‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 264 sur 293 · Les poètes latins sont remplis d'allusions à cet usage · texte numérisé non relu

Les poètes latins sont remplis d'allusions à cet usage

(( Boire du vin savoureux mis dans l'amphore sous le consulat de'Tullus »

Amphorœ fumuin bibere instilutœ consxile Tullo.

Horace, L. III, od. 8.

« O bouteille née avec moi sous le consulat de Manliusl »

0 nota meciim consnîe Monlio!

Id.. L. III, od. 21, ad amphoram.

« Apporte des vins pressés sous le consulat de mon ami Torquatus. »

Tu vina Torquato moie consule pressa meo.

Id., Epod., Cartn. 13.

« Maintenant offrez-moi un Falerne fumeux pressé sous un ancien consul. »

?s'unc milii fionosos veteris proferte Faleruos

Consul is

TiBULLE, L. II, clcg. I.

«( Le Massique est sorti des pressoirs de Sinucsse. Vous demandez sous quel consul? Il n'y eu

avait pas encore. »

De Sinuessanis vcneiunt Massica prelis ;

Condila que quœris consule? Xullus erai.

Martial, L. XIII, cpig. 3.

u Quant à lui, il boit du vin pressé sous un de nos anciens consuls ^un consul aux longs

cheveux). »

Jpse capillato diffusuyn consule potat.

Jl'vénal, Sot. V.

488 POMPKIA.

Le pilier portant rinscription de Q. P. Proculus fait face au prol/iijnfni (le la

Maison nr r^iriiAuiSTi:, drl Cilurisla^ \f 110 (Pi.. 7/i). On avait coiînneiicé à découvrir celle vaste et belle habitation le 18 octobre 1853; les travaux, continués en 185/1, furent suspendus j)cndant près de (juinze ans et n'ont été re|')ris que le lOnovenibrc 1808; aujourd'hui les fouilles sont |)rcsciue complètes. J.e plan en forme d'équerre renferme une maison plus petite occupant le coin des rues de Stabia et de l'Amphithéàtre.Le prot/n/ntm de la maison du Cithariste est flanqué à gauche de deux boutiques dont la plus éloignée a un fourneau, une arrière-boutique et une grande pièce au fond; l'autre a simplement une arrièreboutique communiquant avec Valn'iirn. A droite du prothynnn est une seule boutique avec une arrière-boutique contenant un fourneau. Dans ces boutiques on a trouvé un assez grand nombre d'objets, tels que plusieurs vases de bronze à usage soit religieux soit domestique, deux fragments de moules à pâtisserie en forme de coquilles, quatre agrafes ou fibules, vingt-sept anneaux de diverses grandeurs, une monnaie trèsoxydée, plusieurs fragments de serrure et quelques petits ornements de meuble, le tout en bronze, divers outils de fer, quatre poids de plomb avec des poignées de fer, un poids rond en pierre, quelques vases communs de terre cuite, une petite tasse de terre rouge vernissée, une lampe à un seul bec, enfin un fragment d'inscription mutilée.

Sur un des piliers de la porte de la maison on lit :

CAPRISIVM \\. VIR. O. V. F.

« Je vous prie de faire duumvir Caprisius. »

Lorsqu'on a franchi le seuil élevé de trois degrés et conservant à gauche une grande crapaudine de bronze, on se trouve dans un prothyrum peu orné, mais long de 8'", 40 sur une largeur de 2"',05; à sa droite est la loge du portier communiquant aussi avec Vatrium.

Celui-ci est petit en proportion du reste de l'habitation; son compluvium entièrement ruiné a été rempli et tout le sol est aujourd'hui

1. Cette habitation est celle que, dans les premières éditions de cet ouvrage, nous avions décrite sous le nom de maison d^Ipliigénw. Le nom de maison du Cithariste a, prévalu; il a remplacé aussi ceux de maison d'Apollon Citharœde ou de L. Popidius Secundus.

MAISONS ET nOUTIQUES. 489

iiivelr. Les chambres, lui nombre de deux de chaque C(')lé,sont en trèsmauvais étal et j)araissent n'avoir jamais clù très-ornées; il en est de même de la grande ala de droite. Entre celle-ci et le (ablinum est un petit cabinet exhaussé de doux degrés.

J.'fl/a de gauche est percée de deux portes: l'une, celle des fauces donnant accès au péristyle; l'autre, celle d'un corridor conduisant à des communs très-complets; ses murs présentent dans des cartels une tête déjeune Bacchiinl , un petit paysage et une marine. Sur le trumeau qui sépare les fauces du lahlinum est un chien-loup à queue retroussée.

Dans cet airium, on a recueilli deux monnaies de bronze, un petit morceau de pâte de verre et un petit autel de marbre autour duquel sont sculptés en bas-relief deux Amours soutenant une guirlande, deux oiseaux se becquetant, deux palmes croisées et un prcvfericulunij, vase de sacrifice en forme d'aiguière que les Grecs nommaient otvoy oVj ^ .

