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quille et naturelle; son bras droit tombe librement et le petit doigt porte l'empreinte oxydée d’une bague de fer.
La jeune fille semble au contraire être morte dans d’affreuses convulsions ; elle est couchée à plat ventre, les jambes crispées et la face | appuyée sur son bras gauche; sa main presse un pan de sa robe, dont elle avait sans doute cherché à s’envelopper la tête. La forme de cette tête est parfaitement conservée et une grande partie du crâne est même à découvert; les phalanges des doigts de la main droite sont également apparentes. Les vêtements laissent apercevoir par leurs déchirures une chair jeune et polie comme le marbre, et sur un petit pied une sandale
brodée est encore reconnaissable.
Cadavres de la mère et de la fille.
Le troisième cadavre placé au fond de la salle est également celui d’une femme, sans doute de condition aisée, car on a trouvé près d'elle, avec un trousseau de clefs, deux petits vases d'argent, quelques bijoux d'or et une assez grande quantité de monnaies d’argent. Elle est couchée sur le dos, et, bien que le moulage soit en général médiocrement réussi, son expression de désespoir est presque aussi poignante que celle du cadavre conservé à l’école d'archéologie. Un bras est soulevé, les
| mains sont fermées convulsivement et les vêtements repoussés dans les
| mouvements de l’agonie ont laissé à découvert la jambe gauche admirablement modelée. Les seins ne sont point venus au moulage et le sexe n'a pu être déterminé que par la coiffure qui paraît avoir été frisée, et surtout par la largeur du bassin qui est telle qu’on pourrait supposer la
| malheureuse enceinte au moment de la catastrophe qui termina sa vie.
| Le quatrième corps placé à gauche de la salle est celui d’un homme de haute taille, probablement un soldat, à en juger par les
|traces qu'ont laissées sur le bas-ventre des courroies paraissant avoir
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formé la partie inférieure d’une de ces cuirasses, loricæ ‘, qui étaient composées de bandes de cuir juxtaposées. Cet homme est couché sur le dos ; ses bras et ses jambes étendus naturellement semblent indiquer qu'il a succombé sans convulsions. Tout le côté droit du corps est 4 mal venu, mais le moulage à généralement bien reproduit le côté 4 gauche ; la main portant un anneau de fer est parfaitement modelée, le nez et le menton sont bien rendus, et la bouche, quoique contractée, laisse apercevoir quelques dents. Les pommettes saillantes et osseuses, les joues creuses semblent indiquer un homme d’une cinquantaine d’années. La jambe gauche semble maigre auprès de la droite grossie par l'empreinte d’une étoffe épaisse; les pieds portent de fortes chaussures à semelles garnies de clous.
Dans les coins de la salle où ces moulages si curieux sont exposés, on voit debout deux squelettes de Pompéiens montés comme dans les cabinets d'anatomie.
La maison suivante est désignée sur le plan de Fiorelli sous le nom de
*MaISON DE LA DANSEUSE (Pr. 116). Le piédroit à gauche de la porte conserve son chapiteau où l’on voit une bacchante tenant un tambour de basque et un Faune avec une syrinx. Cette habitation n’occupant point un terrain exactement parallèle à la rue, on avait remédié à cette irrégularité en donnant une profondeur inégale (0",80 à gauche et 0",54 à droite), à la seconde des trois marches précédant le prothyrum. De celui-ci plus large que profond, deux autres degrés conduisent à un grand atrium toscan avec un compluvium et une citerne en mauvais état, et un pavé de fine mosaïque noire ornée de cubes blancs beaucoup plus gros régulièrement espacés. Le côté gauche de l’atrium présente trois chambres et une ala; ces trois petites chambres ont conservé leur seuil de pierre calcaire avec indication de leur fermeture ; dans la première pièce on remarque, comme dans beaucoup des maisons de Pompéi, une entaille dans la muraille qui donnait la longueur nécessaire à un lit. Au côté droit de l’atrium étaient pour la symétrie des renfoncements simulant des portes avec leur seuil ; la première seule était réelle ; nous dirons quelle était sa destination. Le fond de la maison
4. Lorica, de lorum, courroie, lanière. Notre mot cuirasse n’est que la traduction de lorica. k
n'existe plus, mais on peut reconnaître que le tablinum n'était pas à sa place, car le fond de l’atrium est fermé par un mur qui conserve encore une hauteur de plus d’un mètre.
