‹ PompeiaChapitre 212 sur 267 · Bull. Arch. Nap., n. s., t. Il, p · texte numérisé non relu

Bull. Arch. Nap., n. s., t. Il, p

2, Notice sur la maison de Paquius Proculus, Giorn. degli scavi, 1868, p. 97. 3. Voici cette inscription qu’on nous permettra de ne pas traduire; si elle n’est guère convenable, au moins n'’était-elle pas déplacée :

SECVNDVS

HIC CACAT.

Dans la chambre suivante furent trouvées deux très-curieuses peintures sur verre, de 0,15 sur 0",11, malheureusement en morceaux, représentant des Amours, et conservant des traces de dorures. Les trois autres pièces n’ont offert aucune particularité. intéressante.

Le côté droit de l’atrium présente également plusieurs ouvertures ; la première et la troisième sont les portes de deux pièces aux murailles grossières et sans revêtement; un petit mur se trouve au fond de chacune d'elles, et cette disposition nous porte à croire que là étaient les écuries des bêtes de somme employées aux moulins. Entre elles est le corridor, communiquant avec la maison voisine ; mais M. G. de Petra a remarqué que telle n’était pas sa destination primitive. On reconnait en effet qu'après le premier tiers, qui ne fut d’abord qu’une réserve , une apotheca , le passage était fermé par un mur qui fut abattu lorsqu’on voulut réunir les deux propriétés. La quatrième salle était le pétrin, ainsi que le démontrent cinq massifs de maçonnerie qui portaient les tables de bois sur lesquelles on manipulait la pâte, et la présence de divers récipients destinés à contenir l’eau nécessaire à cette opération. Une baie ouverte sur le fournil, le præfurnium, permettait de passer directement les pains au furnacator chargé de les enfourner.

Au fond de l’atrium, et à la place qu’eût occupée le fablinum , est une large porte qui conduisait à la boulangerie renfermant le four, le magasin à farine et cinq moulins. Trois de ceux-ci sont entiers; du quatrième il ne reste que la base en maçonnerie, et du cinquième cette même base surmontée de la partie conique sur laquelle tourne Île corps du moulin, le Catllus. On voit aussi, dans cette enceinte, plusieurs réservoirs en maçonnerie et un puits que fermait un couvercle; il reste peu de traces de la peinture des dieux Lares, qui existait ordinairement dans les boulangeries.

inrichi sans doute dans son commerce et se voyant élevé à une magistrature municipale, Paquius Proculus sentit la nécessité d’adjoindre à son établissement une habitation un peu plus en rapport avec sa nouvelle position ; ce fut alors qu'il dut acheter la maison voisine et percer la communication dont nous avons parlé.

Cette seconde maison, qui avait sa véritable entrée par une boutique n° 32 faisant face à la porte de la maison de Lucretius, est encore

assez modeste, bien que plus ornée que la précédente, et elle conserve

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quelques-unes de ses peintures. La première chambre à droite de l'atrium est un cubiculum, ayant son soubassement rouge avec des plantes aquatiques, et ses murailles blanches avec des candélabres, des cygnes, des grifflons et des oiseaux surmontées d’une corniche de stuc colorié. Vient ensuite une petite ala, où l’on voit une Victoire ailée, sur fond jaune, portant un trophée. M. G. de Petra croit que la pièce suivante était destinée à tenir lieu de tablinum; nous pensons qu’on ne doit y voir autre chose que la chambre à coucher du maitre. Sa décoration est analogue à celle de la première chambre, mais un peu plus riche ; on y voit sur les paroïs un Homme ailé avec un carquois, et

une Femme nue lenant une corne d’abondance et une corbeille de fleurs.

D LLAS a TN

P. Proculus et sa femme.

Au fond étaient deux peintures, qui ont été portées au musée; l’une représente l'Amour el Psyché; l’autre, placée au-dessous, excita une certaine curiosité au moment de sa découverte en août 1868, parce qu'on la regarda comme présentant les premiers véritables portraits trouvés à Pompéi. On y voit le buste d’une jeune femme tenant de la main gauche des tablettes et de la droite un style, dont elle appuie la

pointe contre ses lèvres en paraissant réfléchir à ce qu’elle va écrire.

