Voy. la vignette à la fin du chapitre
502 POMIM-IA.
Aux cotés do la porte sont deux petites clianil)res ef dont la preniièi-e, i)avre en niosaïciue, fiiL destinée à un hôte, et l'autre, plus simple, à un esclave. A gauche de Vatriuin une grande pièce (j , également pavée en m()saï([ue, paraît avoii" été un trirlinimii communicjuant avec une c.rcdrc //. Vient ensuite une ala i au fond de laquelle se trouvcMil deux petites |)ièces k I dont les murailles présentent encore les traces des tablettes qui les garnissaient. Ces cabinets durent servir à serrer. Tun, des vases d'un usage domestique, l'autre, des vases et ustensiles sacrés, et peut-être les Lares eux-mêmes.
Un corridor m connnunique à la fois avec un long passage n débouchant sur la rue de la Basilique et avec un escalier qui descen- (lait à la cuisine et aux salles souterraines, et montait à l'étage supérieur. Le labliinini o et le corridor ou faiices p occupent leur place ordinaire entre V atrium et le péristyle r; celui-ci est carré au lieu d'être oblong, et formé de 12 colonnes doriques; il repose sur un crypto-portique ; de même que son aire, il est porté par la voûte des quatre pièces souterraines. On appelait les jardins de cette espèce horti pensiles,
A la gauche du tablinum et ouvrant sur le péristyle est une belle chambre à coucher s placée également au-dessus d'une pièce souterraine ; ses panneaux peints en bleu de ciel et enrichis d'élégantes arabesques présentaient dans des médaillons un Faune et une Nyn'iphe et des génies ailés groupés avec divers animaux; ces peintures sont presque entièrement effacées.
Au fond du péristyle était un œcus t^ deux passages u montant par quelques degrés à une terrasse v qui donnait sur le port et la mer, un laraire x et une petite pièce z adossée à celui-ci et c{ui dut être un cabinet de repos. De ces diverses constructions il ne reste presque plus de traces, les voûtes des salles souterraines sur lesquelles elles reposaient s'étant écroulées en grande partie.
Revenant à Vatrium et redescendant par l'escalier ouvert sur le corridor m^, nous trouvons à mi-étage, sous la chambre s^ une petite pièce élégamment ornée de stuc qui dut servir de refuge aux maîtres de la maison pendant les chaleurs de l'été ; elle ne reçoit de lumière que par un soupirail au-dessous duquel est une petite fenêtre ouverte sur le crypto-portique.
MAISONS Kï BOUTIQUES. .'i03
Continuant à descendre l'escalier, on se trouve dans la partie souterraine de l'habitation qui est éclairée par des espèces de cheminées ouvertes dans Varea du péristyle. Ces salles no furent entièrement déblayées qu'en 18!27, mais il paraît que leur existence était connue depuis longtemps et qu'elles avaient servi de retraite à des brigands, car on y trouva un stylet moderne. Le cnjijlo-portique, qui s'étend sous le portique du péristyle, entoure les quatre pièces voûtées situées sous Varea, pièces dénuées de tout ornement, et dont l'une, qui servit de cuisine, conserve encore son fourneau. Plusieurs petits caveaux ouvrent aussi sur le crypto-portique, qui sans doute communiqua également avec l'appartement d'été situé sous la terrasse et sous Vœcus. Des salles qui le composaient, une seule est visible; elle a 8'", 80 sur 4'", 90; son pavé est composé de charmants dessins en mosaïque blanche et noire; sur les panneaux noirs de la muraille étaient peints des masques et des animaux fantastiques et au-dessus régnait une élégante corniche de stuc où prenait naissance une voiite peinte, presque entièrement détruite.
On a trouvé dans cette habitation plusieurs squelettes de femmes portant des bagues , des bracelets et des colliers d'or qui furent envoyés au musée de Paris.
Quittant les maisons de Ghampionnet, et traversant la basihque, nous nous retrouvons dans la rue de la Marine, où nous avons encore à examiner quelques maisons devant lesquelles nous n'avons fait que passer en arrivant, parce que pour les comprendre il fallait avoir étudié les habitations plus complètes que Pompéi nous réservait.
Ces maisons, fouillées en iSliG et 18i7, occupent le côté droit de la rue en descendant vers la porte de la Marine. Au coin d'une ruelle non déblayée se présente d'abord une grande habitation (Pl. 161) qui n'est fouillée que jusqu'au fond du tablinum, à la droite duquel était le triclinium, où l'on entrait par deux degrés de marbre bien conservés. Dans les pièces qui entourent Vatrium sont encore quelques jolies arabesques ; contre Vala de droite est la pierre qui porta un cofïre-fort en fer qui a laissé des traces d'oxyde sur la muraille jusqu'à la hauteur de 0'",88. Une boutique dépendant de cette maison a un comptoir renfermant deux jarres de terre cuite.
Les maisons qui font suite à celle-ci de l'autre côté de la ruelle
POMPKIA
oiiN iviil sur iinr (errasse (\[\g rouvrail un porliquc et r[iii dominait le sol (l(>s('(Mi(l.iiit (l(> l;i iiie. La prciiiièi'e houticiuc est un autre magasin (riiiiilc iwcc (M) coniptoii" du même genre; sur son pilier de gauche est une enseigne renfermée dans un encadrement de briques et consistant en (in houclier d(^ marbre blanc , long de 0"',45, de la forme de ceux (|u't)n nommait Pcifn et ((ue portaient les Amazones ; 11 présente en relief d(>ii\ llambeaux (jui en suivent la courbe et au milieu deux mas(|ucs scéniques adossés.
L'une des maisons voisines a en tête du compluviiim un puleal de lave, carré à l'extérieur et rond à Finléricur, où sont visibles les traces de la corde qui servait à tirer l'eau de la citerne ; nous avons tiouvé dans Pompéi peu d'exemples de cette forme exceptionnelle de puleal. Cette modeste habitation n'est dégagée que dans sa partie antérieure et se termine autablinum^ à la droite duquel est le iriclinium. A gauche près de la cave est un escalier conduisant à l'étage où l'on n'est pas peu étonné de trouver un péristyle soutenu par vingt colonnes octogones non cannelées et accompagné de plusieurs petites pièces dont l'une conserve son pavé en opus signinum entouré d'une bande de mosaïque.
Après ce rapide coup d'œil jeté à ces dernières habitations, on se trouve revenu au point de départ de cette longue excursion et on sort de Pompéi le corps brisé, la tête en feu, mais riche de ces souvenirs qui restent à jamais gravés dans l'imagination, et qu'on ne peut avoir payés trop cher au prix de fatigues que quelques jours font oublier.
Atrium de la Maison de Championnet.
Proscenium du théâtre.