C. CALVENTIVM SELLIVM II VIR. L D. VRONI VICVM
On entre dans la maison par un prothyrum pavé en mosaïque imitant des écailles, et flanqué de deux boutiques où se débitaient les pro-
duits de la fabrique. À droite de l’atrium est un triple fourneau destiné
1. Cette curicuse bourse se voit au musée, dans le cabinet des objets précieux.
à recevoir trois grandes chaudières, disposées à des niveaux différents, et auxquelles on parvenait par quelques degrés. En face est une petite ala dont le pavé est formé d’élégantes grecques en mosaïque, etau fond de l'habitation se voit un petit xyste avec un puits et un laraire, où le 12 juillet 1847 furent trouvées cinq figurines de bronze représentant l’Abondance, Hercule, deux Jupiter et une /sis. Cette maison contenait
une grande quantité de drogues carbonisées.
Fourneau.
Une seule boutique sépare cette fabrique de la
Maison DE M. Lucrerivs, dite des Suonatrici, n° 33 (PL. 81)". Cette maison, la plus importante qui ait été découverte à Pompéi depuis celle du Faune, a été déblayée du 17 mars 1847 à la fin de juin de la même année. Elle est plus remarquable par l'abondance des ornements, par quelques détails particuliers et la bizarre disposition de son xyste que par le goût qui avait présidé à sa décoration. Les peintures qu’on y a trouvées, les sculptures qui y sont restées en place sont d’un mérite très-inégal, et les pavés sont généralement peu soignés. Son plan est en forme d’équerre et renferme un terrain X occupé par une habitation indépendante, formant l’angle de la rue de l’Odéon et de la ruelle sur laquelle ouvre le posticum.
La facade présente trois boutiques ; la dernière à été convertie en corps de garde.
Après avoir franchi le seuil, on se trouve dans le prothyrum L, long
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de 5",50, large de 2",40, dont les parois offrent les peintures aujour-
1. Nous avons le premier, en 1855, donné les dessins de cette habitation si curieuse ; MM. Fausto et Felice Niccolini ont commencé à Naples la publication d’un ouvrage splendide, intitulé : LE CASE ED I MONUMENTI DI POMPEI DISEGNATI E DESCRITTI, in-f°, avec de magnifiques planches en chromolithographie. Les premières livraisons sont consacrées à la maison de Lucretius,
dont la description à été confiée à la plume aussi savante qu’exercée de M. Minervini.
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d'hui fort malades qui avaient fait donner à cette habitation le nom de maison des suonatricr, des musiciennes. On voit à droite une femme couronnée de lierre, jouant de la double flûte; un homme la suit s’appuyant sur son épaule et semblant chanceler sous le poids de l'ivresse; un jeune garçon les précède portant un flambeau allumé. De la composition qui faisait face à celle-ci, il ne reste que la partie inférieure d’une figure abaissant deux torches allumées devant deux autres personnages. Sur les mêmes murailles sont encore trois Bacchantes , l’une avec un thyrse et une coupe qui lui échappe de la main, la seconde portant une corne d’abondance, et la troisième tenant une lyre. Le pavé, qui monte
Plan de la Maison de Lucretius.
rapidement de la rue à l’atrium , est en mosaïque blanche et noire. A la gauche du prothyrum est la loge du portier 2 communiquant avec l’atrium a b cd. Celui-ci, large de 8",36 et profond de 9,7, est pavé en mosaïque, mais son compluvium, qui n’est qu'en maçonnerie grossière, dut être en réparation au moment de la destruction de Pompéi.
A droite, en entrant dans l’atrium , on voit un laraire à dont la niche élevée sur une base d’un mètre de hauteur était accompagnée de deux colonnes et richement ornée de stucs coloriés. On y trouva trois figurines de bronze parmi lesquelles un Hercule. Les murailles de l’atrium sont décorées d’architectures fantastiques animées par des Tritons, des Méréies et des Hippocampes. A droite sont deux chambres à coucher 4 et 5. Dans la première sont trois peintures, Adonis, une Néréide sur un cheval marin, et l'Education d'Achille, qui malheureusement est presque effacée; sur les autres panneaux sont peints des Gémes
‘armés. Trois peintures décoraient également la chambre 5 ; l’une presque
entièrement effacée offrait deux figures mâle et femelle; dans la seconde, on reconnaît encore Cyparisse et sa biche; la troisième représente Vénus sur un dauphin, tenant une feuille de lotus. Dans des cartels oblongs sont de petits Génies ailés jouant avec un ours, un lion, une gazelle et une panthère. Au fond de la salle , aux côtés de la peinture principale. sont deux Faunes, enfin dans le haut on voit Apollon assis, décoré des attributs de dieu de la médecine, et plusieurs figures de femmes et de génies.
