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Maison DE Diomèpe (Pr. 2%). Cette maison, découverte de 1774 à 1775, est désignée par les divers auteurs sous les noms de maison de campagne, maison du faubourg, casa pseudo-urbana, où suburbana , enfin de maison d’Arrius Diomède. Sa situation en face du tombeau de ce personnage ne peut pas toutefois être regardée comme une preuve décisive qu’il en était le propriétaire, puisque toute la rue était bordée de tombeaux, et que celui de Nævoleia Tychè et de Munatius Faustus, étant également voisin de cette belle habitation, pourrait tout aussi bien avoir été la sépulture de ses propriétaires.

Plus voisine du volcan que toutes les autres , cette maison dut être détruite la première, aussi aucune ne paraît avoir fourni un pareil nombre de victimes ; elle est une des plus vastes qui soient sorties des fouilles, et en même temps une des plus intéressantes par le nombre de

ses dépendances et sa distribution toute particulière.

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Plan de la Maison de Diomède.

Elle est divisée en deux parties situées à un niveau différent; aussi indiquerons-nous sur notre plan, par des lettres et par une teinte moins foncée, les bâtiments qui se trouvent sur le sol le moins élevé, distinguant par une teinte foncée et par des chiffres ceux qui occupent la position supérieure. Ces derniers, qui composent la partie consacrée à l’habitation, couvrent un terrain exhaussé d'environ 1",60 au-dessus du pavé de la rue des Tombeaux; on y monte par un perron de sept marches 4, que surmontait une sorte de porche formé d’un toit à fronton soutenu par deux colonnes dont les fûts sont encore en place.

Après avoir franchi le seuil et une espèce de petit vestibule ou

prothyrum 2? que l’on à fait de forme triangulaire pour raccorder le

péristyle 3 avec l'alignement de la rue, on se trouve dans celui-ci qui, par une disposition indiquée par Vitruve comme propre aux maisons de campagne, ne se trouve pas relégué, comme à l'ordinaire, dans la partie la plus reculée de l'habitation.

Entrée de la Maison de Diomède.

Le péristyle était entouré de 14 colonnes d’ordre dorique revêtues de stuc, lisses et peintes en rouge par le bas, blanches et cannelées dans les deux tiers supérieurs. Le chapiteau était orné de quelques filets rouges. On voit encore dans la muraille les trous des chevrons du toit qui couvrait les portiques et venait s'appuyer sur les colonnes. Autour de l’area était un caniveau, d’où les eaux s’écoulaient dans une citerne placée au-dessous et dans laquelle on pouvait puiser par deux margelles cannelées 5 placées entre les colonnes ; l’une était en travertin et l’autre en marbre, et toutes deux étaient peintes en rouge ; on y voit encore les traces du frottement de la corde. Sous le portique, à droite de la porte d'entrée, est un escalier 6 descendant aux bâtiments que nous appellerions aujourd’hui les communs, et à un corridor 7 qui conduisait au jardin situé, comme je l’ai dit, à un niveau inférieur d'environ à mètres. À côté de la porte de l’escalier était un laraire dans lequel on trouva une Minerve; sous le portique oriental du péristyle existe l'entrée 8 de plusieurs pièces formant un charmant petit bain

qui, fouillé en 4772, avant la découverte des thermes publics, avait déjà

1. «On a coutume à la ville de placer l’atrium près de l’entrée, mais dans les maisons de campagne le péristyle se présente le premier, et l’atrium vient ensuite entouré de portiques

ouverts sur les palestres et les allées où l’on se promène. » ViTRUVÉ, L. VI, c. 8:

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donné des renseignements bien précieux. D'abord se présente une petite cour triangulaire 9, entourée de deux côtés d’un portique soutenu par six colonnes octogones à chapiteaux très-simples, et présentant à l’une de ses extrémités un petit fourneau destiné sans doute à la préparation de

quelque boisson chaude à l'usage des baigneurs. On y trouva un chaudron,

Bain de Diomède.

une poêle à deux anses encore noircie par la fumée, un gril et plusieurs pots de terre. Dans l’angle à côté du fourneau est un petit cabinet de toilette.

Au troisième côté adossé à la muraille qui longe la rue des Tombeaux, est un bassin de 2",17 de largeur, 2",85 de longueur et 1",10 de profondeur, revêtu de stuc, et dont le rebord, pluteus, est couvert de dalles de marbre. On y descendait par trois marches pratiquées dans l’un des angles. L'eau s’écoulait à volonté sur la voie publique. Cette baignoire, baptisterium, destinée au bain froid en commun, recevait l’eau d’un mascaron dont on voit encore la trace; elle était abritée par un toit à double versant soutenu d’un côté par la muraille, de l’autre par deux colonnes. La cour et le portique étaient pavés en mosaïque blanche et noire. La muraille au-dessus du bassin était ornée de peintures représentant sur fond bleu divers poissons et mollusques; on y reconnaissait entre autres la sèche, seppia, et le poisson à long bec que les Napolitains nomment pesce spada. Les panneaux à droite et à gauche de celui-ci offraient des arbres et des oiseaux

sur fond jaune. Ces peintures que Mazois a pu dessiner sont aujour-

d'hui presque effacées, et il en est de même de presque toutes celles qui décoraient les diverses pièces de cette splendide demeure; heureusement elles nous ont été conservées par la gravure ‘, et quelques-uns des sujets qui occupaient des milieux de panneaux sont au musée de Naples.

La salle 10 était l’apodyterium ou spoliatorium, où l’on quittait ses vêtements ; on y trouva sur la cendre l'empreinte d’un panier. Le frigidarium 14 et le tepidarium 12 ne contenaient point de baignoires, mais servaient seulement, par la température graduée qu’on y entretenait, à empêcher la transition trop brusque de l'air libre et froid à la chaleur étouffante de l’étuve ou sudatorium. Ils étaient pavés en mosaïque, et ornés de corniches en stuc et d’élégantes peintures.

C'était aussi dans le fepidarium qu'ainsi que nous l’avons déjà dit, le baigneur, au sortir de l’étuve, s’asseyait sur des bancs de bois pour se soumettre aux massages, aux frictions et aux autres opérations en usage. Dans cette petite salle, la fenêtre haute de 1",25 et large de 1",15 était fermée par un chässis mobile en bois carbonisé auquel tenaient encore des fragments de vitres; chaque carreau avait 0",27 en carré?. Cette salle fouillée le 14 novembre 1772 recevait la chaleur de l’étuve par une ouverture ronde revêtue de stuc, et d’un diamètre de 0",22* ; on croit qu'elle pouvait être fermée par un carreau.

L'étuve 13 était une salle oblongue, pavée en mosaïque, terminée par un hémicycle dont le cul-de-four est formé d’une coquille de stuc et orné de petits bas-reliefs coloriés, représentant des animaux et des figures. Au fond de la niche est une fenêtre de 0",65 sur 0",75 ; une seconde fenêtre de même grandeur est percée au-dessus de la niche. Cette étuve servait à volonté, soit pour les bains de vapeur, soit pour les bains d’eau chaude, ainsi que le prouve une baignoire en stuc autrefois revêtue de marbre. Le sol, reposant sur des piliers de briques,

1. Ces peintures ont été publiées pour la première fois à Naples en 1796, sous le titre de Gli ornati delle pareti ed à pavimenti dell’ antica Pompei, incisi in rame. En 1808 parut dans la même ville un atlas in-folio de cent planches; enfin ces deux ouvrages ont été mis à contribution en 1840 par les éditeurs français d’Herculanum et Pompéi. T. I, pl. 63 à 98. Paris, F. Dipor.

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