EX. D. D
TRIB. /MIL. A. POPVIL. II. (VLRe Le D: V.
QYINQ. ITER AVGVSTI CAESARIS SACERDO.
PATRONO COLONIAE.
On voit que, dans l’une et dans l’autre de ces inscriptions, Holconius est qualifié de prétre d’Auguste.
cette irrégularité en donnant aux boutiques une profondeur inégale qui varie de 4°,80 au nord, à 1",80 seulement au sud. Auprès de la plus petite et dernière de ces boutiques est, ainsi que l'indique le plan, un massif large de { mètres et en saillie sur le portique de 3",80 ; on y voit encore quelques degrés de l’un des escaliers qui conduisaient aux portiques supérieurs du Forum, aux ambulatoria.
L'intérieur du temple présente une cour rectangulaire ghik, longue de 37°,50 sur 27 mètres de largeur, que la plupart des auteurs, tout en s’étonnant de n’en trouver aucun vestige, ont supposé avoir été autrefois entourée d’un portique qui aurait été renversé par le tremblement de terre de 63. D’un examen attentif du monument il est résulté pour nous la certitude que, si ce portique a jamais existé, il ne put être qu'un toit en saillie ou une galerie provisoire en bois destinée à protéger les peintures murales *, et qu’on s’occupait de remplacer par un portique de pierre au moment de la destruction de la ville. En effet, sur les bords de l’area, des côtés g 2 et 1 k et sur plus de la moitié du côté k , l'area n'est entourée que d’un degré de tuf beaucoup trop étroit (0",40) pour avoir servi de stylobate, et sur lequel d’ailleurs on ne voit aucune indication de l'existence de colonnes ; du côté g h, au contraire, et sur le reste du côté À k, le degré est formé de larges pierres calcaires (0",80) sur la surface desquelles on voit, à des distances égales (2,25), des trous carrés dans lesquels devaient être scellés les pivots en fer fixés au centre des colonnes. Un petit canal creusé dans la pierre devait conduire le plomb fondu dans cette cavité lorsque la colonne serait mise en place; or dans ces trous de scellement on chercherait vainement quelques vestiges de fer ou de plomb ; les colonnes n'avaient donc point encore été dressées et n'avaient pas même été apportées; elles ne devaient l’être que lorsque l’area entière aurait été entourée d’un semblable stylobate prêt à les recevoir. Un caniveau, régnant au pied du stylobate, réunissait les eaux dans une citerne où on pouvait puiser par une ouverture de marbre, encore munie de son couvercle et placée au S.-E. de l’urea ?.
1. Dyer prend les trous des solives de ce toit pour l’indication d’un second étage; il avance que l'escalier qui y conduisait est entièrement détruit, mais il suppose qu'il était voisin du vestibule. Nous avons vainement cherché la moindre indication de cet escalier.
2. Récemment, à notre grand regret, on a nivelé le sol entier du monument, et beaucoup de détails qu’il présentait ne peuvent plus être observés.
Les murailles au nord et à l’ouest étaient enrichies de belles peintures parmi lesquelles il en est une qui a beaucoup exercé la sagacité des antiquaires; elle représente une femme assise près d’un jeune homme appuyant la main droite sur un rocher et tenant de la main gauche une épée dans son fourreau. On reconnut longtemps dans cette composition Thésée venant, en présence de sa mère Ethra, de soulever le
rocher qui couvrait l’épée de son père; mais vint un jour où l’on s’aperçut
que la femme portait au front de petites cornes et ne pouvait être autre
qu To, ainsi symbolisée dans plusieurs sculptures et peintures antiques‘. Ce fut alors Jo et Argus, qu'à notre avis il est difficile de reconnaître dans cette figure héroïque de jeune homme tenant une épée au lieu de la houlette, du pedum, attribut ordinaire du berger Argus. Une composition presque identique a été trouvée à Pompéi en 1828? ; il me semble que dans l’une comme dans l’autre nous devons voir lo écoutant le récit des aventures de son fils Épaphus, quand, après de longues et pénibles recherches, elle vient enfin de le retrouver, en Phénicie, chez la reine des Bibliens. Parmi les autres peintures que l’on admire encore au temple d’Auguste, où elles sont protégées par un toit moderne, on reconnaît encore Ulysse et Pénélope, l'Amour et Psyché, un Guerrier couronné par la Victoire, une Femme jouant de la lyre, et une apothéose figurée par un génie ailé portant une femme sur ses épaules. On y voit aussi des marines, des paysages, des chasses, des courses de char, des galères, des groupes de fruits, de gibier, de viande, etc. Les arabesques qui entourent ces divers tableaux sont au nombre des plus élégantes qui aient été trouvées à Pompéi.
