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2, Dans toute la Sicile nous avons vu de ces piliers carrés en pierre ou en briques sur lesquels montent d’un côté, pour redescendre de l’autre, des conduits en terre cuite. Ces appareils hydrauliques nommés giarre, et dont la destination est précisément celle que nous indiquons, passent dans le pays pour une invention des Sarrazins. On voit que c’est une erreur, puisque nous les retrouvons à Pompéi.

ménagé des évents. Or pour que l’eau ne jaillit pas par ces évents, il fallait élever leur orifice à un niveau supérieur à celui de la prise d’eau ; telle aurait été la destination de ces piliers dans lesquels on pourrait reconnaître les columnaria de Vitruve. Cette supposition est fort ingénieuse, mais elle nous semble inadmissible, car pour obtenir le résultat demandé un seul conduit eût été nécessaire, et nous avons vu que chaque pilier porte deux canaux parallèles.

On a retrouvé en plusieurs endroits le tuyau sous les trottoirs de la rue de Stabia, et plus loin nous en indiquerons un fragment qui existait encore dans un pilier du genre de celui que nous décrivons. Les tuyaux ayant probablement crevé en quelques endroits, on voit dans les rainures qui les contenaient des incrustations calcaires qui attestent le long passage de l’eau *.

Continuant la rue de la Fortune qui, à partir du carrefour, prend le nom de rue de Nola, on trouve à gauche deux boutiques fouillées en 1846 où existent plusieurs fourneaux ronds ayant contenu de grands vases de plomb.

Un peu plus loin est la

MAISON DU TAUREAU DE BRONZE (PL. 73). Cette maison, fouillée en

Entrée de la Maison du Taureau de bronze.

1837, doit son nom à un petit faureau de bronze découvert au milieu de son compluvium. L'entrée est accompagnée.de deux pilastres; sur le chapiteau de droite est représentée Érigone couronnée de pampres. La disposition de cette entrée a été longtemps sans autre exemple à Pompéi dans les habitations particulières, mais nous l'avons déjà indiquée au temple grec (page Ah). La porte A étant en arrière des piliers 2, un passage 3, , pratiqué dans la muraille à droite, permettait d'entrer dans

1. Un autre pilier du même genre à moitié dégagé existe à droite de la rue de Nola, près d’une fontaine ; son canal est entièrement incrusté.

la maison par une petite porte 5 sans ouvrir la porte principale. Cet étroit passage était fermé du côté de la rue par une porte dont on voit encore quelques ferrements.

Le compluvium de marbre blanc est un des plus beaux et des plus grands de Pompéi. Les parois de l’atrium étaient ornées de guirlandes de fleurs et de fruits; il ne reste presque plus rien de ces peintures; à la frise, qui conserve des denticules et des moulures de stuc, on voit seulement une petite composition fort effacée où figurent des nains et que terminent des masques. D’autres guirlandes en bon état au-dessus desquelles est une Léda décorent l’ala de droite. À droite du prothyrum est un sacellum avec un autel et la peinture symbolique des serpents ; enfin dans une pièce à droite sont de belles peintures d'architecture surmontées d’une corniche de stuc au-dessus de laquelle étaient des tentures suspendues à des clous qui existent encore. La partie antérieure de cette habitation est seule découverte * ; elle occupe le coin d’une ruelle de l’autre côté de laquelle, sur un mur de plus de 5 mètres de long et qu’il couvre en entier, est peint un énorme serpent s’approchant d’un autel. Au-dessus étaient plusieurs inscriptions parmi lesquelles celle-ci est

seule lisible :

M. CERRINIVM AED. CAPITO ROGAT VT FAVEAT,

« Capiton prie l’édile M. Cerrinius de lui être favorable, »

Parmi les boutiques et les maisons non encore découvertes entièrement qui bordent la rue de Nola, il en est une à droite où l’on a trouvé une peinture représentant un sujet nouveau à Pompéi, Danaé et Persée enfant; vient ensuite du même côté un prothyrum qui annonce une maison d’une certaine importance ; ses parois présentent sur fond rouge des Bacchantes terminées en gaïnes et tenant des guirlandes.

Un peu plus loin à gauche nous avions vu autrefois sculptée sur une facade une triple image phallique que nous n’avons plus retrouvée. On voit encore du même côté deux piliers isolés, en saillie sur la rue,

remarquables par leurs vives couleurs disposées en damier.

1. C’est derrière cette maison qu’eurent lieu, en 1748, les premières fouilles qui furent recouvertes au fur et à mesure.

A l'extrémité de la rue fort négligée et encombrée de débris, d'herbes et de broussailles est la

Porte DE Nora (page 238) au sortir de laquelle on trouve à droite un grand pan de muraille romaine en blocage et les

TomBEaux DÉcouvERTS EN 1854 (page 115).

Revenant sur nos pas jusqu'au carrefour de la Fortune , nous trouvons en entrant dans la rue de Stabia, au n°12, une boutique au fond de laquelle est une jolie salle, couverte d’un toit moderne, qui à conservé intacte sa voûte ornée de stucs et qui présente au centre un Dieu et un cheval marins. Sur les murs sont peints des chars traînés par des paons, des serpents et des panthères; ces compositions sont en fort triste état.

Dans la boutique n° 13 on à rencontré en 1846, à plus de 2 mètres au-dessus du sol antique, un squelette de femme avec deux grands bracelets d’or et deux d’argent, quatre boucles d'oreilles, cinq bagues, quarante-sept monnaies d’or et cent quatre-vingt-dix-sept d'argent dans une bourse tissue d’or filé sans soie *.

À l’angle d’une ruelle non déblayée entièrement sur laquelle donnent les portes de deux habitations très-délabrées est la

FABRIQUE DE PRODUITS CHIMIQUES, n° 25 (PL. 82). Sur sa facade

sont plusieurs inscriptions, parmi lesquelles celle-ci :

CN. HELVIVM SABINVM AE /DÆOMV° PR

«Je vous prie de faire édile Cneius Helvius Sabinus. »

Cette inscription est répétée sur le pilier d'angle de la ruelle voisine, et au-dessous est cette autre inscription dont les deux derniers mots, quoique parfaitement lisibles, me semblent difficiles à inter- Drelen

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