SCÈNE X
Perrin vaut cent fois mieux que vous ci je ne perdrai pas au change.
MAURICE
Et moi, donc! J'aurai d'abord l'avantagé d'avoir un rival digne de moi... un roi de France, rien que çà !
rOMPONNETTE.
Un roi de France ! (liiant.) Ah ! ali ! ah ! madame de Pompadour est amoureuse de vous, peut-être.
MAURICE
Vous riez ! eh bien ! oui, elle est amoureuse de moi !
pomponnette, de même Ah! ah! ah! je parie qu'elle s'est jetée à vos pieds pour vous déclarer sa llamme, et vous supplier de ne lui pas tenir rigueur.
MAURICE
.le ne dirai pas qu'elle a été jusque-là, ce serait exagérer... mais vous avez beau rire, elle est pincée z'à mon endroit, et la preuve, c'est que, tout à l'heure, en m'apercevant du haut de son balcon, elle s'est troublée tout à coup et a prononcé mon nom d'une voix très-émue.
pomponnette, riant pJus fort.
Ah ! ah ! ah ! C'est à en mourir !
maurice, vexé.
Pomponnette, on ne rit pas de la sorte au nez d'un militaire, ça n'est pas... civil !
pomponnette, se retenant.
Allons, calmez-vous, je ne ris plus : ainsi, madame de Pompadour a paru troublée.
MAURICE
Extrêmement troublée, quoiqu'elle cherchât z-à dissimuler la chose sous son éventail.
pomponnette, de même.
Voyez-vous ça ! Et elle a prononcé votre nom?
MAURICE
Très-distinctement, preuve qu'elle m'a remarqué et que son cœur est en proie z-aux flammes de l'amour ! (7/ s' assied.) pomponnette, comprimant une envie de rire et finissant par rire aux
éclats.
Voilà qui est clair; il n'y a... a... a... a... rien à... à... à... répondre à cela... ah ! ah! ah ! quel chemin vous allez l'aire!...
Air des Vingt sous de Périnette.
C'est peu, la chose est certaine, De devenir capitaine, Et déjà, moi, je vous vois, Chamarré d'or et de croix.
Alors? bravant l'épigramme,
A tous vous faites la loi, Et recevez une femme De la main même tlu roi.
Mais ayez «le l'indulgence, Kl quand vous serez, hélas :
Duc et maréchal de France!
(Aveqjtne révérence. )
Monseigneur, ne m'oubliez pas !
Parléet recommençant ù rire.) Ah! ah ! ah!
maurice, se levant.
Oh !jene suis pas dupe de cette eaîté-là; et je suis sur qu'au fond du cœur, vous êtes plongée dnns le plus affreux désespoir...
Vous croyez? (Musique à l'orchestre.) Mais quel est ce bruit? {Elle remonte et regarde à droite. A part.) Eh ! mais, c'est madame la Marquise... Enfin, la voilà revenue de Paris.
MAURICE
Eh bien ! vous voilà z'interdite et vexée.
Vraiment! Eh bien, pour vous prouver le contraire, je veux vous procurer moi-même l'occasion d'admirer votre conquête. Tenez, voyez-vous, là-bas, dans la grande allée du parc.
MAURICE
Comment! c'est elle, madame de Pompadour?
Elle-même.
MAURICE
Ah ! sapristi ! (Il descend à droite.)
Vous pouvez la contempler tout à votre aise, et, comme je.serais désolée de vous gêner, je vous laisse. (Rentrant dans la maison.) Oh! le perlide ! je ne puis plus le soull'rir.