Le tahUnum, si toutefois on peut lui donner ce nom puisqu'on ne pouvait y entrer de Vatrium, est surélevé de 0'",71 et garni d'un pluteus de marbre; il est reporté vers la gauche hors de l'axe du prothijnim. Il ouvre sur les fauces , qui n'ont pas moins de 2'", 10 de largeur et dont le plan est incliné. Lorsqu'on a franchi ce passage on se trouve dans un péristyle entouré de dix-huit colonnes ioniques pleines et peintes en rouge dans le bas , blanches et cannelées dans leur partie supérieure et très-irrégulièrement espacées.

Au milieu de l'un des petits côtés de Varea est, près d'un puteal de lave, un bassin de marbre de forme semi-circulaire où l'on pouvait descendre par deux degrés placés à son côté droit. On voit les restes d'un conduit de bronze qui y jetait l'eau amenée par un tuyau de plomb partant du pied de la colonne voisine. Sur le bord du bassin furent trouvés, formant une espèce de chasse, un sanglier, un lion, deux chiens, une biche et un serpent de bronze qui ont été déposés au musée dans le même ordre. C'est aussi près de cette fontaine que fut découverte le

1. Les principaux vases en usage dans les sacrifices étaient, outre le prœfericiilum, Vacerra, boite à encens, le thuribulum, encensoir, le simpulum ou simpiivium, espèce de cuiller à, manche recourbé qui servait à puiser dans les vases à étroite embouchure, le guttum , qui versait le vin goutte à goutte, enfin la paiera, employée aux libations et à recevoir le sang des victimes.

POMPFIA.

S jiovciiihic \^y,) imo slalue de bronze de la plus parfaite conservation et (nrini plci'tiiî ' ([ircllc tionl dans la main droite senil)la désigner connue uw Apollon; on s accorde anjonrd'hni à y recoiniaître simpienuMil nn joncnr de lyrc,nn (.'Il ha rislc. Cciic ligin'e, anjoni'd'lini an ninsée, est du pins l)çan tiaxaii, bien ([n'on pnisse trouver (|ue ses formes nn peu lourdes, ses épaules mi |)eu carrées paraissent mieux convenir à un j(>nn(^, athlète (pTà nn Dieu. J.es cheveux retombent en boucles sur les épaules; les yeux sont en émail, et les pieds posent sur une {)Iinlhe circulaire de bronze entourée de moulures et d'oves. Du même coté du péristyle est une grande exèdre dont les peintures sont presque entièrement détruites et dont le frontispice était soutenu j)ar deux colonnes.

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Péristyle de la Maison du Cithariste.

Au mur de gauche, près de l'escalier montant à la maison voisine, est un réduit profond de i'",oO et large de 2"', 30, une espèce de petite (lia pavée de grands carreaux de Cipollino séparés par des bandes de Porta-santa ; cette pièce, dont la voûte est décorée de stucs, paraît n'avoir jamais été fermée.

\. Plectrum , TTÀfjV.xpov, instrument très-court dont on se servait pour faire vibrer les cordes de la lyre.

MAISONS I:T nOUTIOUES. 491

Au cote droil du péristyle est un ^niiid iiiin* percé de six fenèircs cL de deux portes ouvrant sur le second péi'istyic ; îiprès la seconde porte est un l'cnfoncenient qui dut être une ai'nioii'e.

Le fond du péristyle est occupé par trois grandes pièces communiquant entre elles par de larges portes percées tout contre le mur de façade. Dans la première pièce à droite est une grande peinture représentant le Juf/ci)irn( de Paris; les déesses sont vêtues et Paris assis paraît consulter IMercure. Troi;3 pièces situées à droite ont leurs entrées sur celle-ci; les deux premières, de grandeur inégale, n'ont rien de remarquable ; la troisième, q\n n'est pas encore déblayée, paraît n'avoir été autre chose qu'un posdcum. Au fond sont également trois portes; la première à droite ouvre sur un cabinet qui fut garni de tablettes. La pièce du milieu, bien décorée, conserve trois peintures; à droite sont deux personnages, l'un assis, l'autre debout, tous deux jouant de la lyre ; c'est évidemment une leçon de musique; on voit distinctement le plectre dans la main du musicien, qui est assis et plus âgé que l'^iutre qui semble l'écouter avec attention. Le sujet représenté au fond de la salle est Apollon appuyé sur la lyre et un bras sur la tête, comme le célèbre Apollino de Florence ; auprès de lui est le corbeau qui l'avertit de l'infidélité de Coronis ; enfin la troisième peinture, à gauche. olTre Hector debout devant le vieux Priam assis.

La dernière pièce, élevée d'un degré, est assez grande, mais n'a que des peintures fort simples.

Revenons à la pièce qui occupe le milieu du fond du péristyle et que précède une sorte de vestibule. Ses peintures sont assez mal dessinées ; au fond est un personnage assis devant sa tente ; à gauche sont deux héros tenant l'un une branche de laurier, l'autre une pique renversée; la peinture de droite paraissant représenter /phigénie en costume de prêtresse est d'une roideur et d'une exécution barbare qui rappellent les œuvres des artistes du x^ siècle.

