TYMPANS; COURONNEMENTS ET PARAPETS; ÉLARGISSEMENT DES PONTS
Formes diverses et étendue Variable des tympans ; ornementation à leur appli<* quer. — Ponts romains ; ponts du Moyen-Âge ; ponts modernes ; absence de règles déterminées ; évidements ou élargissements des tympans; exemples de tympans avec cartouches et attributs ; ornementations diverses ; ponts de PAIma à Paris, et autres. — Couronnements et parapeti*. -r Convenance
d'indiquer extërieurement le niveau de la chaussée ; bandeaux unis ou plinthes ; couronnements ornementés ou corniches des ponts à l'intérieur des villes ; pont de la Concorde à Paris : exemples de divers ponts ; coupes verticales et profils d'ensemble; détails de parapets ; pont Louis-Philippe, à Paris. — Principes généraux pour le tracé des profils; pont de Rimini, Pont-Neuf. — Parapets à balustres; pont Saint-Michel, à Paris : divers types de balustres. —Parapets en pierres et briques; exemples divers de parapets de ce genre. — Garde-corps métalliques; balustres en fonte ; pont Riquet à Toulouse ; ponts d'Austerlitz et de la Toumelle à Paris ; types divers de garde-corps métalliques. — Elargissement des ponts ; conditions ordinaires ; conditions exceptionnelles; pont du Jurançon à Pau; ponts de Cazéres, de Saint-Ambroix, de Clerval. ^ Parapets en briques et garde-corps métalliques posés en encorbellement ; exemples divers. — Résumé et Conclusions.
Les arches d*un pont étant terminées il faut, pour établir par dessus une voie ou passage quelconque, combler les vides existant entre leurs reins, c'est-à-dire exécuter un remplissage ou remblai maintenu à Tamont et à Taval par des murs de soutènement, reposant sur les piles et sur les têtes des voûtes.
On donne à ces murs le nom de tympam. Us sont Tune des parties les moins importantes par elles-mêmes de Touvrage, et ne prennent d'autre valeur que celle que Ton parvient à leur donner k Taide de dispositions plus ou moins heureuses.
L'étendue en est très variable suivant la forme des arches et la hauteur à laquelle le couronnement passe au-dessus de la clef des voûtes ; en général elle est très grande avec les arches en plein cintre ou en anse de panier, dont les naissances sont établies très bas, et elle devient au contraire très faible avec des voûtes en arc de cercle très surbaissées dont Textrados est tangent à la ligne inférieure du couronnement.
Anciennement les tympans étaient presque toujours pleins, offrant à l'extérieur un parement uni, dressé soit verticalement, soit suivant un fruit déterminé, et le remblai intérieur occupait tout Tespace compris entre ces murs et les reins des voûtes, jusqu'à la hauteur de la chaussée.
Beaucoup de ponts à notre époque sont encore exécutés de cette manière, surtout lorsque les arches sont de faibles dimensions ou bien construites en arc de cercle et très surbaissées. Nous dirons ailleurs quelles sont les précautions à prendre pour l'exécution de ce remblai et des murs destinés à le contenir, et nous nous occuperons seulement à cette place des dis-
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positions parliculièrea appUcablea & l'ornoinentation «ztérieure des tympans.
Lorsque ceux-ci ont une certaine superficie il est difficile, en les dressant avec un parement plein et uni , d'éviter que l'aspect en olTre un caractère de nudité et de lourdeur ^'étendant parfois à l'ensemble de l'ouvrage, malgré le soin avec lequel les autres parties en sont traitées.
Ainsi le pont de Chalonnes, par exemple, dont la place est marquée cependant parmi les plus importants ctles plus beaux ponts en maçonnerie construits sur la Loire iiToccasion de Vétabliseement des chemins de fer, offre à l'ceil une longue série de tympans nus d'aspect nécessairement monotone et froid.quî nuit à l'effet général.
