‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 25 sur 293 · PoMP, A\T. HiST., F · texte numérisé non relu

PoMP, A\T. HiST., F

ti:m imj:s. aitiii.s. , 51

dieux (les oreilles pour entendre les priri-es n'est pas sans auti-e exemple; j'ai publié nioi-inenie un aufel de la Bonne-Déesse conservé au musée d'Arles el où se relrouvent ces mômes oreilles symboliques \

Revenant à la façade du sanctuaire, on trouve en avant un autel isolé r sur lequel étaient consumées les victimes, dont on a trouvé les ossements mêlés aux cendres. Cet autel n'est point placé dans l'axe du sanctuaire, mais vers la gauche, soit pour laisser plus de développement aux pompes sacrées, soit pour faciliter l'accomplissement de certains rites religieux. A droite et faisant pendant à l'autel est un puits antique qui se trouve aujourd'hui servir de regard au canal du Sarno, creusé par Dominique Fontana. A l'époque de son déblayement, il était rempli de cendres noires paraissant provenir de fruits carbonisés-. Ce puits pourrait bien n'avoir été qu'un simple trou destiné, comme l'enceinte qui fait face au temple grec, à recevoir les cendres des sacrifices.

Dans l'angle de Varea, près de l'autel )\ s'élève une édicule / découverte un peu avant le sanctuaire; elle renferme un escalier qui conduit aune petite cave dans laquelle Bonnucci croit reconnaître un bain destiné à la purification des initiés, un piirgatoriurn. Les murs de Pédicule sont ornés de pilastres recouverts d'élégants bas-reliefs en stuc conservant des traces de peinture; celles de ces sculptures qui subsistent encore représentent des initiés en adoration. Mars, Vénus et des Amours, Mercure et une nymphe, des dauphins et des génies, etc. La corniche était surmontée d'antéfixes de terre cuite représentant des masques exécutés avec beaucoup d'art; un seul a échappé à la destruction.

Dans l'angle b de la cour est un petit autel. De ce côté b c est une très-grande salle / placée derrière le sanctuaire et dans laquelle on entre par cinq arcades; elle paraît avoir été le lieu oi^i se célébraient les mystères et où pénétraient les seuls initiés. Cette supposition est confirmée par les peintures qui la décoraient, et qui, toutes, étaient relatives au culte d'Isis. Les principales ont été sciées et transportées au Musée; on y a reconnu la déesse avec le sistre, Anubis, plusieurs prêtres tenant des palmes et des épis, des Ubœus ou serpents à coilTe (\aja haje), des ibis, des hippopotames , des (leurs de lotus, etc. C'est aussi du temple d'Lsis

i. Introdi'Ction a l'Histoire de France, pi. 30. In-fo. Paris, 1838. 2. PoMP. Ant. HrsT., I, 182.

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(jiK^ pr{)\i(^iiiitMit uiK» suporlxî coupe de bron/n incrustée d'argent, (le ()'", S,'/ (le (liainrtic. i-epo^.'inl sui" un pi(!(l (l(^ inaii)r(;; un admirable li-épiiMl de bron/e, soulcnu pai- (\v^ sphinx, Tnn des plus précieux orne- UKMils du Musée; enfin mu; p(>lil(î fi-^ui'e accroupie (l(^ porcelaine verdàtre, les mains et l(^s bras ap|)uyés sui' les genoux et le corps couvert d'une légèi'c draperie.

A la sin'te de la salle / est un passage ii communicjuant au théâtre.

