MENU AN MR AREA PRIVATA
« Area ou cour particulière de Marcus Tullius, fils de Marcus. »
W. Gell croit avoir reconnu dans cette cour des vestiges de la cuisine et de l'office des prêtres, se fondant sur ce qu’on y a trouvé une tête
1. Le titre de Quinquevir répondait, dans les municipes et les colonies, à celui de Censeur à Rome.
2, Poupesr, ï, 95.
de Bacchus qui supportait une table ronde, deux coupes, un mortier et d’autres ustensiles de bronze; mais ces salles et ces objets nous semblent, d’après l'inscription, devoir avec plus de raison être regardés comme ayant appartenu à l'habitation de la famille Tullia.
Sur une base de marbre blanc, de forme cylindrique, trouvée dans le temple, le 20 février 1824, on lit :
AGATHEMERVS VETTI.
SVAVIS CAESIAE PRIME POTHVS NVMITORI.
ANTEROS LACVTVLANT.
MINIST. PRIM. FORTVNAE. AVG. IVSS.
M. SAT RV ET CON -ME'LTS SRE. D: V. I: D:
P. SILIO. L. VOLVSIO. SATVRN. COS.
« Agathemerus, escluve de Vettius, Suavis, esclave de Cæsia Prima, Pothus, esclave de Numitor, Anteros, esclave de Lacutulantus, premiers ministresi de la Fortune Auguste, ont élevé ce monument par ordre de M. Statius Rufus et de Cneius Melissa, duumvirs chargés de rendre la justice, sous le consulat de Publius Silius et Lucius Volusius. »
Sur une autre base, découverte en même temps dans la cella, est gravée une troisième inscription :
TAVRO STATILIO TI. PLATILIO AELIAN. COS.
L. STATIVS FAVSTVS PRO SIGNO QUVOD E LEGE FORTVNAE AVGVSTAE MINISTORVM PONERE DEBEBAT REFERENTE Q. POMPEIO AMETHYSTO QUAESTORE BASIS DVAS MARMORIAS DECREVERVNT PRO SIGNO PONIRET:2.
«Taurus Statilius et Titus Platilius Ælianus étant consuls, Lucius Statius Faustus, qui devait ériger une statue par l’ordre des ministres de la Fortune Auguste, a été, par décision rendue sur le rapport du Questeur à Q. Pompeius Amethystus, autorisé à placer au lieu de la statue deux bases de marbre. »
1. On sait que les ministres des temples Camilli, Flamines, Æditui, Popæ, Victimariü, etc., composaient une classe inférieure à l’ordre des prêtres, et que souvent même leurs fonctions étaient dévolues à des esclaves; il en était ainsi au temple de la Fortune à Pompéi. D'ailleurs quand, dans les inscriptions le nom est, comme ici, suivi d’un génitif sans les lettres F ou L, initiales des mots filius ou libertus , le mot sous-entendu était presque toujours servus, et c'était par une sorte d’euphémisme qu’on se dispensait de l'indiquer même par une initiale,
2. Les fautes ministorum, basis, marmorias et poniret, doivent être attribuées à l’ignorance du graveur.
3. Il n’est pas question ici du magistrat nommé questeur, mais d’une espèce de receveur ou de trésorier de la fabrique, comme nous dirions aujourd’hui.
POMPEÏIA.
Ces inscriptions, rédigées d’ailleurs fort singulièrement et, la dernière surtout, contre toutes les règles de la syntaxe, présentent une particularité difficile à expliquer. Nulle part dans les fastes consulaires on ne trouve réunis à la même année les noms de P. Silius et Lucius Volusius Saturninus, non plus que ceux de Statilius Taurus et de T. Platilius Ælianus; il est donc impossible de fixer, d’après ces inscriptions, l’époque précise des monuments qui les portent.
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Temple de la Fortune.
Revenons au temple lui-même, qui, dépouillé des marbres dont il était revêtu, est un des plus ruinés, mais aussi un des plus pittoresques de Pompéi; il occupe une surface de 24",30 de long sur 9",30 de large; il n'avait point d’area ni d'enceinte sacrée, et sa façade se présentait sur la rue comme celle du temple de Jupiter sur le Forum. On trouve d’abord deux petits escaliers e e, séparés par un large pulpitum portant un autel rectangulaire f et entouré d’une grille de fer formée de barreaux ronds dont on voit encore en place quelques restes ; puis, après un repos, neuf autres degrés de toute largeur, fort ruinés, mais dont on a restauré l'extrémité de gauche. Ces degrés conduisent au pronaos g, soutenu jadis par quatre colonnes corinthiennes de marbre blanc à la façade, et une colonne et un pilier en retour à chaque aile. Trois des chapiteaux ont été retrouvés et sont déposés sur le sol avec d’autres fragments d'architecture également en marbre blanc.
Les murs de la cella h, ornés extérieurement de pilastres, s’élèvent encore jusqu'à la hauteur de 4",50 et forment une enceinte de 7°,10 de largeur sur 10",85 de profondeur. Ils étaient revêtus de pla-
ques de marbre, sur l’une desquelles on trouva ce fragment d’inscription :
... AVGVSTO CAESARI PARENTI PATRIAE
Le fond du sanctuaire s’arrondit en forme de niche et renferme au milieu le piédestal de la déesse entre deux pilastres corinthiens.
À l’intérieur les murs de la cella, jadis revêtus de marbre, présentent quatre autres niches qui contenaient sans doute les statues de divers membres de la famille Tullia; on n’en a trouvé que deux : l’une représentant une matrone portant le long vêtement appelé tunica talaris, et l’autre un magistrat couvert d’une toge, que l’on a cru être Cicéron lui-même. Les cheveux, la face et les yeux de celle-ci avaient été peints, et la toge était couleur de pourpre. La tête de la statue de femme avait été évidemment changée, sans doute afin d'approprier économiquement une figure déjà existante à une nouvelle destination. La tunique avait une bordure rouge et or’. Dans le soubassement du temple est un souterrain qui n’a été fouillé qu’en janvier 1859, et où été trouvés quatre fragments de carapace de tortue ?.
AurTeLs. Outre les édifices sacrés que nous venons de décrire, on rencontre souvent dans les rues de Pompéi des autels dédiés, soit aux
Lares compitales ou viales ?, divinités qui présidaient aux carrefours
1. Au pied de ce temple, sur la rue de la Fortune, est‘un trottoir formé de galets ou cailloux roulés ; il est du petit nombre de ceux de ce genre qui ont été trouvés à Pompéi.