Telle Ovide nous peint Biblis méditant sa lettre à Caunus *. Derrière elle est son mari, revêtu de la toge magistrale, tenant un rouleau, un volumen auquel pend son titre, éitulus, et sur l'extrémité duquel il appuie son menton. Sa figure assez commune répond bien à l’idée qu'on peut se faire de ce boulanger devenu duumovir.

Au fond de l’atrium est le tablinum, grande pièce sur laquelle à été pris un corridor conduisant à une cuisine sans fenêtre, qui ne pouvait recevoir l’air et le jour que par le toit et la porte. Le corridor et le tablinum ont la même décoration, des médaillons sur fond jaune où l’on voit de petits génies, Hélène, Pâris avec un Amour qui lui parle à l'oreille, un jeune guerrier avec une lance, et, en pendant, une jeune femme, sans doute Méléagre et Atalante.

Dans la salle, à droite du corridor, le triclinium, est un petit génie entre deux médaillons d'homme et de femme, et en retour, à droite, sont deux autres génies presque effacés.

Cette pièce ouvrait, par une large fenêtre percée sans doute au moyen d’une servitude, jus luminum, acquise par Proculus, sur une troisième maison qui avait pour entrée une boutique ou un très-large prothyrum, portant sur la rue de Stabia le n° 24. Après avoir franchi ce passage, qui comme les boutiques se fermait par des volets, on se trouve dans un péristyle qui n'avait de portiques que de trois côtés, chacun d’eux étant soutenu par quatre colonnes. Là sont dix fourneaux et des jarres de terre cuite qui semblent indiquer une teinturerie, une fullonica.

Cette dernière maison est suivie, jusqu’à la Via del Panatico, de plusieurs boutiques (PL. 122) fouillées en 1866.

* De l’autre côté de la rue de Stabia, au coin d’une ruelle non explorée qui fait suite à la rue des Augustals, sont plusieurs boutiques (Pc. 80), qui ont été fouillées le 22 octobre 1849 devant le pape Pie IX ; elles n’offrent plus rien d’intéressant, mais on y a trouvé un assez grand nombre d'objets curieux parmi lesquels plusieurs vases de

1. «Elle tient de la main droite le style de fer et de l’autre la tablette de cire encore vierge. »

Dextra tenet ferrum, vacuam tenet allera ceram. Métam., L. IX, v. 520.

Une autre peinture de Pompéi avait déjà offert une jeune femme dans une pose identique. Voy. Herc. ET Pome., Il, pl. 138.

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verre, un strigile, des fragments de vitre, un petit sanglier de bronze, deux couteaux de fer, un petit vase en terre cuite, un bassin ovale à deux anses et plusieurs autres vases dont une chaudière en bronze, une pelle, une pioche et un levier de fer, enfin un bas-relief de marbre de travail grec que l’on croit représenter Alexandre domptant Bucéphale ‘.

Un peu au delà de la ruelle est la

* MAISON DE L'ARCHIDUG DE Toscane (PL. 79). Elle ne présente encore que trois boutiques, n° 47, 48 et 49, qui furent déblayées en 18951 en présence du fils aîné du grand-duc Léopold 11; elles étaient occupées par une fabrique de couleurs qui y ont été trouvées en trèsgrande quantité avec les moulins qui servaient à les broyer; ceux-ci sont plus petits, mais absolument de la même forme que les moulins à farine. Par l'analyse des couleurs, on à reconnu qu’elles contenaient une quantité notable de résine destinée à les fixer à l’aide du feu; ainsi a été connu le procédé employé par les anciens, et que jusqu'alors on avait cru être l’encaustique ?. Dans ces boutiques, on à découvert aussi de la résine pure, du pain, du levain, un grand morceau de bois carbonisé *, enfin quatorze squelettes.

Rentrant dans la rue des Augustals, on trouve au coin de gauche, n° 25, une

BouLANGERIE (PL. 134), appelée la Casa del forno *, et découverte en 1866. À sa muraille, sur la rue de Stabia, est adossée une fontaine surmontée d’une tête de femme grossièrement sculptée, qu'une colombe seule fait reconnaître pour Vénus.

