SCÈNE X
pomponnette , sans comprendre.
Vous pourrit-/, mêi lire très-%ert!
!.E BARONi
Mais le grand Frédéric a trouvé à qui parler. Lisez ce quatrain, vous venez comme je le traite.
pomponnette , à pari , prenant le quatrain et le mettant dans sa
poche.
Un quatrain! qu'est-ce qull veul que je Fasse de ça '.'
LE BAliON.
Kl moi, je vais à la rencontre de la patache... Àb 1 pardon, j'aurais désiré solliciter de votre bonté une laveur d'un prix inestimable.
Une faveur! expliquez-vous.
LE BARON
Un baiser sur cette main sans pareille !
POMPONNETTE , à pari.
Ma main... ah! c'est juste... la main d'une marquise! (Haut et minaudant.) La voilà, baron... venez... allons... allons donc !..
LE BARON
Excusez-moi... la timidité, l'émotion, cinquante-sept ans à peine... (Il lui baise ta main.) Quel parfum! quelle douceur!
Vous trouvez?
LE BAUON".
Oh ! c'est un baume !.. Adieu ! marquise, adieu ! (// fait un grand salut à Pomponnette qui lui répond jiar une longue révérence, puis il sort par le fond à gauche.)
SCÈ\E X.
POMPOXXLTTE, seule et riant, puis Maurice.
Ab! ah ! ah! ah ! quel original ! mais c'est peut-être mal ce que je fais là... Laisser croire que je suis madame de Pompadour. .. au fait, comment le détromper? il m'a vue de si près sur ce balcon! (On entend Maurice chanter.) Ciel! Maurice! Elle se tient à l'écart.^
Maurice, entrant par le fond à droite. *
Air de la Retraite. (Loïsa Puget.)
Soldat aimable et fait au tour, Le garde-française veut chaque jour, NonvelP conquête; et son amour, Prétend même aux femm' de la cour !
Pomponnette, Maurice.
22 POMPONNETTE ET POMPADOIK.
Fi (les pavsann' et des fillettes, Car il me faut îles morceaux de roi , Pieds mignons, fin' taille et mains coquettes, Rien n'est, sur ma foi, trop beau pour moi.
Soldat aimable, etc.
Ali ça, monsieur, vous ne me voyez donc pas?
MAURICE
Ah ! c'est vous,Pomponnette. Bonjour, Pomponnette, bonjour.
pomponnette, qui lui tend la main sans qu'il la prenne. Comment! qu'est-ce que c'est que ce ton-là, monsieur?
MAURICE
C'est le ton qui convient-z-à la circonstance. Pomponnette, j'ai appris votre mariage et je venais vous en faire mes compliments.
pomponnette. à part.
Est-il possible? Est-ce bien là Maurice? lui! si épris, si empressé !
Maurice, à part.
Elle est offusquée de mon indifférence, c'est z'ostensible... {Haut.) Qu'avez-vous donc, Pomponnette ? je vous trouve l'air tout déconfit.
rOMPO.N'NETTE.
J'ai... j'ai que si je m'attendais à recevoir des compliments sur mon mariage, ce n'était pas de votre part.
MAURICE
Oui, je comprends, vous vous attendiez à ce que j'allais m'arracher des paquets de cheveux ; mais c'est tout au plus si j'ai z'assez de mèches pour satisfaire toutes les femmes qui les convoitent.
Ainsi, ça vous est égal que j'épouse mon cousin Pernn? MAURICE, d'un ton de (/entillwnune.
Épousez, mon enfant, épousez... j'honorerai vos nuées de ma présence, et je mettrai ma croix au bas de votre contrat. {Il remonte.)
Eh bien oui ! je l'épouserai, et je serai plus heureuse qu'avec vous, car il n'est pas débauché, lui, il n'est pas avantageux, lui ! infidèle et coureur comme vous, lui !
MAURICE
Moi coureur ! quelle calomnie ! je laisse venir les femmes et ne cours point z'après.
* Maurice, Pomponnette.