Du coté de l'enceinte, adossées à ce théâtre, se trouvent plusieurs chaml)res m auxquelles on arrivait par des portes ouvertes sous le portique. L'une d'elles, qui a une entrée sur une l'uelle conduisant de la rue du Temple dTsis au théâtre, était la cuisine des prêtres d'Isis. Sur ses foui'neaux étaient encore des œufs et des arêtes de poisson. Derrière celte cuisine est un escalier sur lequel furent trouvés couchés les squelettes de plusieurs prêtres, qui périrent dans leur fuite retardée peut-être par le regret d'abandonner le sanctuaire de leur déesse. La pièce voisine de la cuisine, avec laquelle elle communique, était sans doute le réfectoire, car on y trouva une table de marbre sous laquelle étaient des os de poulet; près d'elle étaient d'autres chambres destinées à l'habitation. Dans la plus grande de ces chambres, celle attenant au réfectoire, on trouva un malheureux qui , renfermé au moment de la catastrophe , avait commencé, à l'aide d'une barre de fer, à percer une muraille, mais avait péri étoulTé avant d'avoir pu mener à fin son entreprise, dont on voit encore les traces.

(( Non loin de là, dit Dyer, à l'extrémité de la rue de la Fontaine d'Abondance, a été trouvé un autre squelette que l'on suppose être aussi celui d'un prêtre d'Isis; il était couvert de pierres ponces et autres matières volcaniques; sa main, aujourd'hui au Musée, tient encore les débris d'un sac de toile grossière qui contenait 360 monnaies d'argent, 42 de cuivre et 6 d'or; près de lui étaient plusieurs figures appartenant au culte d'Isis, une petite fourchette d'argent, des coupes, des patères en or et en argent, un camée représentant un satyre jouant du tambourin, un anneau orné de pierres et des vases de cuivre et de bronze \ »

Enfin, dans une maison voisine du temple, on a trouvé deux sistres de bronze qui sont également au Musée.

1, POMPEII , p. 81.

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Le corridor conduisant au Ihéàlre sépare le temple d'Isis du Ti'.MiM.K i)K Jiii>rn:ii i:t Ji non {V\.. D), découvert de 17(K)à 17()(S, situé dei'rièi'e TOdéou et le plus petit de tous les temples de INjuipéi. L'espace (ju'il occupe n'a en totalité que !21 mètres de lonj^ueur sur 7 mètres de largeur. Son entrée se trouve élevée de r",1S au-dessus du niveau de la rue, et du seuil on descendait deux marches pour pénéti-er d'abord dans un petit porticiuea^, dont le toit était soutenu par deux

I s 'f : i.Ejra

Plan du Temple de Jupiter et Junoii.

colonnes, et qui n'existe plus aujourd'hui; il ouvrait à Tune de ses cxti'émités sur une petite salle b qui servait sans doute d'habitation au gardien du temple ou de resserre pour les ustensiles sacrés. Vient ensuite une area ou cour découverte d, au fond de laquelle, dans l'axe du monument, s'élève un grand autel de tuf c, orné de triglyphes, et dont la forme rappelle celle du fameux tombeau des Scipions du musée du Vatican. W. Gell croit reconnaître dans cet autel le pulvinar, espèce de lit sur lequel on couchait les statues des dieux dans les cérémonies religieuses nommées lectisternes , qui se pratiquaient dans les temps de calamités publiques. Un perron de neuf degrés, occupant toute la largeur de l'édifice, conduit au sanctuaire que précédait un pronaos f, soutenu par quatre colonnes de face, et une en retour de chaque côté en avant des pilastres des ailles. Aucune de ces colonnes n'est restée à sa place, mais on a retrouvé un des chapiteaux des antes , chapiteau de fantaisie, ayant toutefois plus d'analogie avec l'ordre corinthien qu'avec tout autre; il est déposé sur l'autel. Un autre chapiteau, découvert dans la même enceinte, présente au centre une tête barbue d'un grand caractère, qui a donné lieu à bien des conjectures. Gau a cru y reconnaître la tête de Neptune, d'autres celle d'Esculape, et ils en ont tiré la conclusion que ce temple était dédié à l'une de ces divinités. C'est sous le nom de Temple d'Esculape que ce monument est décrit par Dyer^ Deux statues

l'OMl'I'.IA

nuuliocres cii lorio ciiihs Iroiivccs dans ces ruines (3I placées aujourd'hui au Musée, r(»i)rés(îiileiil, dil-on, Jupiler et .luuoii; mais elles ont été prises aussi poui" h^seulape et Nygie, et de là sont nées de nouvelles conjectures (pii ont été émises pai* Winckclmann dans le premier volume

