IMETTANT DE LES ATTÉNUER
f* pont« suMponduw Ocxlbles. —
)nt il vient d'être question présentent , même lorsque l'on suit dans leur es pratiques que nous avons indi- Is sont susceptibles de subir des décs lorsqu'on surcharge une travée à s, et surtout lorsqu'on surcharge une travée. Nous avons vu comment, en ;ulerla déformation des câbles princi- )rs que le déplacement du tablier est , produit par la surcharge totale, que souvent bornés ù déterminer, en faitlablisscment d'un pont suspendu, ue les charges mobiles et tes charges à des vibrations d'une grande ampliune augmentation notable dans le nstitue les câbles. Nous démontrerons ianl l'effet des charges roulantes et des les ponts métalliques. Or, comme en [)onts suspendus dans des conditions /aillent sous l'influence delà surcharge ,rî:s élevée, 10, 12, lo*" par millimètre 'effet d'une surcharge roulante, qui lent le travail normal, conduise à décité du métal et entraîne la chute de xplicalion des accidents si nombreux en France ce genre de ponts, et ce 11]
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n'est nullement la disproportion entre le poids de la surcharge et le poids propre de l'ouvrage qui en est cause. Un premier remède consiste à augmenter la force des câbles principaux, de telle façon que le travail supplémentaire dû à la surcharge étant peu important donne lieu à un faible allongement du câble, partant à une légère déformation, et d'autre part que l'effet dû aux vibrations puisse atteindre le double, le triple du travail statique, sans que l'effort du métal dépasse la limite d'élasticité. C'est un procédé coûteux, en ce qu'il conduit à augmenter considérablement le poids du câble, et fait disparaître le principal avantage des ponts suspendus, qui est leur prix peu élevé.
Les Américains ont réussi à corriger, ou tout au moins à atténuer le défaut signalé, sans exagérer la force des câbles, par l'emploi de haubans et de poutres auxiliaires. Nous allons en dire quelques mots ici.
Fig. 163.
fto-^. Poutres aux^iiiaipes. — Le pont suspendu de
Mannheim sur le Necker, établi vers l'année 1833, est soutenu par deux câbles principaux ouplutôt deux chaînes, composées de barres droites articulées. A chaque articulation est fixée une tige de suspension. D'autre part une triangulation relie les deux chaînes, de façon à les rendre solidaires (/îy. 16»3).
Un pareil pont suspendu est bien différent de ceux que nous avons étudiés jusqu'ici et que nous supposions portés par des câbles présentant une flexibilité parfaite. Cependant l'espèce de poutre parabolique constituée par les deux chaînes et la triangulation aune hauteur si faible, que les déformations qu'elle peut subir sont très considérables ; il ne s'agit donc pas là d'un ouvrage rigide tel que ceux que nous avons étudiés au chapitre précédent, et ceux que nous allons examiner à la fin du présent chapitre. C'est un pont semi-rigide, dont les câbles, présentant une certaine raideur, sont susceptibles de subir des déformations très sensibles,
AP. IV. PONTS SLSPENDU5- 243
ieurca à celles que subiraient des câbles
es.
;ons pas de méthode <le calcul applicable h
mant poutre auxiliaire du pont de Friboiirg (Siiii^^c).
jion. On doit donc calculer cet ouvrage étaient llexlbles, et on obtient ainsi une ,r il est évident à priori que, si cet oucomme un pont suspendu Qexible, sous et de la surcharge complète, qui ne tenr la courbe des câbles, il résistera aux aux surcharges incomplètes qui tendent à )c, et échappera par suite aux inconvéons signalés précédemment, 'agit existe encore ; il présente donc un :é assez rare chez les ponts suspendus, cl Lribuer ce fait A la raideur qu'on a donnée ision, de façon aies soustraire aux effets 18 ou oscillantes, si désastreux pour nomdus, '
tit adopté le principe de ce dispositif sur culement ils en font l'application d'une ieu de donner de la rigidité aux câbles, dier, ce qui revient absolument au même, 8 deux parties du pont, suspendu sur le Niagara (/fy. 168) en
PONTS 3IÉTALLIQUES
Les poutres auxiliaires sont fréquemment établies dans le système Howe, les tirants verticaux étant naturellement censtitués par les tiges de suspension du tablier ; il est d'ailleurs nécessaire d'employer des bras et des contre-bras de même solidité, attendu que des efforts égaux et de sens contraires se manifestent successivement dans la poutre lorsqu'une charge mobile circule sur le tablier. Il en résulte que Tâme se trouve composée de croix de saint André, séparées par des pièces verticales, et c'est un cas où l'emploi de ce genre de poutre est, ainsi que nous le voyons, parfaitement justifié.
