‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 63 sur 293 · Mazois, Les Ruines de Pompéi · texte numérisé non relu

Mazois, Les Ruines de Pompéi

7. Mir.Lix, Description des tombeaux qui ont. été découverts à Pompéi dans l'année 1812. In-8, Naples, 1813.

TOMUKAUX I:T MONUMKMS riNKHAIHIiS. <07

(( Los deux prcnii(M's coiiiballaiits h <^.ui(:ho du spcclateur sonl des cavaliers, cquilcs; ils [)orleut comme tous les autres des cascjucs à visière et sont armés de la lance, hasla , et du bouclier rond nonnné panna. »

(( Ils sont désignés par leurs noms grossièrement tracés en noir, accompagnés d'un cliiiïre qui annonce le nombre de victoires que chacun d'eux a remportées*. Le nom du premier, Bebri.r, indique évidemment qu'il sortait d'un des pays que les Romains appelaient barbares, la Bébrycie, contrée célèbre dans l'antique histoire de l'Asie"; quinze fois déjà il a été vainqueur; son adversaire, .\()bilior„ ne compte que onze victoires. Deux gladiateurs émérites, dont l'un triompha quinze fois, et dont l'autre a déjà remporté trente victoires, regardent leur combat appuyés sur un scutum^ grand bouclier qui au besoin couvrait entièrement le corps du combattant accroupi. »

« Les deux gladiateurs suivants sont représentés à la fin du combat; l'un d'eux presque nu, portant autour des reins une sorte de tablier, suhligaculum , et protégé seulement par un casque à visière et une ocrea ou bottine de bronze, est un vélite ou soldat armé à la légère. Quoique victorieux dans seize combats, il vient cette fois d'être blessé à la poitrine; il a laissé échapper son long bouclier, son sculum , et sa lance sur laquelle son adversaire pose le pied; il s'avoue vaincu, et, se tournant vers le peuple , il lève le doigt pour demander grâce ; VHopiomaque , soldat pesamment armé, qui vient de remporter sur lui sa cinquième victoire, attend pour l'achever la réponse des spectateurs, qui fut une condamnation % car au-dessus de la tête du vaincu on voit la

1. Ces chiffres sont précédés de trois lettres que Millin lit IVL, et qui, selon lui, indiqueraient la patrie du combattant, Forum Julii, ou toute autre ville décorée du nom de César; nous ne pouvons pai'tager cette opinion ; les trois lettres sont TVL, abréviation de tuUt, il remporta, sousentendu victorias. On connaît des inscriptions antiques complètes qui ne laissent aucun doute sur cette formule.

2. Amycus, qui périt sous le ceste de PoUux qu'il avait osé défier, était roi des Bébiyciens.

Apollon. Riiod., Argonaut., H, 3. Valer. Fi.accls, Arg., IV., 261, 290.

3. Cette réponse était donnée par le peuple en renversant le pouce de la main droite.

« Pour se rendre la foule favorable, aussitôt qu'elle a renversé le pouce, ils font tuer le malheureux

qu'elle a condamné. »

verso pollice vuhji

Quemlibet occidunt popularité)-.. .

JuvÉNAL, Sat. III.

Et la vierge modeste, en renversant le pouce, ordonne de percer la poitrine du gladiateur terrassé. »

peclusque jacottis

Virgo nwdesla jubet, converso pollice, 7umpi.

Prudent., De V estai.

108 * lM)MI'i:iA.

Iclli'o falalc (■) ' ainioiicaiil (jn'il fui mis h morl. Les noms de ces deux comhadants élaieiil illisil)l(\s. »

(( Les ([iialre personnajjjcs suivants oflVcnt une scène encore plus cruelle. On y voit dcAi\ seculorcs el deux rclùirli -. Nilimus, rétiaire cinq fois victorieux, a conibatlu contre un scciUor dont le nom est ciïacé, mais qui n'était point indigne de lutter avec lui, puisqu'il a triomphé six fois dans dilTérents combats. Son courage a été moins heureux dans cette rencontre; Nitimus Ta frappé à la jambe, à la cuisse, au bras gauche et au liane droit; son sang coule en abondance; en vain a-t-il imploré la pitié des spectateurs; il est condamné, mais connne le trident n'est pas une arme sûre et prompte, c'est le secutor Hippolitus qui rend à son camarade ce cruel et dernier service. Le malheureux gladiateur fléchit le genou et présente la gorge au fer mortel sur lequel semble le pousser Nitimus, son vainqueur. Sur le second plan on aperçoit le rétiaire qui doit combattre Hippolitus. »

« Enfin , un des gladiateurs du sixième groupe a laissé tomber son bouclier, action infamante dans tous les genres de combats^; il semble

1. Initiale du mot Oàvaxoç, mort. On retrouve les mêmes indications dans la fameuse mosaïque de la villa Borghèse, dont la composition offre la plus grande analogie avec celle du bas-relief que nous décrivons, ainsi que dans une mosaïque de la villa Albani, représentant un combat de rétiaires et de mirmillons. Winckelmann, qui a publié celle-ci dans ses Monumenti antichi ineditl, IV* partie, cliap. x, pi. 197, n'a pas compris le sens du 0 et l'a pris pour un simple signe de ponctuation.

Le 0 servait également aux juges pour indiquer la condamnation à mort.

« Tu peux marquer le crime du noir thêta. »

Et potis es niynon vitio prœfigere Ihrta.

Pers., Sat. IV.

2. Les retiarii, ainsi que leur nom l'indique, étaient porteurs d'un filet avec lequel ils s'efforçaient d'envelopper leurs adversaires qu'ils tuaient ensuite avec leur trident. On leur opposait ordinairement les secutores, ainsi nomniés purce que, quand le rétiaire avait jeté son filet sans succès, ils le poursuivaient dans l'arène. Les armes des secutores étaient un casque fort simple, un bouclier, clypeus, et une épée.

Juvénal nous peint ainsi cette scène à l'occasion d'un personnage noble, d'un Gracchus , qui ne rougissait pas de descendre dans l'arène à visage découvert et de remplir le rôle infâme de rétiaire :

« D'une main il balance le trident, de l'autre il lance le filet. A-t-il manqué son coup , il prend la fuite pour se remettre en mesure, et, la tète haute, se fait reconnaître de tous les spectateurs. »

movet ecce tridentem ;

Postquam vibrata pendenlia relia dcxtrâ

Aecquicquam effudit, nudum ad spectacula vultian

Erigit el told fiiyil agnoscendus arend.

Sat. VIII.

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