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Powrert, p

POMPEÏTA.

Au centre de l’area e f g h s'élève un grand autel de marbre blanc #, haut de 1",50 environ, dont la face offre un beau bas-relief représentant un sacrifice. Le sacrifiant couronné paraît être un magistrat, et on a trouvé qu'il avait quelque ressemblance avec Cicéron. La

victime est conduite à l'autel par le pope ou sacrificateur, nu jusqu’à la ceinture et portant sur l’épaule le malleus, l'énorme marteau employé encore dans les abattoirs modernes. Des instruments sacrés, tels que le lituus où bâton augural, l’acerra, cassette à parfums, le mantile, espèce de serviette, le simpulum, le perfericulum et la patère, vases employés dans les sacrifices, sont représentés sur les côtés de l’autel et surmontés de guirlandes suspendues à des bucränes ‘; enfin sur la face postérieure

se voit une couronne de chêne entre deux oliviers. Plus loin est le podium

qui portait le sanctuaire 4, décoré d’un péristyle formé par quatre

colonnes aujourd’hui renversées.

Par une disposition bizarre que nous ne retrouvons dans aucun autre des édifices sacrés de Pompéi, on montait au sanctuaire, non pas par un perron situé en avant du péristyle, mais par deux petits escaliers e q placés en sens inverse en arrière du podium et aux côtés de la cella, plus étroite que le pronaos.

Le sanctuaire est excessivement petit, n’ayant que 4 mètres de large sur 9",90 de profondeur; dans le seuil on voit les trous qui recevaient les pivots des vantaux de la porte; au fond est le piédestal de la divinité. Des fragments de marbre trouvés en ce lieu font supposer que le temple en était revêtu au moins dans quelques-unes de ses parties.

À la droite du sanctuaire et au bas du podium, on trouve l'entrée de trois salles / communiquant ensemble et ayant servi au logement des prêtres. La dernière de ces salles avait une porte, aujourd’hui murée, ouvrant sur une espèce de corridor très-étroit ?, qui, tournant entre le mur de l'enceinte et une seconde muraille, vient déboucher dans l’édi-

1. Ornement d’architecture souvent employé par les anciens et imité par les modernes: il consiste en une tête de bœuf disséquée et ornée de guirlandes et bandelettes; il doit sans doute son origine aux têtes des victimes qu’on disposait parfois autour des temples en commémoration des sacrifices qui y avaient été offerts.

2. Dans ce corridor j'ai fait lever un énorme renard ; ces animaux et surtout les lièvres sont nombreux à Pompéi, et les gardiens m'ont assuré que parfois ils avaient vu des loups rôder la nuit dans les ruines,

TEMPLES. AUTELS. 69 fice d'Eumachia, et communique aussi à une petite ruelle aboutissant à celle d'Eumachia *.

Tempce D’AUGUSTE, dit le PANTHÉON (PL. H). Parmi les édifices de Pompéi, il n’en est peut-être pas un seul dont la destination ait donné lieu à plus de controverses que celui qui s'élève au côté oriental du Forum et qu'on désigne ordinairement sous le nom de Panthéon, qu'on lui donna à l’époque de sa découverte en 1821 et 1899, parce que l’on supposa que les douze piédestaux qui s’y trouvent placés en rond avaient dû porter les statues des douze grands dieux, Di con-

sentes *. Quelques auteurs, frappés de sa ressemblance avec le monu-

Vue du Temple d'Auguste.

ment de Pouzzoles connu sous le nom de Temple de Sérapis, ont pensé qu'on y devait reconnaître un temple dédié à cette divinité. D’autres archéologues ont cru que c'était un senaculum , lieu destiné à la réunion des magistrats municipaux, un hospitium consacré à la réception des ambassadeurs et des magistrats étrangers, ou enfin un local pour les fêtes publiques. L'opinion la plus vraisemblable nous paraît être celle de l’ancien directeur des fouilles, le savant Carlo Bonnucci, qui croit que ce dut être un temple consacré à Auguste. Cette supposition est d'autant plus plausible que plusieurs inscriptions trouvées à Pompéi,

1. Le temple de Mercure fermé par une grillé est devenu depuis longtemps une petite succursale du musée de Naples. On y dépose les objets trouvés dans les fouilles qui ne sont pas jugés dignes des honneurs du musée ou qui n’y ont point encore été portés. On y voit une jolie statuette de Vénus en marbre blanc provenant d’une maison récemment découverte rue de la Fortune, un charmant Faune agenouillé qui servait de fontaine dans la maison de Gavius Rufus, une belle col!ection d’antéfixes, de poids, d’amphores, de plateaux de marbres et de molettes en forme de doigts courbés pour broyer les couleurs, une quantité d’objets d’os, de fer et de bronze, de précieux” échantillons de marbres, des chapiteaux et autres fragments d’architecture, etc.

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