Nous ne connaissons pas de fomiules permettant de calculer les poutres auxiliaires et de déterminer leur influence dans la stabilité de l'ouvrage. Nous croyons que les Américains en établissent les dimensions en se basant sur les ouvrages existants qui présentent une rigidité satisfaisante. On pourrait cependant, il nous semble, se faire une idée de la hauteur à attribuer à cette poutre en calculant la déformation qui se manifesterait dans les câbles principaux, et par suite dans le tablier, sous l'action de la surcharge concentrée maximum placée en un point déterminé du tablier, au quart de la portée, par exemple, puis en cherchant la hauteur de la poutre droite qui ne pourrait subir une pareille déformation sans travailler à la limite d'élasticité.
On aurait ainsi une poutre auxiliaire convenable, car elle s'opposerait certainement à la déformation, et son métal ne pourrait subir une fatigue excessive lors du passage d'une surcharge roulante.
C'est là une méthode approximative qui peut, croyonsnous donner quelques indications. — Les poutres auxiliaires des ponts américains ont pour effet de répartir entre un certain nombre de tiges de suspension, et, par suite, sur une certaine longueur du câble, une surcharge isolée considérable, qui sans cela viendrait successivement peser de luul son poids sur chacune des tiges et déterminerait durant son passage sur le pont une ondulation se propageant devant elle. Elles sont très utiles à ce point de vue, mais leur action est essentiellement locale et elles ne modifient pas sensiblement l'inégale répartition de la surcharge sur la longueur du tablier. Si, par exemple, on surcharge la moitié du pont à l'ex-
. PONTS StSPENCOS :
Ire auxiliaire n'aura pour effet < agucur de la portion du càblc se lis il n'en résultera pas d'amélic
néricains complètent leurs pt n de haubans dont l'aclion est be i tendent à répartir unitormém câble une surcharge concentrée losée sur une partie seulement
3n appelle haubans des câbles o
i! d'appui des câbles principaux
lier et forment ainsi une série
.épendantcs entre elles et indép
aux,
si facile à comprendre.
Soient A 0 A' le cl principal, B 0 B' le blier du pont suspec A Cet A' C deux haut [fis- 165)-
Supposons que
applique au point C
tablier une surchs
concentrée P. Si
haubans n'existaicn t|
cette surcharge serai
tégralcmenl transB
parla tige de suspcm
lequel se déformerait et décri
)/A'. Le tablier suivrait ce moi
,ionBC,C',B'.
que les haubans A C et A' C' so it venu en C,, le hauban A C a AC, ; sa tension a augmenté et ■ésent une fraction du poids P.
' en prenant la position A' C, s i diminué, eu augmentant d'aui
Teffort subi par la tige de suspension D' C, laquelle reste seule à supporter la charge qui auparavant était partagée entre elle et le hauban. Donc, par Teffet des haubans, la charge P se trouve partagée entre les tiges de suspension D C et D' C, par suite de Taugmentation de Teffort normal subi par le hauban A C, et de la diminution de Teffort du hauban A' C'. Il en serait de même, si Ton surchargeait la moitié 0 B du tablier à Texclusion de Tautre moitié 0 B'. Une partie de la surcharge serait directement supportée par les haubans correspondants à la partie OB, tandis que les haubans correspondant à la partie 0 B' se détendraient et laisseraient peser sur les liges de suspension la portion de charge qu'ils portaient précédemment.
On calcule en général les haubans en fixant à priori par une hypothèse plausible la fraction de la charge et de la surcharg ecomplète qu'ils auront à supporter, cette fraction étant d'autant plus forte que Tangle 9 du hauban et du tablier est plus ouvert.
On calcule alors la force à donner aux câbles principaux ainsi que la courbe qu'ils décrivent à Taide de la méthode indiquée au n° 95, en supposant que la charge et la surcharge par unité de longueur ont leur maximum au milieu de la portée et décroissent en se rapprochant des culées, au fur et à mesure que les haubans viennent soulager de plus en plus le câble principal.