Temple de Jupiter et Junoii.

de V Histoire de l'Art. D'un autre côté, comme on y a trouvé aussi un buste de Minerve, Overbeck a cru pouvoir supposer que le temple était dédié aux trois divinités du Capitole^ Aucune de ces suppositions ne nous paraît bien suffisamment justifiée ; cependant nous avons cru devoir donner à cet édifice le nom que lui assignent les plans et les ouvrages les plus récents, tout en reconnaissant que de nombreux ex-voto, pieds, mains, etc., en terre cuite, aient pu fournir un argument -puissant en faveur de la dédicace du temple aux divinités de la médecine. La cella g, dont l'enceinte s'élève encore dans quelques parties à 2 ou 3 mètres au-dessus du sol, était isolée des murs de l'enclos ou péribole par un étroit passage ; au fond est un massif destiné à porter la statue de la divinité. Le sanctuaire était pavé de mosaïques, et ses parois étaient revêtues de peintures dont il reste à peine quelques traces.

Temple de Jupiter. A l'extrémité septentrionale du Forum, dont il formait la principale décoration, s'élevait un temple (Pl. E) construit en pierres et en laves revêtues d'un stuc très-dur. Sa position sur la

TI'.MI'LKS. Al TI'ILS.

place la plus iniporlanle de la \ill(;, iiiio lèle colossale de Jupiter avec les cheveux et labaibe lég-èi-enic;iit colorés en rou^e, trouvée dans le sanctuaire loi's de sa découveile en 18I() et J8I7, ont fait supposer avec vraisemblance (pTil était consacré au niaîli'e des dieux'. Tout

Temple de Jupiter

indique que ce monument, renversé sans doute par le tremblement de terre de 63, était en pleine restauration à l'époque de la destruction de la ville; sans cela, on ne saurait expliquer la disparition complète d'un grand nombre de colonnes qui n'ont point été retrouvées; de plus, dans un souterrain existaient divers fragments d'architecture qui, évidemment, y étaient emmagasinés en attendant le moment d'être remis à leur place. Plusieurs de ces fragments paraissaient avoir appartenu à d'autres édifices ^

Plan du Temple de Jupiter.

Le temple de Jupiter était élevé sur un podium ou soubassement haut de 3 mètres, auquel on montait par un escalier de 18 marches par-

1. Quelques antiquaires ont voulu reconnaître dans cet édifice le temple de Vénus protectrice de Pompéi , mais les preuves qu'ils apportent à l'appui de leur hypothèse me paraissent trop peu concluantes pour qu'elle puisse être adoptée.

"2. Ce souterrain semble être voué à perpétuité à cette même destination ; il sert encore aujourd'hui de magasin pour les objets de gros volume trouvés dans les fouilles.