La salle voisine, plus grande et pavée en mosaïque blanche, dut être le tricliniwn; son soubassement olTre sur fond noir des poissons, des canards, des légumes, etc.; les autres décorations ont entièrement disparu. On y trouva, à environ 0'",80 du sol, des pattes de lion et une pomme en os, une tête de Satyre couronnée de pampres, enfin un morceau de bronze cylindrique. Tous ces objets paraissent avoir décoré

un meuble (\c. hois (iiii ne s'est pas conservé et que Minervini pense avoir dû èlic un lil de repos'.

A i;au('lu^ du |)(M'islyIc est un escalier de dix niarciies établissant une cDunnuniealion avec la maison du (Jomjilurtuni de inosaiijue que nous avons visitée rue de la (Utsiiui dcirAf/nihc h droite, au contraire, on descend pai" un degré près ducjuel est une conduite de terre cuite dans un second péristyle dont les colonnes doriques, de beaucoup plus petite proportion, sont au nombre de vingt, cinq en largeur et sej)t en longueur en comj)tant deux fois les colonnes d'angle; elles sont réunies par un phih'us creux qui contenait des fleurs encadrant agréablement le vin'darium que formait Varea. Au fond de ce péristyle sont trois pièces de grandeur très-inégale, pavées en mosaKjue. Celle de gauche est un procœton ouvert ayant une porte sur la chambre du milieu vers le fond de laquelle deux demi-colonnes forment une sorte d'alcôve. La troisième pièce est énorme et paraît avoir été un Iriclinium d'été; elle est ouverte par devant et son frontispice est soutenu par deux piliers carrés; tous ses ornements ont disparu.

A l'extrémité opposée du péristyle sont deux autres pièces communiquant entre elles; les murailles de la première ont pour toute décoration des refends de diverses couleurs ; une peinture a été enlevée de la paroi droite de la seconde; celle de gauche est méconnaissable, et celle du fond, dont il manque la partie supérieure, représentait Adonis au repos.

Plusieurs autres peintures ont été trouvées dans cette cette habitation, parmi lesquelles une Ariane abandonnée rencontrée par Bacchus et une grande et superbe composition représentant Oreste et Pylade amenés captifs devant Iphigénie, Ces peintures ayant été détachées au moment même de leur découverte et avant que l'air eût pu exercer sur elles sa fatale influence, ont conservé tout leur éclat et sont au nombre des plus intactes que l'on puisse admirer au musée; malheureusement dans la dernière la tête d'Iphigénie n'existait plus.

Une double découverte très-précieuse a eu lieu les 19 et 24 novembre 1868 dans les pièces les plus reculées de cette habitation : c'est celle de deux beaux bustes de marbre dans lesquels M. G. de Petra a

1. DuUettino archeologico Napolitano, nuova série. Février 185 i.

MAISONS K T IJOLTIQUES. 493

reconnu les têtes do Briitus et de Pompée', l/mi de ces bustes avait eu répaulc gauche brisée et rattachée par une fiche de bronze; à l'autre manquait une partie du nez cl des oi'ciUes, mais il a pu être restauré de la manière la plus satisfaisante pai- le sculpteur de Crescenzo.

En sorîani de la maison du (lithariste et tournant à gauche dans la rue de T Amphithéâtre, on voit à droite sur une muraille cette inscription en lettres rouges :

Q. POSTVMlViM PHOCVM AED. or SEXTILIVS VERVS FACIT.

« Scxtilius Vcru3 fait cette inscription, et prie Q. Postumius Procus, édile, de lui être favorable.»

Traversant des champs de vignes qui recouvrent la partie de Pompéi encore ensevelie, nous passerons sur l'emplacement de la grande

*^lAiS0i\ DE JiLiA Félix. Celle belle habitation, fouillée en 1756, a malheureusement été remblayée; elle méritait d'être conservée par sa beauté, son étendue et la richesse de sa décoration. On y a trouvé un grand nombre d'objets d'art parmi lesquels les plus précieux étaient plusieurs statues de marbre et de terre cuite, et des bijoux d'or et d'argent. Sur une des murailles, découverte le 8 février 1756, était peinte cette inscription aujourd'hui au musée qui donne une haute idée de la richesse de Julia Félix :

IX PKAEDIIS IVLIAE SP. F. FELICIS

LOCAÎVTVR BALNEVM VENERIVM ET NONGENTVM

TABERNAE PERGVLAE

CENACVLA EX lUIBVS AVG. PRIMIS

IX IDVS AVG. SEXTAS ANNOS CONTINVOS

QVINQVE

« Dans les propriétés de Julia Félix, fille de Spurius, on loue du 1" au G des ides d"aoùt, pour cinq années consécutives, un bain, uu vensreun,^00 boutiques, treilles et chambres hautes.»

On complète ainsi les sigles qui forment la dernière ligne : Si quis domi lenocinium exerceat non conducito.

Un grand sacrarium en forme de niche, trouvé dans cette maison, a été porté tout entier au musée; son intérieur présente diverses pein-

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