‹ PompeiaChapitre 210 sur 267 · Fiorezrr, Giornale degli scavi, 1865, p · texte numérisé non relu

Fiorezrr, Giornale degli scavi, 1865, p

neau de marbre, paraît à M. Fiorelli avoir été le magasin des denrées et des comestibles que le propriétaire faisait vendre par son dispensator, une cella penaria *.

On trouve dans l’angle la porte d’une pièce qui a perdu tous ses ornements, mais qui a conservé sa voûte; à la naissance de celle-ci était une moulure coloriée en blanc et en bleu dont il ne reste qu'un léger fragment. Sur une muraille sont des vestiges d'architecture peinte sur fond noir; au milieu du pavé était une mosaïque qui a été enlevée; cette pièce avait une large baie ouverte sur le tablinum.

Revenons au prothyrum; nous voyons à sa gauche une boutique communiquant avec l’atrium et ayant été occupée par l'esclave qui était à la fois le dispensator et l’ostiarius. À gauche de l’atrium est une porte conduisant à la cuisine éclairée par deux fenêtres sur la rue; viennent ensuite une petite chambre assez bien décorée où deux trous percés dans la muraille ont fait reconnaître que des fouilles avaient été tentées, et un cabinet renfermant un escalier en partie de bois aujourd’hui détruit. Ce cabinet avait, ainsi que l'escalier et son palier supérieur, des panneaux noirs avec quelques peintures parmi lesquelles on remarque un coq devant un plat et un écureuil rongeant un fruit.

À gauche du tablinum et communiquant avec lui et avec l'atrium est un cabinet de forme irrégulière qui pouvait servir aux audiences données par le maître de la maison à ses clients. Le {ablinum, exhaussé d'un degré de marbre et assez petit, est pavé d’une mosaïque blanche ayant au milieu un panneau formé de six morceaux carrés de jaune antique et encadré d’une bande de marbre gris et d'un enlacement en mosaique. À la muraille de gauche, près de la porte du cabinet, est peint sur fond jaune un lion poursuivant une gazelle. Au-dessus était un autre lion bien dessiné et d’assez grande proportion dont toute la partie antérieure est détruite.

Au-dessous de la large fenêtre de la pièce droite est peint en camaïeu vert un hippocampe portant un Amour. Le fond du tablinum est entièrement ouvert et indiqué seulement par un degré de marbre que

l’on monte pour entrer dans un petit xyste élégamment décoré qui rem-

1. De Penus, provisions de bouche. Varro, De linguà latinà, V. 162. FroreLur, Giornale degli scavi, 1865, p. 10.

place le péristyle. On y voit sur la muraille de droite une femme de grandeur naturelle tenant un bassin rempli d’où jaillit un jet d’eau. Sur ce mur font saillie deux piliers offrant sur fond rouge de grands autels jaunes et au-dessus des femmes nues debout ; l’une de celles-ci est assez conservée et bien dessinée.

Le fond du xyste offre un paysage où l’on reconnaît, à droite un loriot et une cigogne , et à gauche un sphinx colorié portant un bassin de marbre sur sa tête. Au centre de cette muraille est une fontaine de

nn

Fontaine de mosaïque.

mosaïque qui peut rivaliser avec celles des deux maisons de la rue de Mercure; par suite de cette absence de symétrie, qui semble en quelque sorte systématique à Pompéi, elle n’est dans l’axe ni de la porte, ni du compluvium ; ni du tablinum. C’est une grande niche d’une entière conservation couverte de mosaïques et de coquillages ; le soubassement, qui sur les piédroits est en marbre, est à l’intérieur de la niche formé de petites pierres brutes ; il est surmonté d’une embouchure de bronze trèsaplatie d’où l’eau tombait dans le bassin semi-circulaire comme la niche, mais avançant un peu devant elle et se terminant carrément. Au-dessus du soubassement est une double ligne composée de coquillages (bucardes et tritonies), puis une large frise de mosaïque où l’on voit Veptune debout appuyé sur son trident, au milieu d’oiseaux aquatiques et de poissons d’une grosseur disproportionnée. Une nouvelle rangée des mêmes

AR POMPETA.

coquillages sépare cette frise du cul-de-four où est représentée Amphitrite couchée dans une conque. À la façade de la fontaine, au-dessus du soubassement de marbre sont deux masques de mosaïque, et plus haut deux génies tenant, l’un un aplustre, pavillon carré qui flottait aux mâts des navires, l’autre une couronne et une palme. Enfin le tout est couronné par un fronton encadré de coquillages et dont le tympan présente un Triton le corps terminé par des enroulements très-compliqués.

