C. CORNELIO RVFO
Ce Cornelius Rufus fut probablement un des ancêtres du propriétaire plutôt que le propriétaire lui-même.
Le lablinum est entièrement ouvert sur le-péristyle comme sur l’atrium. Sa muraille de gauche, hors d’aplomb comme plusieurs autres de cette habitation, a été retenue par des tirants en fer. Sur cette muraille ainsi que sur celle qui fait face sont deux peintures aujourd'hui méconnaissables. On à recueilli dans cette pièce une plaque de serrure en bronze, un bouton de porte, une monnaie de grand module trèsoxydée et indéchiffrable, et enfin une cassolette à parfums, petite boîte de bronze avec un couvercle à charnières et percé au milieu.
La pièce à droite du tablinum était une chambre à coucher ainsi que l'indique l’entaille pour le lit; le pavé est un remarquable assemblage de beaux marbres parmi lesquels domine le jaune antique.
La pièce à gauche du tablinum, qui est plus grande et que nous supposons avoir été le triclinium, conserve deux peintures dont les sujets sont reconnaissables, d’un côté Péris assis près d'Hélène, de l’autre Anchise déjà chargé de ses pénates conseillant la fuite à Enée. On a recueilli dans celte salle sept jolis bracelets de bronze et une lampe et une tasse de terre cuite.
Le péristyle est fort beau et entouré de 18 colonnes, 4 par côté en largeur et 7 en profondeur, en comptant deux fois les colonnes d'angle; ces colonnes doriques et sans bases ont le premier tiers de leur fût polygonal, et leur partie supérieure cannelée. À gauche, entre la seconde et la troisième colonne, est un puleal; au fond de l’area est
un petit bassin de marbre qui avait son jet d’eau comme celui de
l’atrium.
Cette habitation généralement fort ruinée, dont presque tous les stucs et les peintures sont tombés et qui probablement avait été déjà fouillée à en juger par le très-petit nombre d'objets qu’on y a trouvés, paraît
avoir communiqué par un escalier aujourd’hui détruit avec des salles
et des boutiques placées à un-plan inférieur et ayant leurs portes sur la rue du temple d’Isis, en face du temple lui-même.
Ainsi que nous l’avons dit, le côté de la rue des Holconius opposé aux maisons que nous venons de décrire est occupé en entier par les
Nouveaux BAINS (PL. Y), page 161.
Devant eux, presque au coin de la rue de Stabia, est une base de
marbre (PL. 157), sur laquelle on lit celte inscription :
M. HOLCONIO M. F. RVFO PRIB: MibeA-POPYL. [IP VERT D: V:
QVINQ. ITER.
AVGVSTI CAESARIS SACERDO. PATRONO COLONIAE.
« À Marcus Holconius Rufus, fils de Marcus, tribun des soldats nommé par le peuple, cinq fois duumvir chargé de rendre la justice, deux fois quinquennal, prêtre d'Auguste César et patron de la colonie. »
En effet, la statue en marbre de ce magistrat, dont le nom se rattache à presque tous les édifices publics de Pompéi, a été trouvée brisée sur le sol, le 22 juin 1853 *, et sa restauration a été confiée à l'habile sculpteur Cali. La tête avait été rapportée sur un torse qui avait évidemment appartenu à quelque statue impériale. La cuirasse est d’un travail bien supérieur dans la plupart de ses parties, mais quelques autres, provenant sans doute d’une restauration contemporaine du changement de tête, sont, comme celle-ci, l’œuvre d’un artiste plus que médiocre. Au moment de la découverte de cette figure, les chairs ainsi que quelques parties de l’ajustement conservaient encore des traces très-visibles de peinture. Près de là fut trouvée une assez belle tête de femme aujourd'hui déposée dans le temple de Mercure. Trois autres piédestaux existent à l'entrée de cette rue, mais veufs de leurs statues et privés de leur revêtement de marbre.
Sous la rue des Holconius règne un grand égout dont l’entrée, s’élevant au-dessus du pavé de la rue de Stabia, fait face à la Via della casina dell'aquila ; lorsqu'on le déblaya le 14 juillet 1856, on y trouva quelques débris d’ustensiles de bronze et un certain nombre de monnaies très-oxydées.