STATISTIQUES
Conditions d'établissement des chantiers ; exemple du viaduc de l'Aulne. 616 Epures d'exécution des voûtes ; procédé d'Ocagne pour le tracé des joints
des voûtes elliptiques 610
Objet et dispositions les plus usuelles des ponts de service; pont de Montlouis 621 Ponts de service pour ouvrages de grande hauteur : viaducs de l'Aulne et
de l'Altier . • 624
Ponts de service du noureau pont de Lavaur 628
Causes principales du tassement des voûtes : tassements sur cintn^ et au
décintrement 631
Réduction des tassements ; dispositions pour les voûtes de grande ouver-
' ture 632
Tableau î. — Ponts de plus de 40 mètres d'ouverture ; conditions d'établissement 643
Tableau II. — Prix de revient de quelques ponts et viaducs en maçonnerie. 650 Tableau III. — Ouvrages à construire d'après des dessins généraux. Prix
à appliquer 652
Tableau IV — Dépenses faites pour la construction de quelques viaducs. 654
TaBLK ALPUABÉTIQUl ••••« ••••••• 655
Lorsque l'étude d'une voie quelconque, route ordinaire ou chemin de fer, canal navigable ou canal d'irrigation, a fait reconnaître la nécessité de traverser une vallée et d'y établir un ouvrage d'art de quelque importance, l'ingénieur appelé à en dresser les projets a, tout d'abord, à fixer l'emplacement de cet ouvrage et à déterminer ses dimensions en tenant compte, non seulement des conditions de hauteur résultant du profil en long de la voie projetée, mais encore des conditions d'écoulement des plus grandes crues et des exigences de la navigation, si la rivière qu'on franchit est navigable.
Il doit rechercher ensuite, d'après la nature du sol de la vallée traversée, comment les fondations pourront être établies, examiner s'il convient de multiplier les points d'appui ou bien d'en restreindre le nombre, arrêter en conséquence les formes définitives de l'ouvrage et en calculer enfin toutes les parties, de façon à lui assurer des conditions de stabilité parfaitement satisfaisantes.
M. l'Inspecteur général Lechalas, dans l'introduction placée en tête du premier volume, a exposé, avec tous les développements qu'elles comportent, les considérations générales concernant l'emplacement des ponts et leur débouché.
Après lui, M. l'Ingénieur Résal a présenté, sous une
forme souvent nouvelle, les méthodes relatives aux conditions de stabilité, non seulement des voûtes, mais en outre des culées, des piles et de tous les massifs de maçonnerie, quelle qu'en soit la destination, el dégagé de ces études les moyens de déterminer, dans chaque cas particulier, les dimensions des diverses parties des ouvrages projetés.
Nous pourrons donc, dans ce second volume, nous borner à traiter de la construction proprement dite des ponts ; c'est-à-dire qu'après avoir admis que remplacement et les dispositions générales de l'ouvrage sont déjà déterminées, nous rechercherons comment les solutions les plus satisfaisantes peuvent être obtenues, soit sous le rapport de l'art, en ce qui touche l'ensemble de l'élévation et ses dispositions de détail, soit sous le rapport de l'exécution des travaux, en apportant la plus grande économie dans les dépenses, sans rien sacrifier des conditions de stabilité et de durée qui sont dans tous les cas absolument nécessaires.
Nous jetterons d'abord un coup d'oeil réti*ospectif sur ce qui a été fait, en matière de ponts, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours ; non pas qu'une revue de ce genre soit absolument indispensable, mais parce qu'elle présente un réel intérêt par elle-même et qu'elle comporte d'ailleurs, notamment en ce qui touche les questions d'art, des enseignements dont les constructeurs de l'époque actuelle peuvent faire leur profit.
Nous rechercherons, après cela, parmi les ponts construits à partir de l'époque romaine, les types méritant le mieux d'être proposés comme modèles et nous en examinerons successivement les dififérentes parties, c'est-à-dire les culées, les piles, les voûtes, les tympans, les couron-
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uements, les parapets, nous efforçant de déterminer d'après ces exemples les formes les meilleures à adopter, en vue de donner à l'ensemble de la construction un caractère aussi satisfaisant que possible.
