‹ PompeiaChapitre 170 sur 267 · Id.,;TIL, pl · texte numérisé non relu

Id.,;TIL, pl

dd, NII pl. 98.

tées vers la droite. Nous avons déjà eu, et nous aurons plus d’une fois encore occasion de signaler cesirrégularités de plan si singulières, presque toujours si peu motivées et en quelque sorte systématiques à Pompéi.

Au coin de l’habitation que nous venons de décrire est la fontaine (PL. 43) dont le cippe porte une tête de Mercure qui a donné le nom à la rue. Sur un mur en face est peint ce Dieu paraissant s'enfuir en emportant une bourse. Près de là furent trouvés cinq squelettes entourés de monnaies, de bracelets et de bagues.

De l’autre côté de la ruelle de Mercure se trouve la

* BOUTIQUE DU PARFUMEUR, n° 23 (PL. 44) fouillée en 1835. Sur les piliers qui décoraient l’entrée de cette boutique étaient deux trèscurieuses peintures qui malheureusement n'existent plus. L'une représentait un sacrificateur conduisant à l'autel un taureau, dont on distingue encore la tête ; l’autre, quatre hommes portant une caisse énorme autour de laquelle étaient pendus quelques vases. Au-dessus, plusieurs personnages étaient occupés à parfumer un cadavre qui allait être brûlé. Ces deux enseignes indiquaient, selon toute apparence, un mycopolium, une boutique où se vendaient les aromates employés dans les sacrifices et dans les funérailles.

À côté de cette boutique est une maison à l’entrée de laquelle on voit peint à gauche sur un pilier Mercure avec tous ses attributs ; à ses pieds est un globe autour duquel se replie un serpent. Sur le pilier de droite sont représentées une corne d'abondance et une patère. D'autres peintures ornaient cette maison, mais elles ont disparu.

Après plusieurs autres habitations on trouve la

Maison D’ADonis BLESSÉ (Adone ferito), ou de la Torcerte D'Her- MAPHRODITE n° 25 (PL. 45), qui doit ces deux noms aux peintures qui la décorent. Elle n’a point de boutiques sur la rue et son prothyrum est flanqué de deux chambres ouvrant sur l’atrium ; dans celle de gauche était un escalier. Du même côté, après deux petites chambres est une ala garnie de banquettes en maçonnerie. Le côté droit de l’atrium n’a pas de chambres et son ala est remplacée par les fauces. Le tablinum ouvre à la fois par devant sur l’atrium, à gauche sur une grande pièce qui semble avoir été une sorte d’exèdre tenant lieu de la seconde aa, et au fond enfin sur le péristyle. Celui-ci n’a de colonnes que de deux côtés ; elles sont au nombre de huit réunies par un pluteus qu’interrompt

seulement l'embouchure d’une citerne. Les deux autres côtés de l’area , contenant une pelite piscine, sont à droite et au fond formés par des murailles. C’est sur celle de droite qu'est représenté Adonis expirant dans les bras de Vénus. Plusieurs Amours assistent à cette scène de douleur ; l’un essuie ses larmes avec sa main; un autre tient un flambeau renversé ; un troisième soutient le blessé, dont un Amour bande la blessure, tandis qu'un dernier exprime dans un bassin d'or une éponge qui a servi à la laver. Cette peinture, de proportion colossale, est une des plus importantes qui soient sorties des ruines de Pompéi. Aux côtés de cette Composition, en avant de deux colonnes feintes, sont des groupes également peints, Marsyas et Olympe et Achille et Chiron *. Dans un grand panneau à droite est représenté un enfant endormi sur le bord d'un bassin dans un bocage peuplé d'innombrables oiseaux. À gauche du péristyle est un tablinum dans lequel se trouve une magnifique peinture découverte le 22 août 1836, représentant la Toilette d’Hermaphrodite, à laquelle assiste une homme barbu que sa longue robe semble désigner comme un philosophe dont la présence est assez difficile à expliquer. Une autre figure nue fort effacée, peinte au fond de la même pièce, semble représenter aussi un Hermaphrodite. Enfin, dans une petite pièce voisine de celle-ci, on voit un Faune et une Nymphe. Dans l'angle gauche au fond du péristyle est un corridor régnant derrière le triclinium et servant de posticum ; mais par une remarquable servitude imposée à la maison voisine, qui peut-être du reste appartenait au même propriétaire, ce n'était qu'en traversant celle-ci que les habitants de la maison d’Adonis pouvaient utiliser ce passage pour sortir sur la rue de la Fullonica.

Sur le mur qui sépare la maison d’Adonis de celle qui lui est contiguë sont plusieurs inscriptions ; deux seulement peuvent être déchif-

frées, et encore la première est-elle incomplète :

SAMELLIVM AED.

FABIVS ROGAT.

« Fabius invoque Samellius, édile. »

1. Ces deux sujets, placés également en pendants, ont été trouvés dans les fouilles de Resina en 1739. Herc. Er Pomr., Il, 3 et 4.