A la suite de ces chambres est l’ala 6, large de 3",18 et profonde de 4",05 ; les panneaux étaient jaunes, mais par l'effet de la chaleur ils sont devenus rouges en partie, phénomène qui s’est souvent reproduit à Pompéi, mais qui ici est plus remarquable que partout ailleurst. Au milieu de ces panneaux étaient sept peintures qui ont été portées au musée ; les principales représentent un Auteur couronné de lauriers remettant à un comédien un rôle écrit sur un rouleau de papyrus, et un Auteur tragique où un Choragus donnant un masque à une actrice; les petits tableaux offraient des Amours et des Psychés ou génies femelles. L’ala est élevée d’un degré au-dessus de l’atrium; elle.communique avec le triclinium 16, que je décrirai plus tard.
A la gauche de l’atrium sont également deux chambres à coucher 7 et 8; dans la première on voyait à gauche une peinture qui à été portée au musée, et qui représente Varcisse se mirant dans une fontaine où l'Amour éleint son flambeau; sur le mur de droite on voit encore Vénus et des Amours, et au fond de la salle est un Satyre découvrant une nymphe endormie. À droite de ce sujet, dans l’angle de la chambre, est un renfoncement de 0",50 de large sur 0",40 de profondeur et 2 mètres de hauteur, au fond duquel est peint un génie. On pense que cette espèce de niche était destinée à recevoir un candélabre.
Au fond de la chambre 8 est représentée Vénus accompagnée de
1. Les parties rouges se trouvent dans le haut; on pourrait en tirer un argument à l'appui du système de ceux qui croient qu’une partie de la cendre et des lapilli qui ont couvert Pompéi fut apportée par des torrents d’eau comme à Herculanum. C’est ainsi que la partie inférieure des murailles aurait conservé sa couleur primitive, tandis que le haut aurait été rougi par les lapilli incandescents tombés en pluie, et aussi sans doute par l’incendie des toits et de l'étage supérieur. J'ai soumis à l’action du feu quelques fragments de peinture jaune ramassés en divers endroits de Pompéi, et toujours j'ai obtenu le même résultat. On sait que le feu produit le même effet sur le beau marbre connu sous le nom de jaune antique.
son génie; on y voit aussi plusieurs médaillons contenant les têles de Mars , Vénus , Jupiter et Junon. Sur la paroi de droite, entre deux génies armés, et au-dessous d’une chasse au sanglier, est Polyphème recevant une lettre des mains d’un Amour, sujet déjà connu par une peinture anciennement découverte ! ; la composition qui faisait face à celle-ci, Phryxœus et Hellé, a été portée au musée.
Les peintures de l’ala 9 sont presque effacées; on y reconnait cependant quelques figures théâtrales, et sur le mur de gauche une femme masquée, probablement Médée debout près de ses enfants. Dans celte ala se trouvent deux portes, l’une conduisant à une pièce 40 dénuée de tout ornement et qui fut sans doute une chambre d’esclave, l’autre à la cuisine 11 qui contient un fourneau, un petit four et les supports d'une table d’évier dont on voit encore le conduit. On y trouva divers ustensiles, plusieurs moules à pâtisserie et un fourneau de fer de forme cylindrique.
À côté de la cuisine sont deux autres pièces 12 et 13 dont la première, très-pelite, était une latrine, et la seconde une chambre d’esclave ou plutôt un office.
Le tablinum 15, ainsi que plusieurs autres pièces de la maison, n'est point un carré parfait; il présente au milieu de son pavé de mosaïque et d’une grecque noire sur fond blanc, un bel assemblage de marbres dont le centre est occupé par une plaque ronde de jaune antique entourée d’une guirlande en mosaïque de couleur. Les murailles
étaient ornées d’architectures , et devaient être décorées de deux grandes
compositions qui avaient déjà été enlevées, ou n’avaient pas encore été
mises en place. On voit ici la preuve que souvent les peintures étaient portatives, soit qu’elles fussent, comme celles que nous possédons, exécutées sur un enduit, soit que, comme celles dont parle Pline, elles fussent de véritables tableaux sur bois, Ilivexes, tabule, genre dans lequel s’exerçaient les plus habiles artistes ?. On croirait volontiers que les peintures qui manquent ici devaient appartenir à cette dernière catégorie dont aucun échantillon n’est parvenu jusqu'à nous; en effet, les
parois du tablinum présentent dans la maçonnerie un enfoncement carré