Au côté méridional de l’enceinte existe une rangée de onze petites chambres ou cellules m, décorées uniformément de peintures rouges, et destinées probablement au logement des prêtres composant le collége des Augustals. A la suite est une petite porte n donnant sur une impasse *. En face, au côté septentrional, les chambres sont remplacées
par douze boutiques “ o, sans communication avec l'intérieur du temple
4, On la voit telle dans une belle peinture provenant du temple d'Isis, avec Mercure présentan
une syrinx à Argus reconnaissable à sa houlette. Poup. Anr. Hisr., 1, 157. HErc. et Pompe. II. PI. 52. 2. Herc. Er Por. PI. 51.
3. Cette impasse ouverte à l’est sur la ruelle d’'Eumachia, en face de la rue du Balcon, présente
un égout analogue à celui que nous avons dessiné page 35, mais il n’a qu'une seule embouchure.
*4, Ces boutiques contenaient une grande quantité de raisins, de figues, de prunes, de mar-
et ouvertes sur la voie appelée aujourd’hui rue des Augustals ou du Temple d’Auguste. Au milieu du même côté est une entrée latérale du temple, p', dont les parois étaient ornées de quatre intéressantes peintures sur fond jaune, malheureusement presque entièrement effacées. La première représentait des génies buvant et décorant deux ânes de guirlandes ; au fond est un moulin absolument semblable à ceux que nous verrons dans les diverses boulangeries de Pompéi; la seconde composition nous offrait des génies tressant des guirlandes *. Ce rapprochement de deux arts d’une importance si différente en apparence n'a rien qui doive étonner les personnes versées dans l'étude des usages de l'antiquité. Chez les Romains comme chez les Grecs, les fleurs étaient d’une nécessité presque aussi grande que le pain lui-même ; on ne saurait guère trouver dans leur vie un acte qui ait pu s’accomplir sans l'emploi des fleurs *. Une troisième peinture, la moins maltraitée aujourd’hui, représente de petits génies tissant de la toile. De la quatrième composition il ne reste plus de traces.
Au milieu de l’enceinte est un socle dodécagone / très-peu élevé et
de 12°,50 de diamètre, sur lequel se trouvent encore douze piédestaux
rons conservés dans des vases de verre, du chènevis et des lentilles, des balances, des moules de pâtissier et de boulanger, quatre sistres, trois strigiles, deux écritoires, un grand vase à quatre anses d’un très-beau travail, une lampe à trois mèches suspendue par autant de chainettes, deux amulettes phalliques, une belle tasse d’albâtre oriental, de l’argent monnayé; parmi plusieurs autres figurines de bronze, une statuette de la Renommée portant aux bras des bracelets d'or; enfin trois anneaux et un petit foudre de mème métal. Dans une seule de ces boutiques, fouillée en 1829 devant le roi de Bavière, on trouva cinq cent cinquante petites bouteilles et plusieurs autres vases de verre, quelques monnaies et quelques petits poids. Sur un des piliers qui séparent les boutiques était cette inscription aujourd’hui illisible :
A. VETTIUM ÆD.
SACCARI ROG.
« Les portefaix ou porteurs de sac se recommandent à l’édile Aulus Vettius. »
Les objets trouvés dans ces boutiques le 8 septembre 1821 avaient dans le principe fait donner à la rue le nom de Via dei frutti secchi. Pop. ANT. Hisr., IV, 38.
1. Sur un pilier de cette porte on lit en caractères rouges le nom CELSVM suivi d’un autre mot maintenant illisible.