* Maison D’Inacaus ET I0. N° 24 (PL. 46). Découverte en 1836, elle prit le nom de l’une des peintures qui y ont été trouvées. En tête de son compluvium est une belle table de marbre blanc dont les pieds se terminent par des griffes. Le péristyle était soutenu par des colonnes de tuf d’un style très-sévère.

* MAISON DELL'ARGENTERIA , n° 23 (PL. A7). Cette maison doit son nom à un riche dépôt de vases d'argent qui y fut découvert. Elle avait deux entrées ouvrant chacune sur un atrium différent; le plus petit de ceux-ci était précédé par un prothyrum très-large, dont le frontispice à l'intérieur était porté par deux colonnes corinthiennes, moins espacées que les quatre semblables qui soutiennent le toit de l’atrium tétrastyle *, qui est du même genre que celui connu depuis longtemps de la maison de Championnet. Celui-ci donnait entrée à une petite pièce voûtée contenant un puits et un amas assez considérable de chaux réduite en poudre très-fine, ainsi qu'à un corridor voûté conduisant au péristyle et à un escalier montant au premier étage. Deux portes réunissaient cet aérium à l’atrium principal ; celui-ci était toscan ; son portique était garni de chéneaux en terre cuite ornés de têtes de lion se détachant sur un fond jaune avec des Amours et des rinceaux en blanc; plusieurs fragments ont été retrouvés. Dans le tablinum, dont le pavé en mosaïque est défoncé, sont peintes deux femmes ailées tenant, l’une un préféricule et un plateau, et l’autre une cassette. Le péristyle est vaste et élevé; il entoure de trois côtés un xyste au fond duquel est un grand laraire, et dont le centre est occupé par un grand bassin de 4 mètres de long sur 1",20 de large reporté vers la droite. Dans deux pièces ouvrant sur le péristyle se trouvent encore quelques peintures, un cerf poursuivi par un lion, et quatre médaillons contenant deux têtes d'homme et deux têtes de femme.

Maison p’APorLon, n° 20 (PL. 48). Cette maison est situce au pied des murailles à l'extrémité de la rue de Mercure ; on commença à la découvrir en 1811 ; on reprit les fouilles en 1835, mais elles ne furent achevées qu’en 1840. Elle doit son nom aux nombreuses peintures qu’on y à trouvées représentant Apollon, et surtout à une charmante statuette de bronze d’Apollon Hermaphrodite jouant d’une lyre

qui conserve encore quelques-unes de ses cordes d'argent‘. On entre d'abord dans un afrium toscan n'ayant point de chambres à gauche : c'est sur la muraille de ce côté qu’existe encore une figure d’Apollon, la tête radiée, et tenant dans la main droite un fouet, dans la gauche la boule du monde. Au côté droit de l’atrium sont deux pièces exhaussées de deux degrés, où se trouvent quelques restes de peintures. L'entrée du tablinum est flanquée de deux piédestaux qui portaient la statuette d'Apollon dont nous venons de parler, et en pendant un jeune Faune poursuivant une biche. Cette pièce était ornée de charmantes peintures, dont l’une représente Vénus et l’autre Adonis. Sur les autres panneaux quatre médaillons offrent des têtes de femme accompagnées chacune d'un Amour. Franchissant le fablinum, dont le fond est entièrement ouvert, on se trouve dans une cour qui ne paraît pas avoir eu de portiques et dans laquelle est une singulière fontaine de marbre blanc ; c’est une espèce de petite pyramide que surmontait une statuette d'enfant, aujourd'hui au musée, tenant sous son bras une oie dont le bec lançait un jet d’eau qui tombait sur quatre petits degrés de marbre qui forment une cascade, et de là dans plusieurs bassins contenus les uns dans les autres, et de la forme la plus bizarre et la plus inexplicable. La muraille à laquelle est adossée la fontaine est entièrement peinte ; au milieu d’un cadre de festons bachiques est une figure de Diane debout sur un piédestal au milieu d’un bassin où nagent des canards ; le bassin est dans un bocage peuplé de nombreux oiseaux ; on y reconnaît des paons, des grues, un 1bis, des poules, des perdrix, des cailles, des chouettes, etc. Dans cette cour se trouve à droite une sorte d’ala communiquant avec le xyste, et sur laquelle ouvrent quatre petites chambres dont une était pavée de beaux marbres, et une autre conservait d'assez jolies arabesques. Une porte que l’on rencontre ensuite dans la cour ouvre sur un vestibule contenant un escalier, et précédant une cuisine qui a son fourneau, son évier, un petit laraire avec la peinture ordinaire des serpents et du prêtre faisant la libation, et en avant le petit autel de pierre consacré à Fornax. Enfin, au fond de la cour est une exèdre avec un seuil d’albâtre oriental, d’une blancheur et d’une transparence merveil-

leuses, malheureusement brisé, et un pavé formé d’un assemblage des

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