pavé en mosaïque noire semée de morceaux irréguliers de marbres de diverses couleurs; ce fond est entouré d'une large bande de mosaïque blanche. Une bande un peu plus étroite encadre le compluviuni de lave en tête duquel est une embouchure de citerne en marbre blanc avec son couvercle qu'on soulevait au moyen d'un anneau de fer. Deux piliers de briques placés en dehors de l'axe du compluviiun paraissent avoir porté une table qui sans doute n'était que de bois, puisqu'elle n'a pas été retrouvée.

En entrant dans Vatrium on trouve de suite à droite du prothyrum la loge du portier communiquant avec la boutique que nous avons décrite.

Au côté droit du portique se présente d'abord une chambre à panneaux rouges au milieu desquels on distingue encore des grillons et des groupes de vases fort effacés. Le soubassement noir avec encadrements rouges et jaunes était orné de plantes aquatiques. Le pavé en opus signinum est semé de petits cubes de marbre blanc qui, par une singulière économie, n'existent pas dans l'emplacement qu'occupait le lit.

Sur le trumeau qui sépare cette pièce de la suivante, est un grand médaillon d'une parfaite conservation due à un encaustique qui y fut appliqué au moment même de sa découverte ^ ; il renferme deux bustes presque de grandeur naturelle, qui ont fait donner à cette habitation le

1. « Sans cette précaution, dit Fiorelli , les couleurs de ces peintures s'altèrent rapidement le cinabre et le vermillon spécialement deviennent noirs pai* l'exposition à la lumière.

4«8 rOMPKIA.

nom do maison de Mars «;t de Néiiiis, l)i(Mi (m'a noire avis rien ne ressemble moins à ces deux divinités. J'ai peine à reconnaître Vénus dans cette jeune matrone pudiciuemenl voilée, encore moins Mars dans ce jeune lionnne imberbe (|ui r(îsseml)l(;rail plus à Adonis ([u'au dieu de la guerre, si, ouhe sa lance, il n'était aussi armé d'une épée. Nous croyons (|ue cette i)einture représente sim|)lement Hector et Andromaciue, Achille et Déidamie ou tout autre jeune guerrier (juittant sa femme i)0ur courir au combat. Nous avons donc pensé devoir avec Dyer préférer la î)remière dénomination de maison du Gouvernail et du Trident, d'autant plus (ju'il existait déjà à Pompéi une autre maison connue sous celle de Vénus et de Mars.

Cette peinture se trouve sur un panneau rouge , tandis que les murailles de V atrium sont jaunes et n'oITrent qu'un petit Amour et des Nymphes légèrement drapées, tenant des sphères, des lyres, des armes et des corbeilles. Le haut des murailles présente des architectures et des ornements sur fond blanc.

La seconde chambre à droite de V atrium, également peinte en jaune, a conservé des vestiges d'architecture et de petits Amours tenant des lyres, des rhytons, des épées, des sphères et autres objets. Le pavé est en opus signinum semé de petits morceaux de marbre.

L'a/a de droite a pour décoration des architectures fort simples peintes sur fond blanc ; au soubassement rouge sont représentés des iris. Le pavé est une mosaïque noire ayant au milieu un carré blanc et noir avec encadrement blanc. Le seuil présente, sur fond blanc, des rinceaux en couleur entremêlés de fleurs et d'oiseaux. Sur le sol étaient dispersés un anneau, une serrure et deux anses de bronze, ayant appartenu à quelque caisse de bois, un petit vase à parfum en verre, une lanterne en terre cuite, quelques vases, enfin les cornes d'un jeune taureau qui probablement étaient suspendues à la muraille comme préservatif contre le fascinum, le mauvais sort, \dijettatura,

A droite du tablinum est une grande pièce ayant une porte sur le péristyle ; son pavé en opus signinum est divisé par des lignes de cubes blancs. Les quatre parois présentent des figures terminées en gaines de femmes demi-nues et d'hommes vêtus, de grandeur naturelle, soutenant des guirlandes. Ces figures étaient d'un grand style et il est bien à regretter que plusieurs soient entièrement détruites et que pas une ne

MAISONS FT BOUTIOURS. 499

soit intacie. Aii-dcssiis citaient plusiours petits sujets dont deux seulement étaient rcconnaissables, une rcmmc montée sur un âne pf jouant d\ine espèce de harpe et une Danse ort/iufpie devant un Iwnnès de Priape.

Le tal)linun\, {\\\\ occupe sa place ordinaire, est ouvert au fond sur le péristyle; il a un beau pavé de mosaïque malheureusement un peu enfoncé offrant au milieu une riche rosace sur fond noir. Le seuil en mosaïque de couleur est vraiment maj^nifique; il présente dans trois ovales un ornement qui paraît être un foudre. Les murailles portaient sur des panneaux rouges séparés par des colonnes blanches des petites figures, des fruits, des poissons et des paysages qui ont disparu. On trouva dans cette pièce un petit groupe d'une exécution médiocre représentant V Amour et Psyché.

Revenons au prothyrum , nous verrons à sa gauche une cham.bre dont les peintures n'existent plus. On y découvrit le pied d'un candélabre, quatre monnaies et cinq petits anneaux de bronze, cinq petits vases de verre , un grand vase à huile en terre cuite , quelques fragments d'un fuseau en os et quatre morceaux de pâte de verre colorée.

Dans l'angle de Vatrium de ce côté est une singulière niche ménagée dans l'épaisseur de la muraille ; on n'y pouvait passer le bras que par une fente ouverte dans le tableau de la première porte à gauche ; cette disposition unique à Pompéi semble indiquer une cachette destinée à receler des objets précieux. Le devant étant en partie détruit, on peut voir l'intérieur que l'on est fort étonné de voir décoré de peintures.

