SCÈNE XL
Dans les gardes françaises J'avais un amoureux !
Dans les gardes...
(Il s'arrête brusquement.)
Sapristi '.j'aurais eu besoin de deux ou trois petits verres pour me donner du cœur z'a la chose... Tiens, voilà justement du vin qui fera mon affaire. [Il s'en verse.) C'est le vin du père Laperche, il doit z'ètre bon. (// boit.) Excellent! Ah! quand je pense que c'est tiré pour le mariage de Pomponnette avec cet animal de Perrin, j'ai des envies de... (// boit.) .Mais songeons à la marquise. Voyons, comment l'aborder? lleu!(/< boit.) Au point z'où nous en sommes, je crois que je puis rappeler mou chou! (Il boit.) Ou bien encore, aimable friponne; ce petit nom plaisait beaucoup à Véronique, et Véronique était une cuisinière de grande maison. (Il boit.)
laperche, entrant par la droite* Qu'est-ce que c'est? qu'est-ce que c'est? (Lui arrachant le verre et la bouteille.) Tu oses boire mon vin, garnement !
MAUKICE.
Là, là, là, voilà bien du bruit pour une mauvaise piquette; parole d'honneur! j'ai des remords... (il boit) de l'avoir bu...
LAPERCHE
Mais tu n'as pas de remords de roder autour de Pomponnette, malgré ma défense, n'est-ce pas ?
MAURICE
Pomponnette ! la fiancée d'un Perrin ! Ah ça, bonhomme, vous ignorez donc qu'en ce moment z'une marquise soupire après moi?
LAPERCHE
Une marquise ?
Ni plus, ni moins, ça vous confond, ça.
LAPERCHE
Du tout, car je la connais.
MAURICE
Ah! bah!
LAPERCHE
C'est madame la marquise de la Rôtissoire !
Maurice , indigné.
Delà Rôtissoire ! c'est ce que vous saurez bientôt.
Air des Brodequins de Lise.
Bientôt, et ça n' sera pas long, Vous apprendrez, je l'espère, A qui vous avez affaire,
* Maurice, Laperche.
Kl vous baisserez le ton.
IAPERC1IK.
A Pomponett' j'annoncerai
Que lu la refuses pour femme.
MAURICE
Allez ! moi je ni' consolerai Aux genoux d'une grande dame !
ENSEMBLE
Bientôt, ça ne s'ra pas long, etc.
LAPERCUE.
Vraiment! ça ne s'ra pas long, Tant mieux ! car alors j'espère Savoir si je dois me taire, Ou, du moins, baisser le ton !
(Maurice sort par le fond, à droite.)