INTRODUCTION. XXI
Le seul renseignement que nous puissions fournir à cet égard est un extrait de Touvrage de M. Comolli sur les Ponts américains. Nous laissons à cet ingénieur la responsabilité de ses allégations très optimistes.
« Des expériences de Mallet, il résulte que Tépaisseur " de la rouille sur une pièce de fer exposée à Thumidité « n'était guère que de 87 centièmes de millimètre en « 100 ans et de 5 millimètres et demi dans le même temps « si une pièce de même nature était exposée à Teau de « mer; de sorte qu'il faudrait 713 ans pour ronger une « plaque de fer de 6 millimètres d'épaisseur, plongeant « dans l'eau douce, et H6 ans, pour opérer celte destruc- " lion sur une plaque de fer de même dimension plongeant " dans l'eau de mer.
« Le pont tubulaire de Conway^ qui fut l'objet d'un « examen près de vingt ans après sa construction, était
ainsi exposés à toutes les causes d'oxydation qui résultent de leur position sous le sol, dans un terrain où les maçonneries sont périodiquement submergées par suite des variations du niveau de la rivière. Cet effet n'a pas été moins sensible dans les seize petits câbles de retenue que dans les quatre gros câbles d'amarre, quoique le contact avec la pâle de chaux fût beaucoup plus considérable dans les premiers que dans les seconds.
... M En résumant les faits exposés dans ce rapport la commission croit avoir établi :
... « 2° Que la chute du pont a été déterminée par le passage simultané, sur le pont, de 487 personnes pendant un violent ouragan, ce qui a porté la tension des câbles à près du double de celle que donne l'épreuve réglementaire.
M 3* Que celte chute a été déterminée aussi parl'oxydation des câbles de retenue dans les conduits d'amarre, quoique ces conduits eussent été primitivement remplis d'une pâte de chaux grasse ;
M 4* Que cette oxydation ne tient pas à un vice de construction particulier au pont de la Basse-Chalne, mais à un vice du système luimême; de sorte qu'il est à craindre qu'il ait produit les mêmes résultats partout où il a été appliqué. »
I/administration a exigé qu'on modifiât les amarrages des ponts suspendus, de manière à faire disparaître le vice de construction signalé par M. Dupuit.
« dans des conditions d'oxydation telles, qu'on jugea qu'il (( faudrait 1 200 ans avant que larouille eût atteint 1 2 mil- « limètres de profondeur, soit un peu plus de 8 dixièmes « de millimètres en 100 ans. Des morceaux de fer coupés « des colonnes placées sous les hauts fourneaux de la « Compagnie des fers du Phénix^ en Pennsylvanie, où (( elles étaient restées depuis neuf ans, ont été reconnus « intacts, et des pièces coupées du pont tubulaire près de « Canton^ dans TOhio, qui avait été bâti depuis plus de «c douze ans, ne présentaient aucune trace de rouille sur « les faces intérieures, ce qui montre que Toxydation (( agit encore moins rapidement sur les surfaces inté- « rieures d'un conduit que sur la surface extérieure, « l'oxydation pour se produire exigeant le rôle de l'air et « de l'humidité dans des conditions parfaitement connues.
« Il résulte de ces expériences que les effets de la <( rouille peuvent être prévenus ou combattus, en appli- « quant une couche de peinture sur les surfaces internes « avant qu'elles soient jointes, puis ensuite sur les parties « externes. »
Il est de règle, lorsque l'entretien d'un pont est bien fait, de renouveler les peintures environ tous les cinq ans, c'est-à-dire de passer une nouvelle couche générale, en s' attachant à faire disparaître par un grattage la rouille partout oii une circonstance accidentelle a mis le métal à nu, avant de le recouvrir de peinture.
2o Relâchement des rivets, — On a prétendu que les rivets, qui relient entre eux les divers éléments d'un pont en fer, étant soumis à un effort d'extension excessif, sont sujets à fatiguer et à se détendre, et finissent nécessairement par se relâcher ou se rompre.
Il est incontestable qu'après la mise en service des ponts en fer, on constate toujours de temps en temps