Ce mode de calcul est très hypothétique, et il ne faut pas avoir une confiance absolue dans les résultats qu'il fournit. D'ailleurs rinfluence de la température modifie absolument la répartion de la charge entre les câbles et les haubans. On voit en effet à priori que les déformations de ces deux éléments du pont ne concordent pas , et qu'un abaissement do température augmente le travail des haubans, en soulageant le câble, alors qu'une élévation de température produirait l'effet inverse. 11 est donc prudent de faire successivement les calculs dans l'hypothèse de la température la plus élevée et dans celle de la température la plus basse, et de donner aux câbles et aux haubans la solidité nécessaire pour résister dans chaque cas, ce qui conduit presqtfe à admettre que chacun de ces systèmes de supports pourrait être appelé à sup-
. PONTS SDSPEKDUS,
rge et la surcharge. On sait ( ite par le cftble principal aune t
in hauban à 0', "> sa section tn 1 qu'il supporte et / la tempérai tuoUc est égale à
pourrait attacher les haubans à M situés au-dessous du tablier gure 166). Us produiraient le même effet au point de vu la régularisation des surcharges, mais ils auraient l'incoi ienl d'augmenter la charge permanente en raison d ension initiale qu'il faut leur donner. Toutefois les A ricains (fig. 167) emploient généra! un certain nombre de 1 bans ainsi placés, mais spé lement en vue du contreve ment, dont nous nous occupei plus loin.
Il est évident que l'emploi haubans ne dispense pas de ( des poutres auxiliaires ; toul contraire il le rend absolut indispensable. En effet, si uppose qu'à une température élevée, correspondant ( nasimum de fatigue des haubans, une surcharge coiicen ioil pUcée en un point du ttd)licr, le hauban qui abou » point supporterait tout et serait exposé à se rom ii la poutre auxiliaire n'était pas là pour reporter le p lur plusieurs haubans successifs.
A titre d'exemple à l'appui de ce qui précède, nous doni fig. 167 et 168) les dessins de deux grands ponts suspei itablis, l'un dans le système européen (Pont de Fribour Puisse), l'autre dans le système américain avec hauba: Mutre auxiliaire, et cftble auxiliaire de contrevcntei PoQt de Clifton, sur le Niagara.)
Fig. (66
PO>TS MiÎTALLÎOUES.
P0XT3 HÉTAtUQUËS.
POSTS HËTALUQDES.
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PONTS MÉTALUQUES.
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Nous croyons utile de terminer cette étude en donnant un extrait, tiré de l'ouvrage de M. Comolli sur les ponts araéri cains, du rapport de plusieurs Ingénieurs américains relatif aux différents projets présentés pour rétablissement d'un pont pour chemin de fer de 228 mètres l'ouverture sur la rivière de l'Est à New-York. Cet extrait est relatif aux projets de ponts suspendus présentés par deux concurrents.
« M. W.-S. Pope propose, au nom de la Compagnie des travaux de ponts de Détroit, un pont suspendu à poutre auxiliaire. Les câbles seraient en fil d'acier, et les grandes travées auraient la forme indiquée sur la figure.
« Les descriptions qui accompagnent les plans sont les plus complètes que nous ayons reçues. Les natures des efforts et leurs calculs, ainsi que la description des parties, sont disposés si intelligemment qu'on a immédiatement une idée claire de chacun des détails du dessin.
« Nous ne pouvons accepter cependant comme exactes quelques-unes des hypothèses adoptées pour la distribution des efforts, La poutre de rigidité, qui supporte la chaussée sur les grandes travées, est suspendue au câble par des tiges de suspension, et aux tours par une série de haubans qui s'étendent jusqu'à environ la moitié delà distance de l'extrémité des tours au milieu du pont, comme dans le pont suspendu du Niagara. Dans ce système, on prétend que les câbles supportent une moitié du poids, et que l'autre moitié est supportée par les haubans. Or, ces câbles et ces haubans forment deux systèmes de suspension indépendants et distincts, et il n'existe aucune preuve que le poids placé à un point quelconque se distribuera dans la proportion particulière prétendue. Si bien ajustés qu'ils soient au moment de l'érection, les deux systèmes éprouvent des altérations résul tant des changements dans la température, et ces changements doivent altérer leur position et leur longueur relatives, et aussi les proportions relatives des poids qu'ils supportent. C'est le cas qui se produit au pont du Niagara ; la contraction du câble dans une froide journée d'hiver, élève la plate-forme et soulage les haubans du pont à ce point qu'ils se courbent. Les câbles dans ce pont doivent donc être construits assez solides pour faire tout le travail avec un coefficient de sécurité
CHAP. IV. PONTS SUSPENDUS
d'environ 4 ^ , et les haubans doivent servir seulement à rendre la poutre rigide.
