ViITRUvE. L. V, c
un hémicycle B; sa construction en briques à plat et en petites pierres de tuf, disposées en opus reticulatum * et revêtues de marbre, ne permet pas de douter qu'elle ne date de l’époque de la domination romaire ; malheureusement, de tous ces marbres il ne reste que quelques parties de dallage, une moitié de base du pilastre a, et un fragment de cham-
Plan de la Curie.
branle b. Au milieu de la salle, sur un pavé de marbre et sur un degré, s'élève un massif carré C, qui fut un autel ou le piédestal d’une statue. Deux autres piédestaux se trouvent dans deux grandes niches ou renfoncements carrés D E placés aux deux côtés de l'édifice et durent également porter des statues *, à moins que, comme Gau le suppose, ce n’aient été des autels destinés à l’accomplissement de certains rites religieux usités dans les assemblées politiques. Le même auteur croit, et cette conjecture est parfaitement admissible, que l’architrave de ces niches était soutenue par deux colonnes, comme on l’observe aux chapelles du Panthéon de Rome; en effet, on voit encore dans le sol les dés de pierre qui les portaient. Dans le renfoncement E se trouve l'entrée de plusieurs salles F, placées derrière l’hémicycle, et dont la destination n’est pas moins problématique que celle de. la salle principale. On pourrait pourtant, dans l'hypothèse de la Curie, y voir un dépôt pour les archives. En avant des huit autres niches, c, des fe sills i, k, le soubassement de briques faisant une légère saillie semble former autant de piédestaux; enfin, un piédestal plus grand ! occupant le fond de l’hémicycle portait une statue assise, ou plutôt, à en juger par sa largeur qui n’est pas moindre de h”,85, put servir de tribunal aux
magistrats qui présidaient l'assemblée.
1. Nous avons déjà dit qu’on appelle ainsi un mode de construction essentiellement romain, consistant en briques ou en petites pierres carrées disposées de manière à ce que la surface de la muraille présente l’apparence d’un filet.
9, Le 21 août 1818, on ‘trouva dans cet édifice une statue drapée sans tète, et les jours sui-
vants des fragments de plusieurs autres statues.
Le dernier édifice que présente le côté oriental du Forum est le PANTHÉON ou TEMPLE D'AUGUSTE (page 69). Entre ce monument et le temple de Jupiter est un large passage, principale entrée du Forum, ouvrant sur la rue des Augustals, en face de la rue du Forum et décorée d'un
ARC DE TRIOMPHE (PL. 2) découvert en mai 1818. Cet arc, le plus grand des quatre existant au Forum, n’a qu’une seule ouverture de 4°,15, renfermant deux degrés coupés eux-mêmes par trois bornes. Les piliers ont chacun 3",15, ce qui donne 10",45 pour la largeur totale du monument. Il était construit en briques au-dessus d’un soubassement de pierres calcaires, revêtu de marbre et décoré des deux côtés de colonnes et de niches. De tous ces ornements il ne reste du côté sud ou du Forum qu’une base de colonne à chaque pilier. Celle de
Grand Arc de Triomphe.
gauche, assez bizarrement engagée dans le mur du temple de Jupiter qui la masque en partie, est surmontée d’une portion de fût cannelé:; celle de droite ne porte point de colonne, mais elle est attenante à un fragment de moulure assez considérable. Du côté nord regardant la rue du Forum, on voit au pied du pilier de gauche et réunies par une
1. Nous avons dit, page 121, que cette entrée longtemps crue accessible aux voitures ne l'était pas plus que les autres, ainsi que l’ont prouvé des fouilles récentes qui ont fait retrouver les marches et les bornes; d’ailleurs le pavé en dalles rectangulaires du passage entre les deux temples ne porte pas la moindre trace de roues.
13% POMPETA.
moulure de marbre deux bases dont une portant un commencement de fût. Sous l’arc est une moulure d’un profil différent partant du pilastre d'angle; enfin le petit côté oriental du monument conserve des fragments d’une plinthe et d’un pilastre cannelé. Tous ces ornements sont d’un assez mauvais style, et on les attribuerait volontiers à une époque de décadence, si la date de la destruction de Pompéi n'était pas connue. Les niches du côté septentrional sont très-profondes et étaient revêtues intérieurement de stue et de marbre. Un bout de tuyau trouvé dans l’une d'elles et un réservoir ménagé dans le massif du monument ont fait supposer que les statues qu'elles contenaient avaient pu surmonter des fontaines. Ces statues n'ayant point été retrouvées, nous devons eroire qu'elles avaient été renversées par le tremblement de terre. Sur le petit côté de l’arc, derrière Île temple de Jupiter, est une peinture représentant le serpent symbolique, peinture dont nous avons parlé, page 82. Cette peinture est aujourd’hui presque effacée *.
Signalons en passant les restes d’un autre ARG DE TRIOMPHE
Arc de la rue de Mercure.