Cette boulangerie est plus élégante qu'aucune de celles découvertes jusqu'ici, et son aspect est plutôt celui de la demeure de quelque citoyen aisé. Le prothyrum est large et bien décoré. Au milieu de l'atrèum est un compluvium carré en maçonnerie d’une forme exceptionnelle, car ses bords n’ont pas moins de 0",80 de hauteur au-dessus du sol; l’eau y était amenée par un tuyau de plomb encore visible. A

1. Le roi de Naples ayant fait présent de ces divers objets à PieIX, ils sont aujourd’hui réunis dans une même vitrine au musée Grégorien du Vatican.

2, L’encaustique était aussi en usage, mais seulement sans doute pour les tableaux et non pour les peintures de simple décoration.

3. Tous ces objets sont déposés au musée dans le cabinet des objets précieux.

4. Cette boulangerie est décrite par Dyer (PomPeu, p. 473), sous le nom de maison de Modeste; sur la muraille était en effet tracé en lettres rouges le mot MODESTVM.

gauche est un grand puteal de terre cuite raccommodé avec des attaches de plomb à queue d'aronde.

À droite du prothyrum est l'entrée de la boutique où le pain était débité , et, à gauche, une très-grande pièce sans ornements, qui püt être le magasin à farine, si elle ne fût pas plutôt l’écurie des bêtes de somme qui tournaient les meules.

Le côté droit de l’atrium présente, entre deux petites chambres sans ornements, une ala avec une table à un seul pied, monopodium. En face, après une assez jolie chambre renfermant un petit laraire est une grande pièce que nous croyons avoir été le dépôt des pains à leur sortie du four; on y voit en effet plusieurs massifs de maçonnerie qui ont pu servir de table, et dans un coin gît à terre un petit moulin. Sur la muraille sont les restes d'une peinture bien dessinée représentant Bacchus et quatre de ses suivants.

Au fond de l’atrium est une cour spacieuse qui fut la boulangerie proprement dite. On voit un grand four bien conservé où furent trouvés

plus de 80 pains carbonisés, mais entiers, une énorme jarre où l’eau était amenée par un tuyau, et plusieurs moulins de diverses grandeurs. Ces moulins ne sont pas de même forme que ceux que nous avons vus jusqu'ici ; ils sont beaucoup plus bas et leur partie supérieure n’a pas plus de 0",46 de hauteur sur un mètre de diamètre.

À gauche de cette partie de l’établissement sont des latrines bien caractérisées.

En sortant de la Casa del forno, on voit déposés dans la rue sur le trottoir en face, deux de ces cônes de lave qui formaient la partie inférieure des moulins.

* A la suite de la boulangerie est un beau Thermopole avec un petit

laraire derrière le comptoir et une cave où l'on descendait par une trappe.

Plus loin, au coin de la rue des Augustals et de la Via del Lupanare , est la

Maison DU GOUVERNAIL ET DU TRIDENT, dite aussi DE VÉNUS ET DE Mars! (PL. 135), fouillée en 1861.

À l’angle de cette maison, avec l’intérieur de laquelle elle communique, est une boutique dont une inscription, tracée en grandes lettres sur sa muraille blanche, à filets rouges, a fait connaître le nom présumé de celui qui l'occupait, un certain M. Nonius Campanus, soldat de la Ix° cohorte prétorienne. Cette boutique était entièrement ouverte des deux côtés, n'ayant à l’angle qu’un simple pilier. Le seuil sur la rue des Augustals était en bois et n'existe plus ; celui sur la rue du Lupanar est en pierre , et la clôture en bois qui le surmontait avait laissé dans les cendres une empreinte assez nette pour que M. Fiorelli ait pu la faire mouler en plâtre.