Revenant à la porte dont nous avons parlé, on trouve un escalier descendant à une maison voisine et amie, ou plutôt à une seconde partie de la maison servant de communs, l’escarpement du sol n’ayant pas permis de donner à la maison de maitre le plan ordinaire; en effet, dans l’atrium de cette seconde maison on ne trouve qu'un compluvium des plus grossiers avec deux citernes en regard, à droite des pièces sans ornements, et sur la rue une porte qui devait être destinée aux gens de service et aux fournisseurs.
Immédiatement après la maison de la Danseuse, on rencontre à gauche plusieurs grands souterrains voûtés, fouillés en 1778, tournés vers la mer, ayant dû servir de magasins, et où l’on trouva une grande quantité de blé carbonisé. C’est sur ces souterrains que s’élevait une vaste habitation désignée sous le nom de la
* MAïsON A Trois ÉTAGES, Casa a tre piani (PL. 117), nom qui convient aussi bien à toutes les maisons formant ce côté de la rue; cependant il est à remarquer qu'ici un seul étage (celui des magasins) était au-dessous du niveau de la voie publique, et que l’on voit les restes d’un escalier conduisant à ce que les modernes appellent le premier étage. Cette maison a aussi été nommée par quelques auteurs Maison du musicien à cause de trophées d'instruments de musique, sistres, trompettes, doubles flûtes, etc., qui décoraient ses murailles. Le pilastre à droite de l’entrée est surmonté d'un chapiteau corinthien en stuc assez bien conservé. Le prothyrum est presque entièrement occupé par cinq degrés faisant suite à un sixième en saillie sur le trottoir. La maison entièrement ruinée n'offre plus rien d’intéressant.
Il en est de même de l'habitation voisine dont le seuil était raccordé avec l'alignement de la rue par la première de ses quatre marches beaucoup plus large à gauche qu’à droite. Vient ensuite un thermopole fouillé en novembre 4770, et conservant son comptoir revêtu de marbre. Entre cet établissement et la boutique contiguë appartenant à
| la même maison s’élève un pilier portant, sculptée en terre cuite, une | image phallique qui a donné lieu à bien des hypothèses. Cette figure ayant élé retrouvée depuis sur un grand nombre de maisons de Pompéi,
il nous paraît certain qu’on ne doit y voir autre chose qu'un préservatif contre les sorts, le mauvais œæil', le fascinum, la jettatura qui fait encore trembler les Napolitains modernes, qui ont recours pour s’en défendre à un procédé analogue.
Avant d'arriver à la porte d’'Herculanum, on à à gauche l
* AUBERGE D'ALBINUS (PL. 19). Cette maison, découverte en 1770, était non-seulement une auberge, mais probablement aussi une de ces stations de poste, mansiones, établies par Auguste sur les voies consulaires®. La distribution de cette maison, les objets qu’on y a trouvés, tout concourt à rendre cette supposition presque certaine. Près de l’entrée était une de ces pierres qui aidaient à monter à cheval. Le nom du propriétaire de l’auberge, Albinus, était écrit sur la muraille en lettres noires. La porte, beaucoup plus large qu’à l'ordinaire, ayant de niveau avec la rue un pavé de lave interrompant le trottoir afin de permettre l'entrée aux chars, conduisait à une vaste cour qu'entouraient une cuisine munie de son fourneau et plusieurs chambres pour les voyageurs. Deux thermopoles, l’un dans la maison même, l’autre dans la maison voisine communiquant avec elle, étaient destinés au débit des boissons chaudes ; dans l’écurie étaient encore les ossements des chevaux à côté des anneaux auxquels ils avaient été attachés ; ailleurs on
a trouvé des essieux et autres débris de charrettes ; enfin, sous la
MERS A Oculi venena maligni.