56 POMPKIA.

ta^é par un repos. ï.cs dix j)r(3iiii()is dci^ii's n'étaient (juc doux petites rampes (t a placées an\ deux extréniilés de la façade et séparées par une (\splana(l(; ou piilpihim h longue; (U) 1 ()'",. *^5 et Iai'<i;e de .'V",80, ({ui dut sor\ ir à racconiplissi^iucul dc^ eéréniouies puhlicjuiis. Le bas du pei-ron élait IkuKpuî de deux lai'^es piédestaux c c et de deux plus petits placés en arrièr(* cl plus haut, sui' Tun desquels étaient encore les pieds d'une statue chaussée de cothurnes. Les huit degrés supérieurs régnent sur toute la largeur de la façade et conduisent au prcmaos ou porche d qui présente à la façade six colonnes de 0'",90 de diamètre et trois en retour de chaque côté, plus les nnlcs qui font saillie en continuant les murs latéraux de la cella. Ce pronaos était jjycnostylr, c'est-k-dire que les entre-coloimements n'étaient que d'un diamètre et demi; sa largeur est de 14'", 87, et sa profondeur jusqu'au mur de la cella de 12'", jO. Dans son pavé et dans celui de la cella sont, sur une même ligne, quatre ouvertures, quatre fentes, longues de 0'",90 et larges seulement de 0"',10, servant à éclairer les salles contenues dans le soubassement de l'édifice. Quatre autres soupiraux semblables se trouvent dans la cella entre la 2^ et la 3^ colonne et la S"" et la 6*" de chaque côté. La longueur de la cella est de 18'", 50 hors œuvre, ce qui donne par conséquent 30'", 60 pour la longueur totale du temple. Les colonnes du porche étaient d'ordre corinthien; toutes étaient renversées, et il ne restait plus que leurs bases et la partie inférieure du fût, qui nulle part ne s'élevait à plus de 2 mètres au-dessus du sol. On les a égalisées récemment en plaçant quelques boisseaux sur plusieurs d'entre elles; il en est même une que surmonte un chapiteau fruste ^ D'après leur diamètre, ces colonnes devaient avoir 9'", 72 de hauteur. Près de l'une d'elles on trouva le squelette d'un malheureux qu'elle avait écrasé dans sa chute. Le sol du pronaos était formé de grandes dalles dont plusieurs sont en place. Une grande porte, en avant des pieds-droits de laquelle on reconnaît encore la trace des gonds, donnait accès à l'intérieur de la cella e, qui semble indiquer que ce temple était du nombre de ceux que Vitruve nomme Hypètres, mot dont j'ai expliqué la signification au commencement de ce chapitre. Il était divisé en trois nefs par deux rangées,

1. Nous avons préféré reproduire ce temple sous raspect plus pittoresque qu'il présentait encore il y a peu d'années avant cette espèce de restauration.

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chacune do huit colonnes et deux pilastres ioniiiues (|ui porlaieni un entablement et un second ran^ de colonnes d'ordre corinthien, lesquelles ont entièrement dispai'u. Des ([ualre pilastres il ne reste (|ue les bases et une partie de leur élévation en luf; sur celui ([ui existe au N.-O., au pied de l'escalier, est déposé un des chapiteaux de ces pilastres.

Les trois nefs étaient fort inégales, celle du milieu ayant 9'", 30 de largeur, tandis que les autres n'ont que l'",50. Le sol présente les restes d'un encadrement en mosaïque blanche et noire qui entourait un pavé de marbre. Les murs étaient couverts de peintures de couleurs éclatantes, mais sans sujet. Autant qu'on peut en juger par ce qui reste, le soubassement était noir avec des fleurs et des filets blancs ; les grands panneaux étaient rouges et séparés par des bandes peintes en marbre jaune, et encadrées de vert; enfin, au-dessus d'une bordure en forme de grecque de diverses couleurs, s'étendait un frise verte, rouge, brune et amaranthe. Outre la tête de Jupiter, on a trouvé dans la cella un cadran solaire, une sorte de bouclier, un petit buste adhérant à la muraille, et un groupe de bronze composé d'un vieillard tenant par la main un jeune garçon et d'une femme portant un enfant dans ses bras.

Au fond du sanctuaire sont trois chambres voiitées ou opistodômes f, qui servirent probablement à renfermer Vœrarium, le trésor de la ville S et aussi celui du temple. Enfin, derrière ces salles, on voit un petit escalier dont l'entrée se trouve dans l'angle au fond de la nef de gauche; il conduisait à la galerie élevée que formait le second ordre de colonnes de l'intérieur du temple.

Quelques antiquaires ont supposé que les décurions de Pompéi durent, à l'exemple des sénateurs de Rome, s'assembler dans cet édifice, et que le pulpitum du perron servit de tribune aux harangues ; en conséquence, ils lui ont donné le nom de senaculum. Nous admettons très-volontiers cette hypothèse, car nous savons que chez les anciens, et surtout dans les villes de second ordre, on s'assemblait souvent dans les temples pour délibérer sur les affaires publiques , mais nous rejetons une dénomination qui impliquerait une idée fausse , en supposant au monument qui nous occupe une destination purement civile ; il nous paraît évident que c'était un temple, et si quelque doute subsistait encore

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