MAISON DES PAPYRUS
rant un taureau et un daim, deux autres riclicnient ciselés, un trépied, des crotales*, un grand vase de bronze, un autre h trois pieds en forme de coquille avec un manche se terminant en grille, un petit cadran solaire plaqué d'argent de la forme d'un jambon, un lit et un biseUium de bronze décorés d'animaux en bas-relief et d'incrustations d'argent, enfin une grande quantité d'objets de verre et de grains.
Voilà certes bien des trésors inappréciables recueillis dans une seule fouille; et pourtant la villa Herculaniennc nous réservait une découverte plus intéressante encore ; je veux parler de celle qui l'a fait désigner sous le nom de maison des Papyrus.
Le 3 novembre 1755, dans une pièce de peu d'étendue, et dans quelques autres endroits de l'habitation on trouva une bibliothèque de mille sept cent cinquante-six volumes-, qui, quoiqu'en apparence réduits à l'état de charbon, peuvent cependant encore être déroulés et lus \ Dans la salle spécialement consacrée à leur conservation, les manuscrits étaient déposés dans des armoires à hauteur d'homme appliquées contre les murailles, et dans un meuble placé au milieu de la pièce. Le bois des armoires était carbonisé, et Winckelmann rapporte que dès qu'on y portait la main, il tombait en poussière.
Cinq cents manuscrits environ ont été déroulés jusqu'à ce jour; malheureusement aucun n'est d'une bien grande importance littéraire et la bibliothèque paraît avoir été composée presque exclusivement d'ouvrages philosophiques, la plupart écrits en grec. Les volumes connus et publiés sont le traité d'Épicure sur la nature , ceux de Philostrate sur l'orgueil et de Métrodore sur les sensations, neuf traités du philosophe Philodème sur la musique, les vices et les vertus,
i. Sortes de cymbales.
2. Ces volumes méritent beaucoup mieux ce nom que les livres des modernes; ce sont en effet de véritables rouleaux, volumina, formés de longues bandes de papyrus, divisées en pages écrites à côté les unes des autres et d'un seul côté.
3. Des papyrus ont aussi été trouvés à Pompéi; mais ceux-ci, entièrement carbonisés par les matières ardentes qui recouvrirent la ville, ne peuvent être déroulés, et, lors même qu'on y réussirait, seraient absolument illisibles. Il n'en est pas de même des manuscrits d'Herculanum qui, ayant été enfermés dans des cendres brûlantes, mais mélangées d'eau, n'ont été endommagés qu'à leur surface. Les deux ou trois premiers tours du rouleau sont ordinairement en mauvais état et indéchiffrables, mais bientôt le papjTus, quoique encore friable, recouvre quelque consistance et presque sa couleur naturelle, sur laquelle récriture se détache assez nettement. A force de patience et à l'aide d'une machine aussi simple qu'ingénieuse inventée par le P. Antonio Piaggi, ou parvient à les dérouler en les collant au fur et à mesure sur une peau de baudruche.
5IG lIHUCULANUM.
les vicc?î, la rh('l()riqnc, la vie et les moeurs (abrégé du livre de Zenon sur la libi'rltî du raisonnement), sur les philosophes, enfin sur ce qui est utile au peuple suivant Homère. Le seul ouvrage latin est un pocMue sur la guerre de César et d'yVntoine attribué à Kabirius.
On trouva dans la bibliolhècjuc quatre petits bustes de bronze portant gravés les noms de Démosthène, Zenon, Ilermarquc et l!][)icure \
Après tant de découvertes artistiques ou littéraires, qu'il me soit encore permis de mentionner une trouvaille qui a prouvé une fois de plus combien de procédés que les modernes croient avoir inventés étaient déjà connus de l'antiquité. Dans un puits de la maison des Papyrus étaient plusieurs petits vases de bronze de la forme d'une coquille d'œuf cassée par le gros bout. A chacun était adhérent un morceau de fer en forme de crochet, et il a été reconnu par un examen attentif que ces vases fixés à une chaîne, une corde ou une courroie sans fin s'enroulant sur une roue, avaient dû servir à monter l'eau pour l'arrosement, ainsi que cela se pratique encore aujourd'hui avec des vases de bois beaucoup plus grands, et à l'aide d'un manège, dans les jardins maraîchers qui avoisinent Naples, surtout du côté même de Pompéi, depuis le pont de la Madeleine jusqu'à Portici.
Fouilles modernes. Après cette indispensable revue rétrospective, nous arrivons enfin à la description d'édifices bien plus intéressants pour nous, puisque nous pouvons les visiter comme nous avons parcouru ceux de Pompéi. Ils forment deux groupes peu éloignés l'un de l'autre ; d'un côté, le théâtre souterrain exploré le premier de tous, et dont l'entrée se trouve à droite de la principale rue de Résina ; de l'autre, une réunion de maisons découvertes plus tard et à ciel ouvert, situées à environ 200 pas au S.-O. du théâtre, dans une ruelle, le Vico di mare y se dirigeant vers la mer.
C'est en 1828 que ces fouilles furent commencées par ordre du roi François I*"'; elles furent continuées jusqu'en 1837, et dans le cours de ces neuf années, sous près de 11 mètres de cendres et de lave on