Pour. Ant. Hisr., I
dieux des oreilles pour entendre les prières n’est pas sans autre exemple ; j'ai publié moi-même un autel de la Bonne-Déesse conservé au musée d'Arles et où se retrouvent ces mêmes oreilles symboliques ‘.
Revenant à la façade du sanctuaire, on trouve en avant un autel isolé r sur lequel étaient consumées les victimes, dont on a trouvé les ossements mêlés aux cendres. Cet autel n’est point placé dans l’axe du sanctuaire, mais vers la gauche, soit pour laisser plus de développement aux pompes sacrées, soit pour faciliter l'accomplissement de certains rites religieux. À droite et faisant pendant à l’autel est un puits antique qui se trouve aujourd’hui servir de regard au canal du Sarno, creusé par Dominique Fontana. A l’époque de son déblayement, il était rempli de cendres noires paraissant provenir de fruits carbonisés?. Ce puits pourrait bien n'avoir été qu’un simple trou destiné, comme l'enceinte qui fait face au temple grec, à recevoir les cendres des sacrifices.
Dans l’angle de l’area, près de l’autel r, s’élève une édicule à découverte un peu avant le sanctuaire; elle renferme un escalier qui conduit à une petite cave dans laquelle Bonnucci croit reconnaître un bain destiné à la purification des initiés, un purgatorium. Les murs de l’édicule sont ornés de pilastres recouverts d’élégants bas-reliefs en stuc conservant des traces de peinture; celles de ces sculptures qui subsistent encore représentent des initiés en adoration, Mars, Vénus et des Amours, Mercure el une nymphe, des dauphins et des génies, etc. La corniche était surmontée d'antéfixes de terre cuite représentant des masques exécutés avec beaucoup d'art; un seul à échappé à la destruction.
Dans l’angle b de la cour est un petit autel. De ce côté b c est une très-grande salle / placée derrière le sanctuaire et dans laquelle on entre par cinq arcades; elle paraît avoir été le lieu où se célébraient les mystères et où pénétraient les seuls initiés. Cette Supposition est confirmée par les peintures qui la décoraient, et qui, toutes, étaient relatives au culte d’Isis. Les principales ont été sciées et transportées au Musée; on y a reconnu la déesse avec le sistre, Anubis, plusieurs prétres tenant des palmes et des épis, des Ubœus ou serpents à coiffe (Vaja haje), des ibis, des hippopotames, des fleurs de lotus, etc. C’est aussi du temple d'Isis
1. INTRODUCTION A L'HISTOIRE DE FRANCE, pl. 30. In-fo, Paris , 1838. 2. Poup. ANT. Hisr., I, 182.
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que proviennent une superbe coupe de bronze incrustée d'argent, de 0",85 de diamètre, reposant sur un pied de marbre; un admirable trépied de bronze, soutenu par des sphinx, l’un des plus précieux ornements du Musée; enfin une petite figure accroupie de porcelaine verdâtre, les mains et les bras appuyés sur les genoux et le corps couvert d’une légère draperie.
A la suite de la salle / est un passage u communiquant au théâtre. . Du côté de l’enceinte, adossées à ce théâtre, se trouvent plusieurs chambres m auxquelles on arrivait par des portes ouvertes sous le portique. L'une d’elles, qui a une entrée sur une ruelle conduisant de la rue du Temple d’Isis au théâtre, était la cuisine des prêtres d'Isis. Sur ses fourneaux étaient encore des. œufs et des arêtes de poisson. Derrière cette cuisine est un escalier sur lequel furent trouvés couchés les squelettes de plusieurs prêtres, qui périrent dans leur fuite retardée peut-être par le regret d'abandonner le sanctuaire de leur déesse. La pièce voisine de la cuisine, avec laquelle elle communique, était sans doute le réfectoire, car on y trouva une table de marbre sous laquelle étaient des os de poulet; près d'elle étaient d’autres chambres destinées à l’habitation. Dans la plus grande de ces chambres, celle attenant au réfectoire, on trouva un malheureux qui, renfermé au moment de la catastrophe, avait commencé, à l’aide d’une barre de fer, à percer une muraille,
‘mais avait péri étouffé avant d'avoir pu mener à fin son entreprise, dont
on voit encore les traces.
« Non loin de là, dit Dyer, à l'extrémité de la rue de la Fontaine d'Abondance, a été trouvé un autre squelette que l’on suppose être aussi celui d'un prêtre d’Isis; il était couvert de pierres ponces et autres matières volcaniques; sa main, aujourd'hui au Musée, tient encore les débris d’un sac de toile grossière qui contenait 360 monnaies d’argent, 42 de cuivre et 6 d'or ; près de lui étaient plusieurs figures appartenant au culte d’Isis, une petite fourchette d'argent, des coupes, des patères en or et en argent, un camée représentant un satyre jouant du tambourin, un anneau orné de pierres et des vases de cuivre et de bronze. »
Enfin, dans une maison voisine du temple, on a trouvé deux sistres de bronze qui sont également au Musée.