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TEMPLES. AUTELS. 41 c'est à celte catégorie qu’appartiennent les plus beaux temples de l’antiquité. Cette colonnade, ce portique régnant tout autour du temple, lui donnaient une apparence grandiose, quoique tendant à resserrer la cella *, qui se trouvait réduite à des proportions assez étroites. Ce fut pour remédier à cet inconvénient, tout en conservant à l'édifice son aspect noble et élégant, qu'on inventa le temple pseudopériptère, où faux périptère, dans lequel les colonnes des ailes et de la façade postérieure
sont engagées dans les murs de la cella, qui s'agrandit ainsi de tout l’es-
Temple périptère. Temple pseudopériptère.
pace qui, dans les temples périptères, séparait sa muraille des colonnes du portique. Un double rang de colonnes entoure les temples diptères.
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Temple diptère, Temple pseudodiptère.
Enfin dans les temples pseudodiptères, le second rang de colonnes n'existe qu’à la façade.
Les colonnes étaient toujours en nombre pair dans les façades des temples, car autrement il s’en fût trouvé une au milieu, devant la porte, et suivant qu'on en comptait quatre, six, huit, dix ou douze, les temples prenaient la dénomination de tétrastyle, hexastyle, octastyle, décastyle où dodécastyle. Les temples avaient aussi recu des noms tirés de la largeur de leurs entrecolonnements comparée au diamètre des colonnes ; le temple pycnostyle avait l’entre-colonnement d’un diamètre
1. On appelle cella la partie du temple enfermée par ses murs, en un mot l’intérieur du temple proprement dit.
re) - : POMPEHA.
et demi, le systyle de deux diamètres, l’eustyle de deux un quart, le diastyle de trois, et l’aræostyle de quatre.
Certains temples, que les Grecs appelaient Aypèthres et les Romains subdiales, n'avaient point de toiture ou au moins étaient en partie découverts.
Les temples étaient généralement assez petits; la cella n'avait que l'étendue nécessaire pour la statue et l'autel, ce qui était suffisant, puisqu'en général chacun sacrifiait en particulier. On ne donna une plus grande étendue qu’au temple de la divinité protectrice d’une ville ou d'un peuple, et on ajouta parfois à cette étendue en entourant le temple entier d'une enceinte appelée peribolus, comme nous le verrons à plusieurs de ceux de Pompéi.
A l'opposé du temple grec, qui reposait sur des degrés, le temple romain était élevé au milieu du péribole, sur un soubassement ou podium auquel on montait par un perron qui devait toujours être composé d’un nombre impair de marches, afin que le pied droit qui devait gravir le premier degré füt aussi posé le premier dans le temple.
Le porche, qui précédait le temple et sous lequel était la porte. s'appelait indifféremment frons, pronaos, prodromos et anticum. Frons désignait cependant d’une manière plus spéciale la façade tout entière. L'extrémité opposée du temple portait le nom de posticum ; quelquefois on y ménageait une pièce appelée opistodomos par les Grecs, qui y renfermaient des ex-voto, le trésor du temple ou même le trésor public ; penetrale par les Romains, qui y accomplissaient les rites les plus mystérieux de la religion.
Enfin la cella ou sanctuaire portait les noms de domos, secos ou naos, et le lieu où était placée la statue dela divinité, celui de thalamos, lit.
Ces préliminaires posés, arrivons à la description des temples de Pompéi.
TEMPLE GREC. Au sud-ouest des théâtres, et au milieu du grand portique ou Forum triangulaire dont nous parlerons en son lieu, s’éle-
vait le plus ancien‘, le plus respectable et aussi le plus pur des édifices
de Pompéi. (Pr. A); il n’en reste malheureusement aujourd'hui que L3
1. Le comte de Clarac ( Fouilles faites à Pompéi) le fait remonter jusqu’au vin siècle avant J.-C.; ce serait ainsi un des plus anciens spécimens de l’art grec.
« On a supposé, dit Dyer, que ce temple avait été élevé sur l'emplacement d'une fabrique de
TEMPLES. AUTELS. 43 quelques débris épars sur les cinq degrés qui l’entouraient, et tout fait présumer que ce monument était déjà en ruine avant la destruction de Pompéi. Son état de dégradation tient peut-être aussi à la position de l'édifice qui, situé dans l'endroit le plus élevé de la ville, n’a pu être entièrement recouvert par les cendres, et a dû ainsi, dès une époque reculée, être dépouillé de ses pierres et de ses colonnes. Sa découverte eut lieu de 1767 à 1769.
Son plan était entièrement conforme à celui des temples grecs, et le style de quelques fragments de son architecture ne permet pas de douter que ce monument n’ait été un des premiers construits par la colonie grecque qui fonda Pompéi. Ce temple était octastyle et périptère ; on voit par les deux tronçons de fûts qui, seuls, subsistent encore. que les colonnes avaient 1",245 de diamètre à la base. Les quatre chapiteaux doriques que l’on a rétrouvés sont presque entièrement sémblables à ceux des temples de Sélinunte et de Pæstum ; ils sont sculptés dans le calcaire formé par le dépôt des eaux du Sarno.