Immédiatement à côté de la Casa dell’orso est la

* Maison DE Caprasius Primus (PL. 131), découverte en 1868‘. On a connu le nom de son propriétaire par un sceau qui a été trouvé le 16 mars dans une des chambres de l’atrium. Ce sceau rectangulaire long de 0,052 et large de 0",01 porte ces lettres D. CAP. PRI. son manche est formé d'un anneau soudé au revers ayant lui-même une sorte de chaton avec ces lettres en creux MPA.

L'entrée de la maison était primitivement accompagnée de deux boutiques occupées par le propriétaire lui-même; mais au moment de la destruction de la ville, il n’y en avait plus qu’une seule, celle de droite qui communiquait avec l’atrium; la seconde avait été partagée en deux moitiés, l’une ouvrant sur la rue et convertie en latrines publiques, l’autre ayant son entrée au côlé gauche du prothyrum et ayant été , soit une cuisine, comme le suppose E. Brizio, soit plutôt, à notre avis, une

loge de portier.

Le plan de cette maison, déjà irrégulier, l’a été rendu plus encore

par des constructions ajoutées. Après un long prothyrum aux murailles peintes en rouge, on se trouve dans l’atrium autour duquel règne un soubassement rouge où sont peints des griffons et des paysages. Au milieu du beau compluvium de marbre blanc est un piédouche cannelé de jaune antique qui dut porter une table du centre de laquelle sortait un jet d’eau.

Le côté droit de l’atrium est formé d’une grande muraille sans aucune ouverture; le côté gauche est envahi par deux grandes chambres bâties après coup, détruisant toute symétrie et séparées par une sorte

d’ala sur laquelle toutes deux ont leur entrée.

4. V. la description de cette maison par M. E. Brizio, dans le Giornale degli scavi, nuova serie, 1868, p. 90.

La première de ces pièces est éclairée par une fenêtre ouverte sur l’atrium ; ses murailles de stuc blanc sont décorées de candélabres peints en couleur d’or. La seconde chambre a trois portes, l’une sur lala, l’autre sur l’atrium et la troisième sur une grande pièce qui fut un friclinium éclairé par une fenêtre sur le xyste. Gette pièce, la mieux conservée de la maison, garde encore un fragment de la corniche coloriée où sa voûte prenait naissance, et sur ses murailles à panneaux jaunes, rouges et blancs des figures de femmes paraissant représenter l'Eté et l’Hiver : les deux autres saisons sont effacées.

Une seconde porte du triclinium est ouverte sur les fauces qui conduisent au xyste situé à gauche et au fond duquel sont déposés quatre dolia, ainsi qu’à plusieurs chambres qui lui font face,

*La maison mitoyenne (PL. 132) a été également fouillée en 1868 ; elle n’offre rien de remarquable”.

Un groupe de deux maisons communiquant entre elles et s’étendant sur la rue de Stabia, depuis la rue des Augustals, presque jusqu'à la Via del Panatico, a recu le nom de

Maison DE Paquius Procurus (PL. 1433). Ces habitations ont été fouillées en 1868.

La première maison, située au coin de la rue des Augustals, juste en face des fouilles faites devant Pie IX, porte sur la rue de Stabia le n° 38. Sur le mur de gauche de son prothyrum fort large et sans ornements, comme tout le reste de cette habitation, on put lire en lettres rouges cette inscription qui n'existe plus, mais qui fit connaître en partie le nom du propriétaire : :

PROCULE FRONTONI TVO OFFICIVM COMMODA.

« Proculus, rends service à ton ami Fronton 2.»

Mais deux Proculus figuraient déja dans les inscriptions pompéiennes , P. Paquius Proculus* et A. Postumius Proculus; duquel s'agissait-il ici? c’est ce que décida un mot gravé à la pointe sur une colonne de l’atrium, le nom de PAQVTA, fille de Paquius. Il est

4. E. Brizio, Giornale degli scavi, nuova serie, 1868, p. 91.

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