Nous ne pensons pas, en effet, qu'il suffise pour construire un pont d'élever une sorte dç polyèdre maçonné à surfaces planes ou courbes, disposé de façon à livrer passage sans encombre aux plus grandes eaux d'inondation de la vallée en travers de laquelle il est établi, et offrant pour la voie qu'il supporte une solidité à toute épreuve.
Ces dernières conditions sont assurément les plus nécessaires^ celles dont on ne doit jamais rien sacrifier sous aucun prétexte ; mais elles ne sont pas aussi incompatibles que quelques ingénieurs semblent portés à le penser, avec une certaine élégance de Tensemble et un peu de recherche dans les détails.
En d'autres termes, il ne suffit pas d'être ingénieur pour construire un pont ; il faut encore être architecte et savoir donner à l'ouvrage le caractère d'art qui lui est propre, caractère très variable du reste, comme nous aurons lieu de l'expliquer, suivant que le pont projeté doit se trouver à l'intérieur ou dans le voisinage d'une grande ville, ou bien en rase campagne, dans un site riant ou dans un site sévère, au milieu Je plaines cultivées, ou bien dans les gorges d'un pays de montagnes.
Ce soin des formes extérieures, auquel nous voudrions voir attacher plus d'importance qu'on ne le fait bien souvent, n'est pas d'ailleurs pour donner lieu à d'inutiles augmentations de dépense et peut très bien se concilier avec les exigences de la plus stricte économie.
Presque toujours en effet, à largeur égale entre para-
pets, c'est en disposant ces derniers en encorbellement, et par suite en réduisant l'épaisseur de la maçonnerie entre les têtes, qu'on ménage au couronnement d'un pont la saillie nécessaire pour en obtenir un eflfet décoratif satisfaisant, et faire entrer dans sa composition s'il y a lieu des modillons ou des consoles, genre de décoration presque indispensable lorsqu'il s'agit d'un pont situé à l'intérieur d'une grande ville.
Nous ne faisons du reste qu'indiquer ces questions, auxquelles l'un de nos chapitres sera spécialement consacré, et nous n'avons pas à nous y arrêter plus longuement à cette place.
Les procédés généraux de constructioq devant faire Tobjet de l'un des ouvrages de rEncyciopédie, nous pourrons abréger ce que nous avons à dire nous-mêmes de l'exécution des travaux ; mais nous nous occuperons toutefois, avec le détail nécessaire, de l'application de ces procédés au cas particulier de la construction des ponts. Nous traiterons notamment, à ce point de vue, des divers modes de fondation, de l'établissement des ponts provisoires, de l'exécution et du montage des cintres, des précautions particulières à observer pour l'exécution des voûtes, du décintrement, en un mot de tout ce qui est spécial à la construction d'un pont ou d'un viaduc.
Des ouvrages très complets, remarquables notamment par les belles collections de planches qui les accompagnent, ont été déjà publiés sur ces matières par des ingénieurs joignant à l'expérience, acquise dans l'exécution de travaux d'une importance exceptionnelle, l'autorité qui s'attache au titre de professeur à l'Ecole des Ponts et Chaussées.
Il va sans dire quo nous avons dû leur faire des cm-
pruots, de môme qu'à divers mémoires insérés dans les Annales des Ponts et Chaussées, et aux collections de l'Ecole. Nous ne pouvions, en effet, avoir la prétention de faire une œuvre originale, ou de combler une lacune qui n'existe pas. Noire but est simplement de concentrer dans un volume du format adopté pour l'Encyclopédie des Travaux Publics, et conformément au programme que nous venons d'esquisser, la plus grande somme possible de faits pratiques utiles à connaître, concernant en particulier la construction des Ponts en macx)nnerie, et notre ambition sera amplement satisfaite si nous y sommes parvenu, quelque modeste d'ailleurs que puisse être le rang assigné à notre livre auprès de ceux qui l'ont procédé.