CINTRE DU PONT DE SAINT-WAAST
On pourrait reprocher à un cintre ainsi disposé l'obliquité excessive des tirants en fer, composant l'armature de la poutre sur laquelle sont assemblées les principales contrefiches ra^ diales. Il est à présumer que la rigidité ainsi obtenue devait laisser à désirer.
Les cintres des voûtes ogivales du viaduc du Point du Jour, d'environ 12 mètres d'ouverture, sont* également des cintres retroussés dont les dispositions paraissent satisfaisantes, eu égard à la forme spéciale des voûtes qu'il s'agissait de construire. La triangulation ne semble pas toutefois suffisante et Ton eût sans doute gagné à adopter plus franchement pour les
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deux arbalétriers le système ordinaire des poutres Finck renversées.
CINTRE DES ARCHES EN OGIVE DU ViADUC DU POINT DU JOUR
Pour les arches latérales en arc de cercle de ce même viaduc, construites par dessus des voies publiques, ayant 20 mètres d'ouverture avec 2"',63 de '""""' flèche, on a fait également usage de
cintres retroussés disposés comme le montre le croquis en marge. On pourrait leur appliquer, et peul-être avec plus de raison encore, les observations précédemment présentées, surtout en ce qui concerne l'insuHisance de la triangulation.
5» Cintres suspendus. — Les cintres retroussés étant assimilables à des ponts ordinaires, on ne voit pas de motif théorique de ne pas imiter dans certains cas, au moins en partie,
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les dispositions des ponts suspendus, en appliquant à la partie essentielle du cintre l'emploi de câbles et de haubans de sus* pension.
Pratiquement, on ne saurait songer à Tadoption de câbles paraboliques, allant d'une culée à l'autre ; il faudrait pour cela élever, sur chaque rive, des pylônes en charpente destinés à remplacer les piliers ou portiques en maçonnerie des ponts suspendus, et la construction en serait fort onéreuse ; en second lieu, les câbles comportant des déformations considérables sous Faction de charges inégalement réparties^ il serait nécessaire de les doubler d'une charpente très rigide, destinée a assurer l'invariabilité de la surface des couchis pendant l'exécution de la maçonnerie.
Il en résulte que l'emploi des câbles de suspension ne saurait être admis qu'à titre auxiliaire pour faciliter le montage, par exemple, de cintres retroussés destinés eux-mêmes à porter la voûte pendant sa construction. Une application de ce genre a été faite au cintre, en forme d'arc en charpente, au moyen duquel a été effectué l'établissement de l'arche en fonte du pont d'Ël-Kantara, à Consiantine, par dessus un ravin d'une très grande profondeur.
L'emploi de simples haubans ne soulève pas les mêmes objections ; ils doivent naturellement être rectilignes pour éviter les causes de déformations du genre de celles tenant à la ligne courbe des câbles, et peuvent être exécutés soit en bois, soit en fer. Ainsi qu'on Ta fait observer d'une manière générale à propos des pièces tendues, on aura tout avantage, au point de vue do l'économie comme de la facilité et de l'exactitude du montage, à n'y employer que des tiges de fer ou d'acier.
Du reste, l'emploi de cette disposition dans les cintres n'est pas nouvelle, elle a été plusieurs fois pratiquée par d'anciens constructeurs. Pannî les ouvrages modernes, les applications en ont été jusqu'à présent fort rares ; nous ne trouvons à citer que l'exemple des cintres de l'aqueduc de Roquefavour (Tome I, p. 236), auxquels se rapporte le dessin suivant :
Le cintre est retroussé et du genre, par exemple, de celui employé pour les voûtes accessoires du Point du Jour, dont le
dessin se trouve plus haut ; mais les assemblages principaux en ont été consolidés au moyen de fortes plaques métalliques et, moyennant les haubans disposés comme le montre le des* sin, on comprend qu'on ait pu obtenir ainsi un cintre très rigide et très solide malgré Textrème obliquité des arbalétriers et des contrefiches.