‹ PompeiaChapitre 117 sur 267 · v. page · texte numérisé non relu

v. page

2. Nous verrons qu’une statue érigée au mème magistrat a été découverte depuis dans la rue

principaux monuments, ainsi que l’atteste une autre inscription placée sur la scène et que nous avons déjà citée :

MM. HOLCONI. RVFVS ET CELER CRYTAM TRIBUNAL THEATRUM SP AD DECVS COLONIZÆ.

« Marcus Holconius Rufus et Marcus Holconius Celer ont érigé à leurs frais une crypte, un tribunal et un théâtre pour l’ornement de la colonie. »

Nous avons décrit le tribunal (page 152). C’est dans la partie supérieure du théâtre et en dehors de l’hémicycle qne se trouve la crypte I, espèce de tour carrée en dehors et ronde en dedans, haute d'environ { mètres et large de 6,79 ; c'était un réservoir qui fournissait l’eau nécessaire à l’arrosement du théâtre. Il est difficile toutefois de nous rendre compte par quel procédé on pouvait élever l’eau à une si grande hauteur. Le théâtre étant découvert, on ne peut supposer que le réservoir ait été rempli par les eaux pluviales qu'on y aurait rassemblées ; cependant nous ne pouvons douter du témoignage de tous les auteurs antiques qui nous disent que, pour tempérer la chaleur, cette eau était répandue en pluie fine sur les spectateurs , et qu’on poussait même la recherche jusqu’à la parfumer avec des essences ‘. Cn. Pompée

des Holconius. — Une autre inscription sur marbre, trouvée dans le théâtre le 27 septembre 1792, fait mention d’un autre membre de la même famille.

M. HOLCONIO CELERI D. V. I, D. QVINQ. DESIGNATO AVGVSTI SACERDOTI.

« À M. Holconius Celer, duumv:r chargé de rendre la justice, cinq fois désigné, prêtre d’Auguste. » Pomp. ANT. Hisr., 11, 50.

1. On appelait ce raffinement de luxe sparsiones. « Alors (au temps de Romulus) le voile n’était pas suspendu sur un théâtre de marbre, et le safran liquide ne rougissait pas encore l’avant-scène. » Tunc neque Mmarmoreo pendebant vela thealro, Nec fuerant liquido pulpila rubra croco.

Ovine. Ars amandi. L. I. v. 103 et 104.

Properce exprime la même pensée presque dans les mêmes termes : « Alors des voiles suspendus n’ondoyaient pas au-dessus d’un théâtre, et dans les fêtes solennelles l’avant-scène n’exhalait pas les parfums du safran. »

Nec sinuosa cavo pendebant vela thealro ; Pulpita solemnes non oluere crocos.

LV Car. L

Dans ces deux passages, la partie est évidemment prise pour le tout. Le pulpitum n'était pas

fut le premier qui mit en usage ce moyen de rafraîchir le public‘.

Auprès de la crypte est, ainsi que je l’ai dit, une des principales entrées du théâtre, ouvrant sur le corridor voûté conduisant au sommet de la seconde cavea et portant la summa cavea. On arrivait à cette porte par le portique du Forum triangulaire.

Au centre de l'orchestre, c’est-à-dire de la partie K comprise entre les gradins inférieurs de l’avant-scène, s'élevait un piédestal M, dont il ne reste plus de trace et que quelques auteurs ont cru avoir été destiné à porter une statue , qui évidemment eût coupé le point de vue de la manière la plus désagréable. Nous devons plutôt y reconnaître la 4hymêle, ce petit autel sur lequel, ainsi que je l’ai dit, on sacrifiait à Bacchus au commencement du spectacle. Cet autel, il est vrai, n’existe point ordinairement dans les théâtres romains ; mais nous ne devons pas oublier que Pompéi était une colonie grecque, une ville de la Grande Grèce qui dut conserver plus d’un souvenir, plus d’un usage de la mère patrie.

Le mur d’avant-scène ou proscenium O O s’étend entre D Det NN sur une largeur de 24",30 ; il portait le plancher en bois N N ou pulpitum, formant l’avant-scène sur laquelle se tenaient les acteurs. Ce plancher étant détruit permet de voir aujourd’hui à découvert le dessous du pulpitum ou lhyposcenium , lieu où se plaçaient les instruments propres à imiter le tonnerre, dans lequel rentrait le rideau d’avantscène, et sur lequel enfin étaient ménagées les trappes pour les apparitions. Le mur d’avant-scène O O présente une niche semi-circulaire et six carrées que l’on peut supposer, avec quelque vraisemblance , avoir été destinées à contenir les musiciens quand ils n’étaient pas placés aux côtés de l’avant-scène sur le pulpitum lui-même. Ces musiciens nonseulement soutenaient la voix des acteurs? et des chœurs, mais, de même

seul arrosé de parfums, car Sénèque dit formellement que, par d’étroits tuyaux disposés avec art, on faisait monter à une hauteur considérable et retomber sur les spectateurs une suave rosée aromatisée de safran. »

« Hodiè utrum tandem sapientiorem putas qui invenit quemadmodum in immensam allitudinem crocum laten-

tibus fistulis exprimat..... »

Epist. XC.

1. Cneius Pompeius antè omnes aquæ per semitas decursu æstivum minuit fervorem. Va. Max. L. Il, c. 4, S 6.

2. Cicéron fait ressortir avec sa finesse ordinaire le ridicule de cet accompagnement de flûte

que chez les modernes , ils jouaient pendant les entr'actes. Le premier

Page 1