Triclinium , du grec voeïc, trois, et xAivn, lit
3. On sait que chez les Romains la famille se composait non-seulement des parents, mais encore des clients, des affranchis, et même des esclaves.
98 POMPEÏIA.
rium’ de 2 mètres en tous sens, éclairé par un petit soupirail; autour règnent une banquette et deux rangées de niches destinées à recevoir les urnes qui ont encore été trouvées en place.
La principale niche contenait une grande amphore d'argile renfermant sans doute les cendres de Nævoleia, ou de Munatius, ou nême de tous les deux, si l’on en croit la conjecture sentimentale des savants napolitains. Trois belles urnes de verre, protégées par des envelcppes de plomb et hermétiquement fermées, contenaient des cendres et des ossements flottant encore dans un liquide que des siècles n'avaient pu dessécher et que l'analyse chimique a fait reconnaître pour un mélange d'eau, de vin? et d'huile provenant sans doute des libations faites pendant la cérémonie funèbre *. D’autres urnes, simplement de terre cuite grossière, contenaient également des ossements, des ceadres et souvent la pièce de monnaie destinée à payer le passage sur l barque de Caron; elles étaient accompagnées de lampes aussi de terre commune, dont plusieurs ont été trouvées dans une encoignure; ces derniers vases ont été laissés en place.
La partie la plus intéressante du monument est le cippe de marbre que nous avons dit être placé à sa partie supérieure, et dont l’œnementation est aussi riche qu'élégante *. La face antérieure porte, au centre d'un bel encadrement, l'inscription suivante :
NAEVOLEIA I. LIB. TYCHE SIBI ET C. MVNATIO FAVSTO AVG. ET PAGANO CVI DECVRIONES CONSENSV POPYLI BISELLIVM OB MERITA EIVS DECREVERVNT HOC MONVMENTVM NAEVOLEIA TYCHE LIBERTIS SVIS LIBERTABVSQVE ET C. MVNATI. FAVSTI VIVA FECIT.
« Nævoleia Tychè, affranchie de Julie pour soi et pour Caius Munatius Faustus, augustal et maître du bourg auquel les décurions, du consentement du peuple, décernèrert un BISEL-
1. On nommait ainsi les chambres sépulcrales garnies comme celle-ci de petites nihes où l’on déposait es urnes cinéraires ; leur aspect était en effet celui de l’intérieur d’un colombier. 2. Tibulle demande à Neæra et à sa mère d’arroser ses cendres, recueillies sur le bûcher, de vin vieux et de lait :
Et primum annoso spargant collecta Lyæo.
Mox etiam niveo fundere lacte parent.