ET AUTRES MONUMENTS FUNÉRAIRES
L était naturel que, maîtres d’un immense territoire et de richesses
plus grandes encore, les Romains s’eflorçassent de surpasser tous les autres peuples par la magnificence de leurs tombeaux; aussi élevè-
rent-ils dans tout leur empire les
d plus splendides mausolées. Si nous
ASE, ne pouvons admirer à Pompéi des S monuments funéraires comparables,
Tombeau de Diomède. par leur grandeur, par leur luxe,
au mausolée d’Adrien ou à la pyramide de Cestius, nous ÿ Voyons une
8% POMPETA.
réunion complète de tombeaux de toutes formes, et nous y trouvons surtout la constatation formelle d’un usage mentionné par tous les auteurs anciens ‘ et confirmé chaque jour par de nouveaux exemples : nous voulons parler de celui de placer les tombeaux sur le bord des voies aux
approches des villes, sans doute, comme Île dit Varron, pour réveiller
incessamment dans l'esprit du voyageur l’idée de la fragilité de la vie”. Peut-être aussi l’amour-propre ne fut-il pas toujours étranger à cette coutume; mais si tel pouvait être le mobile de l’orgueilleux parvenu Trimalcion ?, tel n’était pas le vœu modeste de Properce, qui, jaloux de
reposer tranquille dans sa dernière demeure , s’écriait :
« Je n’aimerais pas à avoir mon épitaphe au milieu du chemin. »
Non juvat in medi& nomen habere vid.
et quand il demandait aux dieux de ne pas permettre à Cynthie de déposer ses restes dans des lieux fréquentés et que foulent sans cesse les
pieds de la multitude :
Di faciant mea ne terrà locet ossa frequenti Quà facit adsiduo tramite vulgus ter !.
Nous voyons, il est vrai, près de Baïes, la longue suite de sépultures appelée le Mercato del Sabbato ; à la porte de Pouzoles, la Via Campana est bordée de tombeaux, ainsi que la voie Appienne près de Mola di Gaeta, l'antique Formies; qu'on entre à Rome par les voies Flaminienne, Tiburtine ou Labicane, les premiers monuments qu’on rencontre sont les mausolées de Néron, de la famille Plautia ou du boulanger Eurysace; qu'on arrive par la voie Appienne, on traverse pendant dix milles la longue file de tombeaux ruinés, mise à découvert
1. Crceno, Tuscul., I, 7. — Tir. Liv., L. XXXVIII, 56. — SENEC., Ep. 91. — Pun., VIl, Ep. 29. — Juvenac., Sat. I, v. 1713 Sat. V, v. 55. — Marriaz, VI, Ep. 98; XI, Ep. 14. — GC. Nepos, Aitic., 29, etc.
La loi des Douze Tables défendit d’enterrer ou de brûler aucun cadavre dans les villes. Cette disposition, bien qu’elle ait souvent été enfreinte, a pu contribuer à perpétuer en Italie un usage depuis longtemps adopté par la Grèce.
9, Sic Monimenta quæ in sepulcris; et ideo secundum viam quo prætereuntes admoneant el se fuisse et illos esse mortales. Varro, De linguä latinà, L. VI, 45,