GRAN
OF
ROMAE ATERIO FELICI.
ti Vin de Cos' mêlé d'essence de grenade de la fabrique d'Aterius Félix, à Rome. »
Rappelons encore deux vases à parfums en verre, des clous de fer, une serrure et des charnières provenant de quelque meuble, plusieurs
1. Coos ou Cos, île de la mer Egée, l'une des Sporades, aujourd'hui Stanchio.
4«')4 IM)MPi;i.\.
iVa^iiK^nts (ï[\\u^ staluo (riiomiiu^ en albâtre, deux grands co lires de bois j2:ariiis de l'iches oniemeiils de iiiélal, j)lnsieiirs lampes avec la marque de ral)ii(nie STROHILI (mi relief, (^iifm divers ustensiles de bi'onze dont un brasier très-(''l(\i;aiit soutenu par trois nU)s aux ailes déployées ; celuici était sui-monh' (Tim vas(^, (h; même métal au(|uel adhérait un trépied de fer.
Les murs du péristyle peints en rouge et noir présentaient des architectures, des oiseaux, des Amours, des frm'ts, des comestibles et de petits paysa^-es. A (h'oite avait été tracé(î à la [)()int(; cette note par (|uel((ue esclave chargé d'acheter ou de vench'e :
1I\ 10. IVL. AXVNGIA VcC ALIV. M AN VP LOS CCf,.
« Lo 8 (les ides de juillot, doux cents livn;s de saindoux, deux cent cinquante bottes d'ail. »
A la droite des fauces est une chambre à coucher 21, communiquant avec ce corridor et avec le péristyle et contenant une alcôve. Les murs sont divisés en compartiments noirs et rouges avec des animaux, des oiseaux, des fruits, etc. Dans cette pièce furent trouvés deux squelettes.
A droite du péristyle est une petite chambre 22 dont les murailles ont des panneaux rouges et jaunes et au-dessus une frise composée de grands rinceaux blancs sur fond jaune. A côté est un poslicum ou porte dérobée 23 communiquant par la boutique 24 avec la rue des Théâtres.
Après une assez longue muraille sans ouverture est une petite chambre 25 ruinée et sans aucun ornement qui pourrait bien n'avoir été qu'une resserre.
Au fond du péristyle, à droite de Vœcus, est une pièce très-élégante 26; ses murailles oiïrent au-dessus d'un soubassement rouge et d'une plinthe imitant le marbre, des dauphins, des candélabres, des nymphes, des Amours, etc., et trois sujets principaux. La composition qui fait face à l'entrée est très-malade ; elle représentait Apollon et Vénus. Sur les murailles latérales on voit deux Néréides montées , l'une sur un hippocampe, l'autre sur un taureau marin ; les deux monstres sont guidés par des Amours volants tenant les rênes et le fouet.
(( Cette pièce, dit Fiorelli*, a présenté une particularité toute nouvelle; dans la muraille de face est au niveau du sol une ouverture carrée de deux tiers de mètre qui. traversant la muraille, débouche dans un local clos où passe un canal (|iii recueillait les eaux et les immondices des édifices conligus. Cette cavité, revêtue intérieurement de bois, avait une petite porte à chaque coté, et lorscjuV^lie ne servait pas à donner accès à cette espèce d'égout, de comphin'um (ou plutôt de cioaca), elle était employée comme ai-moire, car on y trouva (juatre lampes de terre cuite dont une à deux becs ayant un Amour au milieu et un manche en forme de croissant; la seconde avait la forme d'une tête de bœuf ou de taureau, la troisième était entourée de trois autres beaucoup plus petites dont une brisée ; la dernière enfin à un seul bec était toute simple et bien conservée. »
Vœcus 27 était pavé en carreaux de marbre blancs et noirs ; au centre était un petit bassin qui semble indiquer que, par une disposition tout exceptionnelle Vœcus était hypèthre ou découvert. La peinture du fond est presque détruite ; on y distingue cependant encore deux petits Amours et les pieds d'un jeune homme; à l'époque de la découverte, on put reconnaître que le sujet était Narcisse debout appuyé sur deux javelots et se mirant dans la fontaine. Les peintures latérales sont mieux conservées; celle de droite représente Bacchus accompagné de ses suivants dont un soulève le voile d'Ariane endormie -; derrière elle se tient une figure ailée dans laquelle Fiorelli reconnaît le génie du sommeil,
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La composition de gauche est des plus singulières; au milieu on voit debout un Hermaphrodite colossed ^ tenant de la main droite un flambeau abaissé; il appuie son bras gauche sur une sorte de Silène dé moindre proportion jouant de la lyre et aux pieds duquel est un tout petit Amour avec une double flûte; à la droite d'Hermaphrodite est un Satyre dont la taille atteint à peine la moitié de la sienne; il tient également un flambeau renversé et semble indiquer par son geste l'étonnement que lui cause sa double nature. Enfin derrière lui, au second plan
i. Giornale degli scavi, \SÇ)\^Y). 82.
2. Dyer a donné le dessin de cette jolie composition, Pompeii, p. 452.
3. Cette figure a beaucoup de ressemblance avec l'Hermaphrodite trouvé dans la maison d'Adonis. V. Raoll Rociiette, choix de peintures à Pompéi, pi. X.