Le pavé est composé de petits fragments de marbre noyés dans le ciment. Au milieu de la boutique est une grande table de pierre sur laquelle des instruments de fer ont laissé des traces de rouille. On avait d'abord cru reconnaître ici une boucherie, mais d’après la forme des outils qui y ont été trouvés, surtout celle de l’un de ces couteaux en forme de croissants aiguisés à l’extérieur, encore employés pour amincir et parer le cuir et que l’on nomme couteaux à doler, nous pensons avec Fiorelli et Overbeck que c'était l'atelier d’un corroyeur ou d’un cordonnier. On trouva en outre dans cette boutique les fragments d’une balance et de deux serrures, les charnières et les ornements en os et en métal de deux cassettes de bois, deux petites monnaies d’argent et huit de bronze, quelques vases de verre et un grand nombre de morceaux de terre cuite dont cent quatre petits couvercles paraissant avoir été apportés par les eaux d’une boutique de potier située de l’autre côté de la rue.

Venons à la maison même qui était fermée par une porte à deux battants dont le seuil de travertin conserve encore les crapaudines de

1. Cette maison a été soigneusement décrite par M. Fiorelli dans le Giornale degli scavi, 1862, p. 89 et suiv

bronze. Le pavé du prothyrum présente en mosaïque un gouvernal et un trident entre deux dauphins. Ces attributs sont exécutés en noir sur fond blanc, mais sur le gouvernail est perché un martin-pêcheur en mosaïque de couleur. Séparé par une bande noire est un hippocampe et au-dessus, sur une frise transversale est représentée en noir une porte de ville flanquée de courtines et de deux tours crénelées; enfin au-dessus des murailles sont dans le champ deux objets en mosaïque de couleur qui paraissent être deux des coquillages nommés cyprées ou porcelaines. Les murailles, peintes en rouge et partagées en panneaux par des lignes jaunes, présentent dans le haut des architectures fantastiques, des crotales, des dauphins et des rhytons. Le soubassement est noir, entouré de méandres et orné de bouquets de plantes.

L'atrium assez vaste est tout entier pavé en mosaïque noire semée dé morceaux irréguliers de marbres de diverses couleurs; ce fond est entouré d’une large bande de mosaïque blanche. Une bande un peu plus étroite encadre le compluvium de lave en tête duquel est une embouchure de citerne en marbre blanc avec son couvercle qu'on soulevait au moyen d’un anneau de fer. Deux piliers de briques placés en dehors de l’axe du compluvium paraissent avoir porté une table qui sans doute n’était que de bois, puisqu'elle n’a pas été retrouvée.

En entrant dans l’atrium on trouve de suite à droite du prothyrum la loge du portier communiquant avec la boutique que nous avons décrite.

Au côté droit du portique se présente d’abord une chambre à panneaux rouges au milieu desquels on distingue encore des griflons et des groupes de vases fort effacés. Le soubassement noir avec encadrements rouges et jaunes était orné de plantes aquatiques. Le pavé en opus signinum est semé de petits cubes de marbre blanc qui, par une singulière économie, n'existent pas dans l'emplacement qu’occupait le lit.

Sur le trumeau qui sépare cette pièce de la suivante, est un grand médaillon d’une parfaite conservation due à un encaustique qui y fut appliqué au moment même de sa découverte ‘; il renferme deux bustes

presque de grandeur naturelle, qui ont fait donner à cette habitation le

4. « Sans cette précaution, dit Fiorelli, les couleurs de ces peintures s’altèrent rapidement le cinabre et le vermillon spécialement deviènnent noirs par l’exposition à la lumière.

nom de maison de Mars et de Vénus, bien qu’à notre avis rien ne ressemble moins à ces deux divinités. J’ai peine à reconnaître Vénus dans cette jeune matrone pudiquement voilée, encore moins Mars dans ce jeune homme imberbe qui ressemblerait plus à Adonis qu’au dieu de la guerre, si, outre sa lance, il n’était aussi armé d’une épée. Nous croyons que cette peinture représente simplement Hector et Andromaque, Achille

et Déidamie ou tout autre jeune guerrier quittant sa femme pour courir

au combat. Nous avons donc pensé devoir avec Dyer préférer la première dénomination de maison du Gouvernail et du Trident, d'autant plus qu'il existait déjà à Pompéi une autre maison connue sous celle de Vénus et de Mars.

Cette peinture se trouve sur un panneau rouge, tandis que les murailles de l’atrium sont jaunes et n’offrent qu’un petit Amour et des Nymphes légèrement drapées, tenant des sphères, des lyres, des armes et des corbeilles. Le haut des murailles présente des architectures et des ornements sur fond blanc.