(PL. 38), accompagné d’une fontaine, et faisant face au premier; il est situé à l'entrée de la rue de Mercure, au bout de la rue du Forum. Îl est comme le premier construit en briques, et n’a de même qu'une seule arcade de 3 mètres d'ouverture. La largeur totale du monument est de 6",50 et sa hauteur actuelle de 9,50. Il paraît avoir supporté une
statue équestre en bronze que l’on supposa avoir été celle de Caligula
1. Le 13 avril 1818, on trouva, sur le sommet de l'arc non encore déblayé, cinq momnaies d'or, soixante et une d'argent, six de bronze de grand module, une patère, une grande épingle et un plat de bronze.
FORUM. 135 ou de Tibère ; mais un fragment d'inscription sur marbre trouvé près de là semble plutôt indiquer que la statue était celle d’Auguste :
lus. STO CAESARI PARENTI PATRIAE.
Lors de la découverte du monument, à la fin dè 1823 et au ‘commencement de 182/4, on trouva dans la rue du Forum des. fragments importants de la statue et du cheval ‘.
Revenant au Forum, nous trouvons de l’autre côté du temple de Jupiter (page 54) deux autres monuments du même genre, si toutefois on doit voir autre chose qu’une porte dans celui qui ouvre sur la rue des Augustals.
Cet ArG (PL. 7), très-bas et sans ornement, construit en moellons recouverts de stuc, n'avait que l’épaisseur de la muraille et une seule ouverture large de 3*,50. On y a trouvé les trous des gonds de la grille qui la fermait. Le sol de la rue étant plus élevé, on descendait dans le Forum par quatre marches. À gauche de cette porte se trouve dans la même muraille une porte carrée plus petite faisant face à la ruelle des Thermes.
Le second arc ( Pr. 5), au lieu de décorer le Forum, le déparait en détruisant toute la symétrie du côté septentrional; il est placé dans l'axe du premier entre-colonnement latéral du temple de Jupiter”. Il était, comme celui du N.-E., construit en briques et revêtu de marbre ; mais au lieu de colonnes il n’avait que des pilastres cannelés dont on a découvert les bases et un fragment qui est encore en place du côté du nord. Son unique ouverture n'avait que 3,25 de largeur sur 2 mètres de profondeur. Aucune inscription, aucune sculpture n’ont fait connaître le nom des personnages auxquels cet arc était dédié.
PRISON et LATRINES PUBLIQUES (PL. 6). Près de la porte du Forum, on trouve sous son portique occidental un groupe de construc-
1. « La statue, dit Dyer, était de grandeur naturelle et des fragments en ont été trouvés dans les fouilles de 1823. La figure de l’homme est complète, à l'exception de la jambe gauche et du pied; mais du cheval on n’a trouvé que la queue et une des jambes du devant, sans le pied. L'action de la statue que l’on croit représenter Néron ressemble à celle du Marc-Aurèle du Capitole, mais elle est d’un mérite bien inférieur. En même temps furent trouvés un squelette et FORME -quatorze petites monnaies d’argent. » Pomperr, p. 102.
. 11 occupe le premier plan de la vue du temple de Jupiter, page 55. Dyer ne voit dans ce monument qu’une entrée aux greniers publics.
tions ruinées déblayées en 1816 et s'étendant en retour sur la Via der soprastanti. La position dans Île Forum de plusieurs petites salles sans fenêtres, la découverte qu’on y fit de deux squelettes y firent reconnaitre une prison. Du reste, quelle qu'ait été leur destination, ces pièces fort dégradées et aujourd’hui fermées sont d’un médiocre intérêt. En 1817, on trouva en ce lieu une demi-figure de Diane et une belle statue de bronze d’Apollon presque de grandeur naturelle * à laquelle manquaient le pied droit, un bras et une main qui, par le plus singulier hasard, furent retrouvés le 23 septembre de l’année suivante, bien loin de là, das les souterrains de l’une des tours d’enceinte voisines de la porte d’'Herculanum, par des soldats poursuivant un renard”.
Du même groupe de constructions fait partie une salle qui à beaucoup exercé la sagacité des antiquaires ; d'un examen attentif 1l est résullé pour nous la conviction qu’on ne peut y voir autre chose que des latrines publiques si nécessaires dans le lieu le plus fréquenté de la ville. Cette pièce est séparée de la voie publique par une sorte d’antichambre ou de corridor À formé par deux murs contrariés qui
Latrines publiques.
ne permettaient pas à l’œil des passants de pénétrer dans la salle. Au milieu de celle-ci est un massif B entouré d’un canal C D E F, profond d'environ 2 mètres, et que devaient recouvrir des planches formant siége portées par de petits ares 1 existant encore de distance en distance ; les immondices tombaient dans cette fosse, et des eaux amenées par des tuyaux existant encore les entraînaient dans un égout voûté que l’on
voit au fond *.