« Nous voyons cependant que le projet ne prévoit pas les effets des changements de température qui sont très considérables dans les grandes travées.
« — C'est aussi un pont suspendu de même espèce qui est soumis par E.-W. Serrell et fils ; les câbles se composent de barres à œils qui, unies à un système de haubans, soutiennent une poutre rigide.
« Nous ne pouvons accepter ce projet qui ne répond pas à la condition du programme, stipulant que la construction doit être conçue de manière à prévoir le maximum des forces qui peuvent se produire sur chaque partie du pont.
« Les auteurs prétendent que tout le poids mort de la construction, dans leslongues travées, serasupporté par les barres à œils, ce qui est vrai jusque-là ; mais ils prétendent ég*alement que, dans la portion où les deux systèmes s'étendent, tout le poids y\î sera supporté par les haubans, aussi loin qu'ils s'atlachent, et que les chaînes supporteront le reste, c'est-à-dire • ette portion du poids vif qui se trouve entre les extrémités des systèmes de haubans. Cette prétention ne paraît justifiée à aucun membre du comité. Il lui a semblé qu'en concevant une structure composée, dans laquelle différents systèmes doivent supporter le poids, comme dans le cas d'une chaîne de barre à œils et de haubans diagonaux, ou dans celui d'un arc et d'une poulro, il est naturel de prétendre que le poids sera réparti en quelque proportion entre eux ; mais, dans ce cas, il est indispensable pour la sécurité que chacun d'eux soil d'une force suffisante pour supporter seul tout le poids qui peut se produire sur les deux ; et comme dans le cas aciuel le poids mort et le poids vif sont principalement concentrés sur le même plancher, il est probable que les forces résultant des deux poids suivront la même loi de stabilité et prendront la plus courte voie possible vers le sommet des tours, compatible avec la répartition des poids et la constitution du pont.
« Les calculs de forces résultant du poids vif supporté parle câble entre les extrémités des haubans, et de ceux dus
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au vent agissant de la rivière sur les faces des tours, laissent beaucoup à désirer.
« Les poutres de rigidité sont de la hauteur de 12 1/2 pieds (3™ 810), ce qui nous paraît insuffisant et rendrait trop flexible le milieu de la travée, dont cette partie serait soumise à de trop grands efforts, si des trains à grande vitesse passaient sur elles, ainsi que cela doit se produire.
(( Les auteurs du projet proposentune disposition ingénieuse pour assurer le travail concourant du câble et des haubans, lors des changements de température. Ils proposent de fixer aux selles sur les tours un levier, et d'attacher les haubaas à une série de pivots placés sur ce levier, de telle façon que ses mouvements compenseront les différentes contractions et extensions des chaînes et des haubans, selon les différentes températures. Nous ne saurions dire si cette disposition donnerait les résultat attendus. S'il était certain que tous les différents éléments du pont fussent toujours exposés également au soleil et également chauffés ou refroidis, et que la dilatation du câble et de la poutre, rigide fût toujours linéaire, au lieu de présenter une courbe dont la courbure cliange avec la température, le résultat poursuivi par les auteurs serait acquis sans aucun doute. Cependant il est bon d'étudier ce point avant de recommander l'adoption d'une méthode qui, bien qu'ingénieuse, n'est encore qu'à l'état d'expérience future.
« Il faut faire remarquer qu'aucun des dessins soumis et conçus avec l'emploi des ponts suspendus ne remplit les conditions stipulées. Cela résulte en partie des défauts dans les détails, mais surtout de la difficulté d'adapter ce système aux nécessités du trafic auquel on doit satisfaire et qui exige une structure rigide. Les ponts suspendus avec poutres rigides sont nombreux et ont été érigés avec succès sur les routes sur lesquelles les poids roulants sont légers et ont une vitesse réduite, donnant ainsi à une construction flexible le temps de s'assimiler les efforts successifs correspondant aux déplacements des poids qu'elle supporte. Quand, au contraire, les poids énormes et rapprochés des locomotives et des trains passent à grande vitesse (comme ce serait le cas sur un pont de 2 milles de longueur, assez coûteux pour ne
f.VTl
CHAP. IV. PONTS SUSPENDUS
négliger aucun des profits qu'il peut donner, afin de payer les intérêts du capital engagé), la construction doit encore être assez rigide pour ne recevoir aucune secousse sous les effets du poids vif.
