SCÈNE XII
t ' LAPERCUE, POMPONNETTE.
Mon Dieu! quel bruit ! Qu'y a-t-il doue?
LAPEKCHE.
Ce qu'il y a? il y a que ton Maurice est un chenapan, un ivrogne et un vaurien.
Je ne le sais que trop.
LAPERCHE
Qu' mériterait d'être pendu.
Ce n'est pas assez.
LAPEKCHE.
Et que, pour en linir avec ce garnement, je saurai bien le contraindre à épouser Perrin.
C'est justement ce que je demande, et le plus tût possible.
LAPEKCHE.
Vrai ! tu consens à épouser Perrin ?
* Laperche, Maurice.
" Poiuponnelte, Laperclie.
SGÈNE XIII. 27
POMPONNRTTE.
Sans doute, el si j'ai un regret, c'est de n'être pas déjà sa femme.
la perche, à part.
Allons (loue, je savais bien que je Unirais par la mater.
11 ns me fera pas de chagrin, au moins, celui-là ; il me rendra heureuse.
LAPERCHE
Quanl à ça, j'en réponds. Attends-moi là, le temps de passer mon habit marron, et nous allons partir ensemble au-devant de ton cousin. Ne t'impatiente pas, je suis à toi. {Il rentre.)
sclxe xin.
POMPONNEÎTE, puis CLOTILDE.
Certainement que je serai heureuse... fWeuçânfc.) Je serai trêsheureuse avec Perrin; c'est le mari qu il me faut. {Brouhaha dans la coulisse; musique i l'orchestre.)
clotu.ue, arrivant par la grille du parc. **
Ali! te voilà, Pomponnette, si tu savais ce qui vient d'arriver !
Quoi donc ?
CLOTILDE
Là, tout à l'heure, dans le parc, un soldat ivre a osé aborder madame de Pompadour.
Ciel !... Maurice?
CLOTILDE
Oui, Maurice... qu'on pourrait bien envoyer sur les galères du roi ; car madame la marquise est furieuse, et déjà pe*têtre... [Elle remonte vers le fond.)
pomponnette, à part.
Les galères du roi!... Pauvre Maurice !... Mais c'est moi qui, par cette comédie!... c'est moi qui l'ai perdu !... 0 mon Dieu ! que faire? comment le sauver?... Ah! madame de Pompadour... oui! c'est le seul moyen ! {Haut.) Clotilde, il Faut que je parle à madame de Pompadour, que j'aille me jeter à ses pieds, que je la supplie!
CLomnE.
Oui... tu as raison! Elle est, encore là... dans le parc...
Oh! elle ne résistera pas à mes larmes. Viens, viens vite ! [Elles sortent cicement par lu i/rille du parc.)
* Laperehe, Pomponnette.
*' Clotilde, Pomponnette.
28 POMPONNETTE ET POMPADOï'R.
SCEAE XIV.
LAPERCHE, puis LE BARON.
F.APERCHE.
Ah! j'ai mis mon habit marron, nous pouvons partir. (Se
voyant seul. ) Personne ! Ah! ça, où diable est-elle encore passée ?
le baron, à part en entrant. * Ou je me trompe fort, ou je viens de faire là deux coups de maître.
LAPERCHE
J'y suis, elle est partie sans moi au-devant de Perrin ; je la retrouverai sur la route.
le baron, r arrêtant.
Un mot seulement.
laperche, saluant.
Ali! monsieur le Baron !
LE BARON
Si j'ai bien entendu, vous allez au-devant du nommé Perrin?
LAPERCHE
Comme vous dites, monsieur le Baron .. (// veut s'éloigner.)
le baron, l'arrêtant.
Inutile.
LAPERCHE
Comment, inutile? pourquoi ça?
Parce que je viens de le faire coffrer.
LAPERCHE
Coffrer Perrin ! et qu'a-t-il donc fait, grand Dieu !
LE BARON
Vous le savez aussi bien que moi , il déplaisait à madame de Pompadour.
LAPERCHE
En vérité?
LE BARON
Elle a exprimé, devant moi, un si vif désir de s'en voir débarrassée, que je me suis dit : Voilà mon joint, vous savez?... mon joint... que je cherche depuis trente-cinq ans... et là-dessus...
LAPERCHE
Vous l'avez fait arrêter?
LE BARON
Au moment où il descendait de la patache... oh ! mon Dieu, escamoté comme une muscade !
* Laperche, la baron.