La seconde chambre à droite de latrium, également peinte en jaune, a conservé des vestiges d’architecture et de petits Amours tenant des lyres, des rhytons, des épées, des sphères et autres objets. Le pavé est en opus signinum semé de petits morceaux de marbre.

L'ala de droite a pour décoration des architectures fort simples peintes sur fond blanc; au soubassement rouge sont représentés des iris. Le pavé est une mosaïque noire ayant au milieu un carré blanc et noir avec encadrement blanc. Le seuil présente, sur fond blanc, des rinceaux en couleur entremêlés de fleurs et d'oiseaux. Sur le sol étaient dispersés un anneau, une serrure et deux anses de bronze, ayant appartenu à quelque caisse de bois, un petit vase à parfum en verre, une lanterne en terre cuite, quelques vases, enfin les cornes d’un jeune taureau qui probablement étaient suspendues à la muraille comme préservatif contre le fascinum, le mauvais sort, la jettatura.

À droite du tablinum est une grande pièce ayant une porte sur le péristyle ; son pavé en opus signinum est divisé par des lignes de cubes blancs. Les quatre parois présentent des figures terminées en gaînes de femmes demi-nues et d'hommes vêtus, de grandeur naturelle, soutenant des guirlandes. Ces figures étaient d’un grand style et il est bien

à regretter que plusieurs soient entièrement détruites et que pas une ne

RE

soit intacte. Au-dessus étaient plusieurs petits sujets dont deux seulement étaient reconnaissables, une Femme montée sur un âne et jouant d’une espèce de harpe et une Danse orgiaque devant un hermès de Priape.

Le tablinum, qui occupe sa place ordinaire, est ouvert au fond gur le péristyle ; il a un beau pavé de mosaïque malheureusement un peu enfoncé offrant au milieu une riche rosace sur fond noir. Le seuil en mosaïque de couleur est vraiment magnifique; il présente dans trois ovales un ornement qui paraît être un foudre. Les murailles portaient sur des panneaux rouges séparés par des colonnes blanches des petites figures, des fruits, des poissons et des paysages qui ont disparu. On trouva dans cette pièce un petit groupe d’une exécution médiocre représentant l'Amour et Psyché.

Revenons au prothyrum , nous verrons à sa gauche une chambre dont les peintures n'existent plus. On y découvrit le pied d’un candélabre, quatre monnaies et cinq petits anneaux de bronze, cinq petits vases de verre, un grand vase à huile en terre cuite, quelques fragments d’un fuseau en os et quatre morceaux de pâte de verre colorée.

Dans l'angle de l’atrium de ce côté est une singulière niche ménagée dans l'épaisseur de la muraille ; on n’y pouvait passer le bras que par une fente ouverte dans le tableau de la première porte à gauche ; cette disposition unique à Pompéi semble indiquer une cachette destinée à receler des objets précieux. Le devant étant en partie détruit, on peut voir l'intérieur que l’on est fort étonné de voir décoré de peintures.

Cette première pièce à gauche de l’atrium est grande, maïs sans aucun ornement. De là partait un corridor en plan incliné conduisant dans la cave qui est très-vaste et règne sous trois côtés du péristyle. Les deux côtés de la cave, en face et à droite de l’escalier, sont de longs corridors voûtés semblables à ceux de la villa de Diomède, mais le troisième côté, parallèle à la rue du Lupanar, est formé de plusieurs berceaux de voûte séparés.

La galerie faisant face à l’escalier conduit directement à l'auberge de l’Éléphant que nous visiterons bientôt et qui se trouve à un plan inférieur, la rue du Lupanar où est sa façade descendant depuis la rue des Augustals.

Remontant à l’atrium on voit à gauche une seconde chambre petite

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et ne conservant pas de trace des sujets qui étaient peints sur ses murailles et son soubassement rouges.

A la place de l’ala qui n'existe pas de ce côté sont deux petits réduits avec des seuils de marbres divers qui ne paraissent pas avoir été faits pour cette place. Les murailles portent l'indication de tablettes où l'on déposait les comestibles et les divers ustensiles d'usage domestique.