« Cette rigidité indispensable peut être donnée, pensonsnous, par une poutre auxiliaire, mais la rigidité même de la poutre, si elle est continue, Tempêche de travailler en harmonie, selon la température, avec le câble. Il en est ainsi dans les ponts routiers auxquels nous avons fait allusion, et au pont du Niagara (sur lequel on n'autorise que le mouvement ralenti des trains), où Ton a employé une poutre auxiliaire continue. De là, l'obligation d'employer un système de poutre auxiliaire qui reste fixe dans son milieu. Le projet que nous venons d'examiner, ou les autres dispositions proposées jusqu'à présent (et que nous n'avons la place pour discuter), force à s'éloigner considérablement des méthodes ordinaires de suspension, et aucun des dessins soumis (excepté, peutêtre, celui de la Compagnie des Ponts de Cincinnati) ne semble reconnaître cette obligation (1). »
GONTREVENTEMENT.
lOO. Oontreven tentent liorlzoïttal* — Les càbles
de suspension n'offrent au vent qu'une prise insignifiante; c'est sur les garde-corps et le plancher du tablier que s'exerce son action, et comme, en général, le poids propre de l'ouvrage est faible, il peut subir de ce chef un déplacement sensible et des oscillations dangereuses, qu'il convient d^empôchcr. La rigidité du tablier, considéré comme poutre de contreventement et soutenu à ses extrémités par les culées, pourrait suffire. Mais en général le tablier est très légèrement établi, et l'adjonction de contrevents
(I) Le projet de la Compaguie des ponts de Cincinnati comportait un pont su^penda rigide du type étudié au numéro 113.
te.*
Talourdirait beaucoup trop. D'ailleurs, pour un pont suspendu de grande ouverture, la faible largeur du tablier, qui
atteint tout au plus — ou ^ de la portée, ne lui permel
«u ou
pas de constituer une poutre suffisamment indéformable.
Le moyen le plus simple et le plus efficace (Jiff. 168 bis] consiste à employer des câbles auxiliaires situés dans un plan horizontal et reliés au tablier par des tiges également horizontales. Ces câbles se calculent comme les câbles principaux, de façon à résister aux efforts du vent; leurs extrémités sont amarrées sur le prolongement des culées. En réalité, ces câbles sont dans un plan oblique, et on ne peut faire autrement, car ils sont sollicités par leur propre poids. D'habitude on les dispose de façon que leur convexité soit opposée à celle des câbles principaux; alors, lorsqu'il n'y a pas de vent, ils exercent sur les tiges qui les relient au tablier et aux câbles principaux des efforts de fraction que Ton règle en tendant plus ou moins ces câbles lors de la construction de l'ouvrage. Ils sont ainsi soumis à une charge permanente qui dépend de la tension initiale qui leur a été donnée, et qui doit être telle que la surcharge accidentelle, c'est-à-dire l'effort maximum du vent, ne déforme le câble, et par suite ne déplace le tablier, que dans la limite que l'on estime ne pas présenter d'inconvénient. Les composantes horizontales des charges des deux câbles de contreventement opposés sont égales et de sens contraire; elles se détruisent. Quant aux composantes verticales, qui sont, ainsi que nous l'avons dit, dirigées de haut en bas, elles s'ajoutent au poids du tablier et augmentent d'autant la charge supportée par les câbles principaux.
On peut remplacer les câbles auxiliaires par des haubans obliques venant relier aux culées différents points du tablier. Leur calcul ne présente aucune difficulté.
Un autre moyen de conlreventer horizontalement les ponts suspendus, consiste à placer les câbles principaux dans des plans obliques au lieu de plans verticaux {fiff. 168). L'écartement des points d'appui des câbles sur les culées est alors plus grand que la largeur du tablier. Le calcul des câbles prin<^ipaux se fait d'ailleurs par les formules habituelles, où
CHAP. IV. PONTS SUSPENDUS. 257
il convient seulement de substituer à jo et w, valeurs réelles
de la charge et de la surcharge du pont, les valeurs rr-^ —
Los o>'
et——, en désignant par w Tangle du plan des câbles avec la
verticale.
p Chaque câble supporte dans son plan la charge qui
se décompose en un poids vertical P, égal à celui du tablier, et en une composante horizontale P tg w transmise au tablier et é(juilibrée par la composante égale et de sens contraire du côté opposé BD
L'effet de l'inclinaison du plan des
câbles principaux au point de vue de
la résistance aux efforts du vent est
'^* * aisé à calculer.
