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V. page

en mosaïque et ouvrait à la fois sur le prothyrum par une petite fenêtre, sur l’atrium par une large baie, et par une porte sur la salle 8. Celleci, ouverte dans toute sa largeur sur l’atrium, me parait avoir été une sorte de salon destiné à recevoir les clients de l’établissement ; elle était ornée de peintures médiocres parmi lesquelles on reconnaît encore Vénus et Adonis et Thésée vainqueur du Minotaure. Un troisième sujet au fond de la salle est aujourd’hui méconnaissable ; on y distingue avec peine un personnage debout ; à l'époque de la découverte, en juin 1826, on crut y voir Admèle dans un paysage. Devant cette salle, entre les colonnes du portique, était une charmante fontaine 9 composée d’une vasque de marbre blanc posée sur un pied cannelé. Sur le pilier à droite de cette fontaine, se trouvaient de très-curieuses peintures qui ont été emportées au musée de Naples avec le pilier lui-même; elles peuvent donner une idée des différentes opérations de l’art du fouion chez les anciens ; on y voit un ouvrier occupé à frotter avec une espèce de carde un manteau blanc bordé d’une bande de pourpre ; un autre ouvrier apporte une grande cage d’osier sur laquelle on étendait les étoffes pour les exposer à la vapeur du soufre brûlant sur un fourneau ‘; l’ouvrier est couronné d'olivier, et sur la cage est perché l'oiseau de Minerve, divinité protectrice de ceux qui travaillaient les tissus. Sur le premier plan est une # femme assise et richement vêtue recevant une étoffe des mains d’une jeune ouvrière. Dans un autre compartiment on voit des ouvriers qui, placés dans des espèces de niches semblables à celles qui existent dans une pièce de l'édifice, foulent de leurs pieds nus ou lavent avec les | mains des étoffes renfermées dans des cuves?. Sur un autre côté du pilier est une presse sous laquelle on mettait les draps, et un groupe # représentant la directrice de l'établissement donnant des ordres à des esclaves près desquels sont des étoffes étendues sur une perche. Sur le pilier à gauche de la fontaine, on voit encore en place les deux serpents symboliques et un fleuve appuyé sur son urne.

A côté de la salle que nous avons décrite, est une chambre à coucher 10, puis, sous le côté méridional du portique, se présente d’abord un grand triclinium A1, ou peut-être un magasin, pavé en mosaique

1. « Trouvant une cage d’osier cintrée par le haut, qui servait à étendre le linge pour le blanchir à la fumée du soufre, elle le fait se blottir dessous. » APULÉE, Métam., L. IX. 9. Herc. ET Pomp., II, pl. 127.

blanche et noire, et dont le seuil malheureusement fort endommagé est orné de rinceaux de diverses couleurs. Suit une chambre à coucher 13 à laquelle on montait par trois degrés et que précédait un procæton 12, sur lequel elle avait une porte et une fenêtre. De cette chambre on descendait par trois autres degrés dans la chambre AA, qui avait son procæton 15. Dans le‘corridor 16, qui n’était autre que la cage d'un escalier ayant dessous un réduit ouvrant sur l'atrium se trouve l'entrée d’une pièce 17 où était un petit moulin qui à été déplacé, mais où sont encore deux pieds de table, un fourneau et un four autrefois surmonté d’une image du même genre que celle qui existait au même lieu dans la boulangerie de la maison de Pansa ; dans l’avant-four, aujourd’hui détruit, étaient trois tuyaux en terre cuite pour l’évaporation de la fumée. À côté du fournil est une chambre d’esclave 18 près de la porte de laquelle, sous le portique, se trouve un grand vase de terre rouge, un dolium, qui avait été raccommodé avec de fortes agrafes de métal'. Enfin, à l'extrémité du portique, existent deux petiles pièces 19 et 20 dont la première contint probablement une presse, tandis que la seconde était la loge du portier préposé à la garde de la seconde entrée de la maison, du posticum 21. La partie ouest de la cour, adossée à la rue de la Fullonica, est occupée presque entièrement par quatre grands bassins carrés 22 construits en maçonnerie, placés à des niveaux différents afin que l’eau pût passer successivement de l’un dans l’autre; leur profondeur varie de 4",15 à 0,50. On montait au bassin le plus élevé par un escalier au pied duquel est un cinquième bassin carré 25 enfoncé dans le sol. Au devant des bassins 22 règne une large et longue banquette de pierre, à l'extrémité gauche de laquelle est un petit bassin ovale en marbre, tandis qu’à l’autre bout sont un vase de terre encastré dans la maçonnerie, et sept bassins plus petits, ou plutôt des espèces de cases 24 dont le fond est légèrement creusé et dans lesquelles les étoffes étaient probablement empilées pour être foulées aux pieds

comme nous l’avons vu dans la peinture du pilier voisin de la fontaine ;

4. «Le tonneau du cynique, dit Juvénal, ne craint pas l'incendie; s’il le brise, demain il retrouve une autre maison ou répare la même avec du plomb. » dois Dolia. nudi Non ardent cynici ; si fregeris, altera fiet Cras domus aut eadem plumbo commissa manebil. Sal. XIV.

peut-être aussi ces cases servaient-elles de dépôt pour les différentes matières nécessaires à la teinture. Les anciens semblent avoir teint el nettoyé leurs étoffes avec un grand soin, et s’être servis de soufre et autres ingrédients tels que la terre grasse dite à foulon, et la chaux dont on a trouvé ici une jarre pleine *. Sous le portique septentrional est une pièce voûtée 25 où existent encore les restes d’une baignoire ou d’une cuve, puis une chambre à coucher 26 que précède un procæton 27, et dont le pavé en mosaïque est entouré d’une jolie bordure blanche et noire. À côté du procæton et près d’un petit réduit 28 qui dut servir de resserre ou de bureau pour un caissier, est l’entrée d’une petite maison dont l'emplacement est emprunté au terrain de l'habitation voisine, la maison de la grande fontaine de mosaïque, avec laquelle elle n’a aucune communication. Cette petite maison, qui semble avoir servi d’appendice à l’habitation du propriétaire de l'établissement, a une entrée particulière 29 sur la rue de Mercure ; elle se compose d’un atrium a b c d soutenu par six colonnes avec un compluvium présentant à l’une de ses extrémités un puleal de terre cuite orné de triglyphes, et à l’autre une base carrée de marbre blanc, et de deux chambres 30 et 31; dans la première on voit pour la tête et les pieds du lit une entaille assez longue pour pouvoir le tirer; dans la seconde qui contenait un escalier est également une entaille pour le chevet.

Les façades de la Fullonica et de la maison suivante sont faites sur

le même modèle et composées de grandes pierres de lave parfaitement

Refends.

appareillées, pleins sur joint, avec des refends. Sur le pilier qui sépare

la Fullonica de la maison de la grande fontaine fut trouvée, le 11 août

1. « Voici l’ordre des manipulations : d’abord on lave l’étoffe à l’aide de la sarde (terre de Sardaigne), puis on l’expose à une fumigation de soufre ; ensuite on nettoie à la terre cimoliée (terre bolaire, craie de Cimole, une des Cyclades) les étoffes dont la teinture est solide. »

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