Cette première pièce à gauche de Vatrium est grande, mais sans aucun ornement. De là partait un corridor en plan incliné conduisant dans la cave qui est très-vaste et règne sous trois côtés du péristyle. Les deux côtés de la cave, en face et à droite de l'escalier, sont de longs corridors voûtés semblables à ceux de la villa de Diomède, mais le troisième côté, parallèle à la rue du Lupanar, est formé de plusieurs berceaux de voûte séparés.

La galerie faisant face à l'escalier conduit directement à l'auberge de l'Eléphant que nous visiterons bientôt et qui se trouve à un plan inférieur, la rue du Lupanar où est sa façade descendant depuis la rue des Augustals.

Remontant à Vûtrhun on voit à gauche une seconde chambre petite

VM) POMPKIA.

v{ 110 conservant pas do trace des sujets qui olaicnt peints sur ses murailles cl son snubassonioiil rondos.

A la place do Vahi (\\\\ ii'(î\islc pas de ce côté sont deux pclils rédm'ls avec dos seuils (h; niarbi'os divers cjui no paraissent pas avoir v\r fails j)our colt(^ place. L(\'^ niui'ailles porloni l'indication do tablettes où Ton déposait les comesliblos et les divers ustensiles d'usage domestique.

Avant de quiller V(ilriu))i, rappelons que beaucoup d'objets divers y furent trouvés; les principaux sont un vase de ])ronze à manche, une mesure pour les liquides, deux paloros, un vase de verre de forme carrée, une pelile bouteille dite cunpvUn , doux lampes et un petit vase de terre cuite, deux lames de couteaux en fer, un poids de marbre, quelques ornements en os d'une cassette do bois, deux yeux d'émail devant provenir de quelque statue de bronze, deux strigiles , l'un de bronze, l'autre de fer suspendus à un même anneau, cinq as doubles, dupondia, de l'époque impériale, trois vases à parfums, unguentaria, de verre, beaucoup de fragments de tôle, enfin trois de ces tubes d'os percés de trous qu'on a pris longtemps pour des morceaux de flûtes et qui sont crus aujourd'hui n'être autre chose que des charnières de coffre.

En sortant dans les fauces , situés à gauche du tahlinum, on trouve de suite l'entrée de la cuisine où l'on voit, outre le fourneau et la peinture effacée des dieux Lares, la bouche de l'hypocauste d'un petit bain auquel conduisent quatre degrés. Du second de ceux-ci partait un escalier de bois conduisant à l'étage.

Le bain se compose de deux petites pièces carrées portées par des suspensurœ et pavées en mosaïque. La première, la plus petite n'ayant que 2'", 10 sur i'",2à, a une lucarne ouverte sur le péristyle; elle dut être une sorte de tepidarhnn où la chaleur arrivait du caldarium par un trou de 0"',18 de diamètre, percé à i'",60 du sol; les murailles peintes en jaune sont ornées de guirlandes vertes et rouges.

Le caldarium, long de 2'", 88 sur 2"', 25, ne forme point un carré régulier, l'un de ses angles étant aigu; il a ses parois isolées par des tuyaux creux rendant directement la chaleur de l'hypocauste. Ces murailles ont des panneaux peints de toutes couleurs. Les deux pièces sont voûtées et pavées en mosaïque blanche et noire.

En descendant du bain , on entre dans le péristyle qui est vaste et

MAISONS HT HOUTIOUKS. 431

de forme trapézoïdale, ses angles N.-E. et S.-K. étant droits, l'angle S.-O. obtus, et l'angle \.-(). aigu. Il est entouré de 13 colonnes et de deux piliers avec colonnes engagées; ces deux derniers se trouvent devant le tablinuni. Les coloiuies du côté oriental sont l'éunies |)ar un plutcus peint en rouge avec des plantes acpiatiques du côté de l'intérieur des porti(iues. Dans Varea sont trois petits hernnès; l'un a la tète brisée; le second est une An'coie et le troisième a une double face de Bacchus jeune et vieux. On trouva aussi dans Varea des débris d'arbustes carbonisés.

Sous la galerie régnant derrière le tablinum sont déposés deux pieds de table dilférents, l'un en marbre blanc et cannelé en spirale est auprès de sa table qui est carrée ; l'autre très-haut et en granit noir a un pied triangulaire qui rappelle ceux des guéridons à la mode sous Napoléon I""; peut-être au lieu d'une table portait-il un vase ou un candélabre.

A terre gît une inscription brisée en cinq morceaux ; trois étaient employés comme matériaux au seuil du corridor, et les deux autres furent trouvés dans deux endroits différents du péristyle. Plusieurs lettres étaient à moitié effacées , cependant l'inscription a pu être rétablie ainsi par MM. Schône^ et Giovanni de Petra".

CVSPIVS T. F. M. LOREIVS M. F.

DVO VI R. D. D. S. MVRVM ET

PLVMAM FAC. COEH. ElDEMQ. PR.

« Cuspius, fils de Titus, Marcus Loreius, fils de Marcus, duumvirs, ont fait faire le mur et son revêtement (?) par décret des décurions et ceux-ci ont approuvé ce travail. »

Le péristyle n'a pas de pièces à droite , mais à gauche sont une très-grande exèdre et plusieurs autres salles ruinées. Dans la dernière qui fut le triclinium est un buffet à deux gradins en maçonnerie. Enfin, le côté sud du péristyle est une terrasse régnant sur une partie des salles de l'auberge de l'Eléphant, qui, comme nous l'avons dit, se trouve en contre-bas.

Revenant à la rue des Augustals, on y voit à l'autre angle de la

Page 1