Soit 0) Tangle du plan de câble et du plan vertical qui
passe par ses deux extrémités, que Ton suppose situées sur
uae même horizontale.
Soit P le poids total du pont, que Ton peut regarder, sans grande erreur, comme appliqué sur le tablier, et V Teffort total du vent, pour lequel nous ferons la même hypothèse. Désignons par 9 le déplacement angulaire que subirait le plan des câbles principaux sous Taction du vent, pour atteindre une position d'équilibre statique; on a, en appelant b la distance verticale du tablier aux points d'appui du câble, l'équation d'équilibre : .
Vi = *P [tg (« +^) tg (.0 - ,)] = 6 P tg, (^-i±|^^^
En négligeant tg" w tg*(p, on trouve :
^ \+ tg'w
On voit que le déplacement angulaire 9, et par suite Tamplitude des vibrations causées par le vent, décroît au fur o^ a mesure que w augmente.
ït
im^'
Pour 0) = 0, ce qui est le cas ordinaire, où les câbles sont situés dans des plans verticaux, on a :
L'effet du vent n'est d'ailleurs réduit de moitié que pour
0) := —jT» ce que l'on n'admet pas en pratique.
En réalité, dans les limites où varie en général w, c-o système de contreventement n'est pas bien efficace, et, si Ton incline le plan des câbles principaux, c'est plutôt pour élargir le passage à ménager dans les culées, entre les piliers qui seiTcnt de supports aux câbles principaux {fiff. 167 et 168).
moT. ooiiti*eveiiteiiieiit vepticAl* — Lorsqu'un pont suspendu est établi dans une gorge étroite, à une grande hauteur au-dessus du fond de la vallée, il arrive que le vent exerce son action de bas en haut sur le tablier : Vu la grande surface offerte par celui-ci, Teffort qu'il subit est considérable et tend à le soulever. Si lèvent agit plus sur une moitié de la travée que sur l'autre, ce qui est le cas- le plus fréquent (les courants atmosphériques suivant en général un des flancs de la vallée), l'effort produit est le même que si l'on déchargeait brusquement la demi-travée qui tend à se soulever; la déformation qui en résulte pour le câble est donc identique à celle que produirait une surcharge placée brusquement sur une moitié de la portée. On conçoit qu'il se produise des vibrations de grande amplitude, le tablier s'abaissant et se relevant tour-à-tour de part et d'autre du milieu de la portée, jusqu'à ce qu'il se produise une rupture par suite du travail excessif développé dans les câbles.
C'est ainsi que le pont de la Roche-Bernard, sur la Vilaine, a été renversé plusieurs fois par des ouragans, et ce n'est guère que de cette façon que le vent peut amener la rupture d'un pont suspendu, un ouvrage de cette nature n'oflFranl une grande surface de résistance que dans la direction verticale perpendiculaire à son tablier. -
On peut protéger les ponts suspendus en établissant des
?. IV. PONTS SUSPENDUS. 259
ués dans des plans verticaux (^^. 170), ou dans des plans obliques avec une courbure opposée à celle des cAbles principaux.
Nous avons vu au n* 101 comment de semblables câbles se calculent. Nous n'y reviendrons pas. loi la charge est due à la tension initiale donnée au câble lors du montage, et la surcharge Fîi no ^^^ égale à l'effort maximum que pro-
duirait le vent sur le tablier.
Comme d'ailleurs, ainsi que nous venons de le dire, l'effet oduit par le vent est identique à celui- qui serait dû à l'action stantaoée d'une surcharge inégalement répartie, les dispojona qui ont pour objet de soustraire les ponts aux effets l'inégalité de répartition de la surcharge, protègent par là îmc l'ouvrage contre l'action du vent agissant de bas en Mt. Par conséquent les haubans constituent un système de ntreventement vertical bien plus effi,cace qne les câbles ixiliaires à courbure inverse dont ils rendent l'emploi surOu. C'est ce qui explique pourquoi, lorsque pour les ponts Stalliques ordinaires le nombre des catastrophes ducs à ftiou du vent paraît proportionnellement plus élevé en nérique qu'en Europe, la comparaison donne un résultat isoluiaent différent en ce qui touche les poats suspendus : I renforçant à l'aide de haubans leurs ponts suspendus, les néricains se sont mis à l'abri de désastres semblables à lui du pont de la Rodic-Bcrnard