‹ PompeiaChapitre 87 sur 267 · Pomp. ANT, Hisr., I · texte numérisé non relu

Pomp. ANT, Hisr., I

sur un plateau transversal dans lequel ils étaient rivés ; à leur extrémité supérieure ils portaient une ouverture dans laquelle on passait une barre qui retenait les jambes des prisonniers engagées de telle sorte qu'ils ne pouvaient se tenir qu’assis ou couchés.

A côté de la prison est un large escalier c conduisant à un appartement plus vaste que les autres, et qui dut être la demeure du commandant. Au fond d’un grand portique d, soutenu par quatre piliers carrés, s'ouvrent deux magasins e e, et la cuisine f dont les murs de déux côtés étaient garnis d’âtres relevés. Ges salles entièrement ruinées sont converties en jardin. Après une petite chambre / se présente un second portique g dont le toit reposait sur trois colonnes ioniques. C’est sous ce portique que se trouvaient une porte ouvrant sur le postscentum de l'Odéon, et la principale entrée de la caserne À, donnant sur une rue qui longe le mur de ce postscenium. Le seuil très-bien conservé laisse voir la trace de scellement des crapaudines qui recevaient Îles pivots des battants de la porte. À droite de celle-ci est une chambre # destinée au portier, et le portique lui-même dut abriter les soldats de garde à l'entrée de la caserne. Une autre porte plus petite m, placée non loin de là dans l’angle N.-E., conduisait à la cour qui s'étend derrière le grand théâtre. Le côté septentrional nous offre, après huit chambres de soldats, un escalier étroit » qui en rejoint un beaucoup plus large, partant de la cour du grand théâtre et montant aux portiques

du Forum triangulaire.

Moulin à huile.

Le côté occidental ne présente qu’une suite de cellules interrompue par un terre-plein dont il est difficile de deviner l’usage ; peut-être était-il destiné à soutenir les terres du Forum; ce n’est qu'une simple conjecture que nous émettons, et sans y attacher plus d'importance qu’elle ne mérite. Ce terre-plein portait des chambres à la hauteur du premier étage.

Les cellules sont toutes semblables; l’une d'elles o, vers l'extrémité

nes

du portique occidental, contient encore un de ces moulins que l’on croit avoir servi pour l'huile et dont nous verrons un autre exemple à Pompéi.

Enfin au centre du quatrième côté de l'édifice était une salle plus grande p, aujourd'hui convertie en logement pour les gardiens, et dont les parois étaient décorées de trophées militaires, peintures dont un fragment est conservé au musée de Naples. C’est dans cette pièce, qui, par sa forme et sa position, ressemblait au éablinum des habitations particulières et que tout annonçait avoir été la chambre du conseil, le lieu de réunion des chefs, que furent trouvés des armes, des casques richement ornés qui pourraient bien n'avoir eu d’autre destination que celle de décorer la salle; si cette conjecture était véritable, elle ferait tomber les conséquences qui ont été tirées de la forme inusitée de ces armes, plus convenables pour des gladiateurs que pour des soldats. Plusieurs pièces d’armures étaient incrustées d'argent ; sur l’un des casques était représentée la guerre de Troie. Ajoutons en terminant que, dans une pièce voisine, on découvrit une trompette d’airain fort singulière, aujourd’hui au musée, à laquelle étaient ajustées six flûtes d'ivoire recouvertes de bronze et une chaîne qui permettait de la porter suspendue au cou. Enfin, au milieu de la dernière pièce q est un âtre relevé antique qui sert encore de cheminée aux gardiens.

Nous avons achevé la visite de ce monument, si intéressant à tant de titres; pouvons-nous espérer que l’examen auquel nous venons de nous livrer aura achevé de prouver que ce n’est pas sans de justes raisons que nous lui avons conservé le nom de Quartier des soldats ?

Quartier des soldats.

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