‹ PompeiaChapitre 125 sur 267 · LM SAGIN NS LTE VAR TD EMPIRE IL EX DD · texte numérisé non relu

LM SAGIN NS LTE VAR TD EMPIRE IL EX DD

« L, Saginius, Duumvir chargé de rendre la justice, au lieu de jeux, par décret des Décurions?. »

La muraille du podium était ornée de peintures qui ont entièrement

| disparu ; elles offraient les combats d’un tigre contre un ours, d’un

1, Ces inscriptions ont été trouvées le 2 avril 1815.

2, Ces inscriptions présentent une énigme assez difficile à expliquer. Que veulent dire les mots PRO LVD. pro ludis? On a cru devoir traduire pour les jeux, et voir par conséquent dans l’inscription la mention de jeux célébrés dans l’amphithéâtre par certains magistrats. Cette interprétation eût été parfaitement acceptable si dans la troisième inscription on ne trouvait pas les mots PRO LVD. LVM. que le P. Garrucci lit pro ludorum l'uminatione, pour l’illumination des jeux, et M. Mommsen, pro ludorum luminibus , pour les lumières des jeux. Cette explication ne nous ayant pas paru complétement satisfaisante, nous avons consulté l’un de nos savants confrères, M. Léon Rénier, connu par les études spéciales qu’il a faites de l'épigraphie antique. Nos lecteurs seront heureux de trouver ici sa réponse, dont nous avons cru devoir adopter les conclusions si bien motivées :

« L'interprétation du P. Garrucc: et celle de M. Mommsen, dit M. Léon Rénier, prouveraient, si l'on était forcé de s’y tenir, que l’on donnait des jeux à la lumière dans l'amphithéâtre de Pompéi, ce qui ne me paraît pas admissible. Voici comment j'interprète le passage de l'inscription: Marcus GANTRIVS, Marci Filius,

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cerf contre une lionne, d’un ours contre un taureau, etc. Une d'elles, beaucoup plus curieuse, nous a été conservée par la gravure; elle paraît représenter les apprêts d’un combat de gladiateurs. On y voit un laniste ou maître des gladiateurs semblant donner des conseils à ceux qui vont combattre, pendant que deux autres gladiateurs assis attendent leur tour, et qu'un musicien s'exerce à sonner d’une de ces immenses trompettes recourbées dont la musique grossière animait les combattants.

Au milieu du côté occidental, ce même mur est percé d’une petite porte carrée , le catabolus, qui donnait entrée aux bêtes féroces renfermées dans les loges placées sous les gradins.

Au-dessus du podium s'élèvent les gradins divisés en trois étages ou caveæ. Dix-huit gradins composent l’étage supérieur, summa cavea; une précinction ou passage le séparait de l'étage intermédiaire, la media cavea, formé de douze gradins. Par une disposition que je n'ai trouvée dans aucun autre amphithéâtre, le gradin supérieur de cette cavea était à dossier et se terminait à chaque escalier par un bras taillé dans la pierre, de manière à présenter l’aspect d’une suite de larges canapés.

Ainsi que je l’ai dit, cette cavea était entièrement séparée de la

MARCELLVS duumVIR PRO LVDis, LVMinatione, CVNEOS IIl Faciendos Curavit EX Decreto Decwrionum. PRO LV Dis, LV Minalione; c'est-à-dire au lieu des jeux et de l'illumination, qu'il devait donner à l'occasion de son élection aux fonctions de Duumwvir. L’ellipse de la conjonction ef n’a rien qui doive nous surprendre; elle était de règle dans le style épigraphique (Voy. MORCELLI, De Stylo inscer., p. 4486, id. Rom.). Les honneurs municipaux se payaient ordinairement par des jeux, des spectacles, des distributions de sportules, etc., dépenses improductives que l’on échangeait quelquefois, comme ici, contre d'autres dépenses équivalentes dont le résultat devait être plus durable. Dans une inscription de Djemilah (l’ancienne Colonia Cuiculitanorum) que j'ai publiée dans un mémoire qui fait partie du dernier volume de la Société des antiquaires de France, on voit un magistrat de cette ville élever une basilique au lieu d’un spectacle de gladiateurs qu'il devait donner. On pourrait citer beaucoup d'exemples analogues.

« Les interprétations du P. Garrucci et de M. Mommson sont tout à fait conjecturales; la mienne s'appuie sur deux exemples qui me paraissent concluants. Le premier m'est fourni par une inscription de Rome publiée par Fabretti, Inseript. Domestie., p. 243, n. 656, et par Orelli, p. 3324, laquelle se termine ainsi POPVLO VISCERATIonem GLADIATORES DEDIT LVMINAtionem LVDOS lIunoni Sospilæ Magnæ Reginæ SOLVS FECIT.

« Le second se trouve dans uné inscription du recueil de Muratori, pl. 652, n. 6, dans laquelle on lit:

.... VS. SPORTVLAS ITEM POPVLO FIERI ET ..... PVERIS NVCES SPARGI DIE Supra Scriplo ET LVMINATIONE.

« Cette dernière inscription est une inscription funéraire dans laquelle il n’est question ni de jeux ni de spectacles, c'est ce qui me fait penser que dans celles de l’amphithéâtre de Pompéi il n’y a pas de connexité entre les mots L VD et LVM; ces mots désignent deux spectacles différents que les nouveaux magistrats devaient donner au peuple, et dont un décret des Décurions les avait dispensés en leur imposant l'obligation d'appliquer à la construction de l'amphithéâtre une somme au moins équivalente à celle qu'ils avaient ainsi économisée. »

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cavea inférieure, l’ima cavea, par le passage découvert contenant les escaliers. Il serait impossible, sans le secours d’une coupe, de faire comprendre la disposition des gradins de cet étage inférieur. Il se compose, aux deux extrémités, de cinq gradins a b c de, semblables à ceux des autres caveæ de l’amphithéâtre, c’est-à-dire hauts de 0",37, larges 0,82 et creusés légèrement au fond afin que les pieds des spectateurs ne pussent pas incommoder les personnes assises sur le gradin inférieur. Cette précaution n’existe dans aucun autre amphithéâtre, non plus que la moulure qui décore le bord des gradins et leur donne une élé-

gance à laquelle on n’est point habitué.

Coupe de la première Cavea.

Au milieu de chacun des deux grands côtés de l’amphithéâtre est un vasle espace fermé à chaque extrémité par un petit mur à hauteur d'appui f g, perpendiculaire au podium m n. Cet espace ne contient que quatre gradins k à k ! au lieu de cinq. Ceux-ci n’ont que 0",35 de hauteur, mais ils sont plus profonds que les autres de 0",08 et n'ont point de moulures. Il est certain que ces gradins réservés aux vestales , aux magistrats et autres personnages considérables, étaient couverts de tapis sur lesquels on posait des coussins, des chaises et des bisellium.

Les caveæ, suivant l'usage, étaient divisées en coins, cuner, par de nombreux escaliers qui, rayonnant autour de l'arène, aboutissaient aux portes donnant sur la galerie extérieure ou deambulacrum.

Deux cuner entiers ont été restaurés au N.-E., et on les voit aujourd’hui tels qu’ils étaient au temps où venaient s’y asseoir les habitants de Pompéi et de Nuceria.

Citons encore, en terminant la description de ce monument, des inscriptions ‘ qui sont répélées sur deux pierres déposées sur le sol, l’une

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