GrATIAN., Cyn. 406.
« Je ne sais quel œil fascine mes tendres agneaux. »
Mescio quis leneros oculus mihi fascinat agnos. VIRGILE, Egl. II.
Enfin Perse nous peint une femme habile à conjurer ces regards funestes :
Re urentes oculos inhibere perita.
Sat. Il.
2. « Auguste établit sur toutes les routes militaires d’abord des jeunes gens, ensuite des voitures pour apprendre plus vite ce qui se passait dans les provinces. Outre l’avantage qu’il y chercha, on y trouve aujourd’hui celui de pouvoir, quand les circonstances l’exigent, avoir de promptes nouvelles par ceux qui portent les lettres d’une partie de l'empire à l’autre. »
SUÉTONE, In Octavio, c. 49.
« Ces sortes d’asiles s'adressant à une classe pauvre de visiteurs étaient plus que modestes et n’offrent d'autre intérêt que de faire constater dans l'Italie antique l'établissement de véritables caravansérails. Là sans doute comme dans les khans de l’Asie moderne, le voyageur ne trouvait que des murailles nues, de l’eau et du feu; il devait s'être pourvu lui-même d’aliments et du mobilier indispénsable à son campement d’un jour, »
E. M. O. Docnée, Pompéi, étude sur art antique.
façade et parallèlement à la rue s'étend une vaste cave, longue de
35 mètres, large de 3",50 et haute de 4",75, éclairée par trois soupi-
raux et parfaitement conservée. Il n’en est malheureusement pas de même du reste de l'habitation, qui est dans le plus triste état de délabrement.
C’est presque en face de l'auberge d’Albinus, et à droite de la porte d’Herculanum, que se trouve le large escalier (PL. 20) qui permet de monter sur les remparts de la ville *.
Porte D'HERCULANUM (Page 85). Après avoir franchi la porte, nous commençons l'examen des monuments qui se présentent à droite du faubourg Augusto-Felix ou rue des Tombeaux (page 239). Les premiers qui s'offrent à nous sont :
Un Granp Prépesra (PL. 42, page 86).
Le TouBEau DE TERENTIUS (PL. 1, page 86).
Un Tombeau commencé (PL. 2, page 86).
Viennent ensuite :
L'ENCEINTE FUNÉRAIRE (PL. 3, page 87).
Le TomBEAU DES GuIRLANDES (PL. 4, page 87).
La Tomge pu Vase BLEU (PL. 5, page 87).
L'Hémicycce couvert (PL. 6, page 88).
Et nous arrivons à la
Maison DEs COLONNES DE Mosaïque (PL. 7).
La facade de cette maison présente de chaque côté de l'entrée deux grandes boutiques avec arrière-boutique qui avaient été découvertes dès 4813 ; la maison même n’a été dégagée qu’en 1837 et 1835. La porte, accompagnée de deux pilastres cannelés, peints en rouge jusqu'à 4",50 du sol, donne accès à un prothyrum de 2°,70 de largeur sur 10",05 de profondeur. Celui-ci était décoré de peintures présentant, au milieu de panneaux rouges et jaunes séparés par des architectures, de petits cartels contenant des masques tragiques , des paysages, des oiseaux et des poissons. Après avoir franchi le profhyrum on se trouve dans une vaste cour ou plutôt un jardin de forme irrégulière ; dans son angle à droite est l'entrée d’une petite enceinte située derrière l’hémicycle, et sur laquelle donne la porte du tombeau 5. Au centre de ‘la