4G6 P()MlM«:iA.
et presque aussi grande cjif Ilorinaphrodilc, est une Bacchante tenant un lliyrse et un lanihour de, I);is(iue.
L()rs(|u'()n fouilla celte exèdre, il tomba des terres supérieures une amphore [)orlan( cette inscription :
T. CFwWDIO IIII
cos L. vrn: i.ijo m
« Mil cuit, l'^rutuin ', rociu;illi sous le i'' coiisiihit de 'J'. Chiiulius cl le 3" de Vitellius. »
A l'époque de la destruction de Pompéi, ce vin comptait donc déjà trente-deux années, car la dale indiciuée est, d'après les fastes consulaires, celle de Tan de Home 8{)(), réjiondaiil à Tan l\l de notre ère -.
A gauche de ïcvcus,, et communicjuant avec lui et avec le péristyle, est une grande chambre à coucher, 28, reconnaissable à. l'entaille faite pour les pieds du lit. La peinture du fond est presque entièrement détruite; on y distingue seulement la partie postérieure jusqu'à l'épaule d'un personnage nu les mains attachées derrière le dos, sans doute Oreste conduit avec Pijlade devant Thoas, roi de Tauride , ou devant Iphigénie, Les deux peintures des murailles latérales sont très-bien conservées; elles représentent, à droite le Juçjement de Paris, et à gauche Ulysse reconnaissant Achille parmi les filles de Lyco?nède, J^a. chambre était décorée en outre de plusieurs médaillons, la plupart détruits ou presque eiïacés; deux des mieux conservés sont des femmes avec des Amours,
La seconde moitié du portique du péristyle, à gauche, a une largeur presque double et forme une sorte de galerie couverte 29, ornée de quelques petits paysages, la plupart en mauvais état. Nous pensons avec Overbecl<: qu'on doit y voir un triclinium d'été.
Du même côté, en face du portique E F est l'entrée du grand triclinium d'hiver 30 qui, à son extrémité, était éclairé par une fenêtre ouverte sur l'angle rentrant du péristyle que nous avons signalé et ayant
i. Pour Defrutum.
2. Des vins cuits seuls pouvaient se conserver aussi longtemps.
« Les vins de Pompéi sont arrivés à toute leur bonté au bout de dix ans; ils ne gagnent rien en vieillissant davantage. »
lyam Pompeianis summum X anyiont?n incremcntwn est, nihil senecld confo'ente.
Pline, L. XIV, c. 8.
MAISONS KT nOTTIQUES. 407
pu servir aussi à passer les plats qu'où apportait clc la cuisine voisine. Cette pièce, sur la destination de laquelle aucun doute n'est possible, est beaucoup plus longue que large, conrorniéuienl à la prescri[)tion de Vitruve'. Le pavé est en grande partie en opus sif/iu'num divisé en losanges par des lignes croisées formées de j)etits cubes blancs; au fond est un grand carré en mosaïque contenant une sorte de labyrinthe avec une étoije au centre. Sur les murailles noires sont reproduits deux sujets très-communs à Pompéi, PJinj.vus et //elle cl le /{éveil ci Ariane abandonnée. Sur un des murs du Iriclinium, h plus de trois mètres du sol, un esclave monté nécessairement sur un meuble ou sur une échelle avait tracé cette inscription : SODALES, AVETE; bonjour, camarades.
Dans la partie I du portique est une auge 31 que Ton pouvait remplir par une petite arcade ouvrant sur la cuisine o'2, pièce longue et étroite où l'on voit un évier, un fourneau, un large bassin, une citerne et une grande table de marbre grossièrement équarrie présentant au bout un creux qui put servir de mortier pour piler le sel et les épices. Enfin, à l'extrémité droite de la cuisine sont des latrines 33.
Dans le plan de la maison d'Holconius figure sous le n" 3i un établissement qui n'avait avec elle aucune communication, mais qui occupait l'angle de la rue des Théâtres sur laquelle la même habitation avait plusieurs boutiques, 35 et 0 0 0; c'est la
BouTiQLE DU TEINTURIER, tabema offecloris, \f 1. Cet établissement avait sur chacune des rues une entrée avec un seuil de pierre volcanique conservant les traces de portes pliantes. Fiorelli a pu faire mouler la partie inférieure de l'une de ces portes sur l'empreinte qu'elle avait laissée et nous la reproduisons pins loin d'après le dessin dont il a accompagné la savante description de la tabema offecloris'-.
Le pavé de la boutique est en opus signinum; sur les parois blanches, des lignes rouges et noires forment des encadrements. Au fond est l'atelier, espèce de corridor où l'on reconnaît les traces d'un escalier de bois et où sont un fourneau et des vasques revêtues d'un ciment fort dur entamé cependant par les acides jusqu'à la hauteur à laquelle s'é-
1 . « La longueur des saFies à manger doit être double de leur largeur. »
Triclinionnn quanta latiludo fuent,bis (anta longiludo fieri debebit.
ViTR., L. VI, c. 3.