Bien peu de ponts de l'ancienne Home avaient leurs tympans disposés de celte façon. Au pont du Palatin, au pont Œlius,au pont de Rimini, comme nous l'avons vu dans un précédent chapitre, c'était tantôt des niches et des statues que l'on plaçait au-dessus des piles dans l'intervalle des archivoltes, tantôt des pilastres saillants montant jusqu à la hauteur des parapets pour y former des socles également ornés de statues. Ailleurs des arcades supplémentaires étaient ouvertes dans les tympans et diminuaient d'autant la surface nue.
Cependant plusieurs ouvrages importants, comme le Ponte Feliee sur le Borghetto, le pont du Janicule, le grand pont aqueduc du Gard, etc., avaient leurs tympans dépourvue de toute ornementation, de sorte qu'& cette époque comme actuellement il n'y avait aucune règle précise pour disposer cette partie des ponts.
Au Moyen-Age où les piles, de même qu'à l'époque romaine, Ont toujours eu une épaisseur exagérée, l'usage était presque général de prolonger, en hauteur, les avants et arriëre-beca jusqu'au niveau des parapets, pour y former des refuges pour tes piétons, comme on le voit sur le -dessin des ponts de Carcas- Sonne et de Cahors (pages S8 et 60). La forme angulaire de ce» sortes de contreforts coupait heureusement la grande surface des tympans, et rendait toute autre ornementation inutile. Aux ponts d'Avignon et du Saint-Esprit, surle Rhône, où cette disposition n'existe pas, des archets destinés à augmenter U
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nementation du pont. Ils pourraient dans certains cas devenir, en effet, très nuisibles; il y aurait Heu notamment d'y renoncer s'its devaient, par exemple, avoir pour conséquence une répartition des charges permanentes telle que la courbe correspondant à la charge effective s'éloign&l de la ligne correspondant à la charge normale au lieu de s'en rapprocher.
Les fig. 127 à 137 (pages 178 à 184) du lome premier montrent de nombreux exemples de ces élégissements ou évidemenls. La disposition la plus élémentaire est colle appliquée au pont de PIcssîs-lës-Tours, dont le dessin suivant représente une pile et une partie du tympan situé au-dessus.
PoDt de PIcssis- lès-Tours. ElègiBscment des tympan».
Mais souvent, lorsque les tympans ont une assez grande étendue, les évidemenls qu'on parvient à y loger peuvent prendre l'aspect d'une série d'arcades susceptibles do produire un excellent effet si tes proportions en ont été soigneusement étudiées.
Cette disposition se retrouve appliquée à un certain nombre de ponts, cr parlicuHer au pont des A.ndelys construit on 1872 et 1873 sur la Seine, et dont M. Hésai a donné l'élévation (tome
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i", page {82). Pour permettre de se bien rendre compte de la composition de l'ensemble d'un tympan, nous en reproduisons le dessin à une plus grande échelle et nous consacrons ensuite une page entière aux détails de l'une des arches d'évidement.
Dans un autre ordre d'idées, un genre d'ornementation assez souvent appliqué aux tympans de peu d'étendue est celui consistant à y disposer en relief une couronne de feuillages, au centre de laquelle sont figurés des emblèmes spéciaux, armoiries, chiffre du chef de l'État, chiffre national, initiales ou dates motivées par quelque fait particulier, etc.
On en voit des exemples sur les dessins, donnés plus haut, des piles du pont Saint-Michel et du pont au Change, du pont Louis-Philippe, du pont d'Iéna et autres.
Le dessin ci-après (page 398) donne un nouvel exemple d'initiales inscrites dans les cartouches des tympans ; ce sont celles de la personne aux libéralités de laquelle on a dû la construction du pont de Saint-Jean de Sabusse, sur l'Âdour. * C'est assun^ment là- un témoignage de gratitude grandement justt-
1. AonalsB d«s Pont s -el-C haussée e; 1885, 2° semestre, p&ge 645.
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