Avant de quitter l’atrium, rappelons que beaucoup d'objets divers y furent trouvés; les principaux sont un vase de bronze à manche, une mesure pour les liquides, deux patères, un vase de verre de forme carrée, une pelite bouteille dite ampulla, deux lampes et un petit vase de terre cuite, deux lames de couteaux en fer, un poids de marbre, quelques ornements en os d’une cassette de bois, deux yeux d’émail devant provenir de quelque statue de bronze, deux strigiles , l’un de bronze, l’autre de fer suspendus à un même anneau, cinq as doubles, dupondia, de l’époque impériale, trois vases à parfums, unguentaria, de verre, beaucoup de fragments de tôle, enfin trois de ces tubes d’os percés de trous qu’on à pris longtemps pour des morceaux de flûtes et qui sont crus aujourd’hui n’être autre chose que des charnières de coffre.

En sortant dans les fauces , situés à gauche du tablinum, on trouve de suite l’entrée de la cuisine où l’on voit, outre le fourneau et la peinture effacée des dieux Lares, la bouche de l'hypocauste d'un petit bain auquel conduisent quatre degrés. Du second de ceux-ci partait un escalier de bois conduisant à l'étage.

Le bain se compose de deux petites pièces carrées portées par des suspensuræ et pavées en mosaïque. La première, la plus petite n'ayant que 2,40 sur 1",24, a une lucarne ouverte sur le péristyle; elle dut être une sorte de tepidarium où la chaleur arrivait du caldarium par un trou de 0",18 de diamètre, percé à 1",60 du sol; les murailles peintes en jaune sont ornées de guirlandes vertes et rouges.

Le caldarium, long de 2",88 sur 2",25, ne forme point un carré régulier, l’un de ses angles étant aigu; il a ses parois isolées par des tuyaux creux rendant directement la chaleur de l’hypocauste. Ces murailles ont des panneaux peints de toutes couleurs. Les deux pièces sont voütées et pavées en mosaïque blanche et noire.

En descendant du bain, on entre dans le péristyle qui est vaste et

de forme trapézoïdale, ses angles N.-E. et S.-E. étant droits, l’angle S.-0. obtus, et l’angle N.-0. aigu. Il est entouré de 13 colonnes et de deux pillers avec colonnes engagées; ces deux derniers se trouvent devant le fablinum. Les colonnes du côté oriental sont réunies par un pluteus peint en rouge avec des plantes aquatiques du côté de l’intérieur des portiques. Dans l’area sont trois petits hermès; l’un a la tête brisée ; le second est une Ariane et le troisième a une double face de Bacchus jeune et vieux. On trouva aussi dans l’area des débris d’arbustes carbonisés.

Sous la galerie régnant derrière le tablinum sont déposés deux pieds de table différents, l’un en marbre blanc et cannelé en spirale est auprès de sa table qui est carrée; l’autre très-haut et en granit noir a un pied triangulaire qui rappelle ceux des guéridons à la mode sous Napoléon I“; peut-être au lieu d’une table portait-il un vase ou un candélabre.

À terre gît une inscription brisée en cinq morceaux; trois étaient employés comme matériaux au seuil du corridor, et les deux autres furent trouvés dans deux endroits différents du péristyle. Plusieurs lettres étaient à moitié effacées, cependant l'inscription à pu être rétablie ainsi par MM. Schône‘ et Giovanni de Petra ?.

CVSPIVS T. F. M. LOREIVS.M: FE.

DVO VIR. D. D. S. MVRVM ET PLVMAM FAC. COER. EIDEMQ. PR.

« Cuspius, fils de Titus, Marcus Loreius, fils de Marcus, duumvirs, ont fait faire le mur et son revêtement (?) par décret des décurions et ceux-ci ont approuvé ce travail. »

Le péristyle n’a pas de pièces à droite, mais à gauche sont une très-grande exèdre et plusieurs autres salles ruinées. Dans la dernière qui fut le riclinium est un buffet à deux gradins en maçonnerie. Enfin, le côté sud du péristyle est une terrasse régnant sur une partie des salles de l’auberge de l'Éléphant, qui, comme nous l’avons dit, se trouve en contre-bas.

Revenant à la rue des Augustals, on y voit à l’autre angle de la

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