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I V — FONDATIONS DANS LES TERRAINS VASEUX

remplacement de la pile à construire dans ces conditions, un puits rectangulaire ' dont le plus grand, côté, perpendiculaire à lalongueur de la pile, était égal à la largeur de celle-ci. Ce puits fût descendu de la façon ordinaire, en y employant un solide blindage, jusqu'à la rencontre du rocher, puis des galeries de 2°'30 de hauteur, dirigées de part et d'autre dans le sens de la longueur de la pile, furent creusées jusqu'aux limites de l'emplacement à dégager, en procédant de la même manière que pour un tunnel. Une première galerie, ainsi ouverte sur toute la longueur et la largeur de la fondation, fût immédiatement remplie en maçonnerie soigneusement assise sur le rocher et bien pressée contre les parois de la fouille, puis on entreprit par dessus une seconde galerie de 2°>30 également de hauteur, et ainsi de suite jusqu'à ce que la maçonnerie vint affleurer le sol.

Le succès a été complet, mais cette façon de procéder, cela va sans dire, n'est applicable que dans des cas très particuliers et notamment lorsque la consistance du terrain vaseux et glaiseux est suffisante pour qu'on y puisse crâuser des galeries souterraines, sans avoir des difficultés par trop grandes à surmonter ou des dépenses exagérées à faire.

Nous avons supposé dans tout ce qui précède qu'à Taide de blindages, et d'épuisements au besoin, on ouvrait les fouilles jusqu'au sol de fondation pour exécuter ensuite la maçonnerie à sec et à l'air libre.

Lorsqu'il n*a pas été possible de tenter l'application de ce procédé, on a souvent eu recours, également dans les terrains vaseux, à la construction de puits maçonnés ou massifs évadés au centre, commencés à la surface du sol, et dont on a déterminé ensuite l'enfoncement en déblayant le terrain en dessous. C'est ainsi, du reste, qu'on procède fréquemment pour l'établissement de puits ordinaires dans les terrains vaseux ou sableux ; la seule différence, lorsqu'il s'agit de fondations, c'est que le puits, après descente jusqu'au sol sur lequel on a projeté de s'établir, est entièrement rempli pour le transformer en massif de maçonnerie ayant toute la hauteur de la fouille.

C'est ro qu'on appelle fonder sur massifs isolés^ ceux-ci

étant toujours plus ou moins nombreux pour une même fondation et entièrement séparés les uns des autres^ sauf dans la partie supérieure où des voûtes transversales les réunissent» comme dans le cas des puits blindés, pour en former un massif unique.

D'habitude, la première assise de maçonnerie de ces sortes de puits ou massifs est établie sur un cadre ou rouets en charpente ou en métal. Le bord extérieur de ce dernier est disposé en biseau ou tranchant comme pour les chambres de travail des appareils à air comprimé, et l'enfoncement se trouve ainsi facilité à mesure qu'on déblaie en dessous.

Si le terrain à traverser était de nature à produire, contra les parois extérieures de la maçonnerie, des frottements sus* ceptibles d'en déterminer la dislocation, on pourrait recourir à un revêtement en bois et en tôle, comme nous l'avons vu pour les fondations à Tair comprimé, ou mieux encore adopter une disposition analogue à la suivante appliquée aux fondations d'une forme de radoub à Rochefort.

Il s'agissait là de faire descendre des massifs isolés à travers une couche de sable vert très étanche, mais en même temps d*une extrême résistance et donnant lieu à des frottements très énergiques.

On a donné aux rouets une forme circulaire avec diamètre de 2", 90, et on les a composés d*une première armature en fonte en forme de cylindre à axe vertical ouvert par le bas, dont le bord inférieur était disposé en tranchant ; par dessus était posé le rôuet proprement dit, en charpente, de dimensions un peu inférieures à celles de Tarmature métallique ; le pourtour annulaire de la fonte dépassant légèrement le diamètre extérieur du rouet servait à fixer le bout inférieur de longs boulons ou tirants verticaux également» espacés, disposés pour être utilisés de la façon suivante.

Le rouet étant en place, on posait par dessus un premier anneau de maçonnerie d'un mètre de hauteur, qu'on recouvrait d'un second rouet en bois semblable à celui du bas, et au moyen des boulons ou tirants verticaux on les reliait fortement l'un à l'autre. On commençait alors le déblai dans le vide intérieur du massif et le système descendait à mesure de Tavaucemept de la fouille. Lorsque le rouel supérieur venait

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