AfTaibliftsement des tôles par la rivure
Remarquons ici que chaque rivet présente deux sections de cisaillement. Considérons un rivet de diamètre d^ réunissant ensemble un paquet de tôles superposées, d'une épaisseur totale E. L'aire de la section transversale des tôles, passant par Taxe du rivet, est réduite de dxE. Mais d'autre part la résistance au frottement développée par le rivet établit une certaine compensation. En effet, supposons les tôles coupées
suivant la section ab passant par l'axe du rivet (fig. 69); pour séparer la partie située à droite de cette section ab de la partie située à gauche, il faudra vaincre l'adhérence des deux tètes de rivets sur l'un des paquets de tôle, les saillies de ces deux tètes constituant une sorte de mâchoire qui saisit le paquet. Nous avons vu que l'adhérence du rivet pouvait être évaluée au minimum à 12 k.
par mm. carré; on peut admettre qu'elle entre en jeu (les têtes opposées du rivet fonctionnant comme des couvre-joints serrés sur des tôles) jusqu'à concurrence de 3 k. seulement, ce qui, pour l'ensemble, de la section, donne une résistance
totale égale à — ^ , équivalente à un supplément de section
du paquet de tôle égal à —, la tôle élant supposée travailler
â raison de 6 kilogrammes par millimètre carré.
L'affaiblissement des tôles au droit du trou de rivet est donc en définitive égal à :
l'ig. 69.
Il est nul pour 6f= - E, ce qui ne se présente jamais.
Il a pour limite supérieure — •
Il convient, en définitive, de retrancher de la section transversaledes tôles la section longitudinale dE de chaque trou de rivet. C'est ainsi que l'on procède souvent à l'étranger, notamment en Hollande et en Allemagne. En France, sous le régime de la circulaire de 1877, on ne se préoccupait nullement de cette cause d'affaiblissement des tôles, mais, à titre de compensation, on admettait une limite ie travail sensiblement inférieure à celle admise en Allemagne : 6 k. au lieu de 7 k. et plus. Cela permettait d'effectuer tous les calculs de stabilité relatifs à un ouvrage avant d'arrêter les dispositions de larivure. La circulaire de 1891 a prescrit de déduire les Irons de rivets des sections brutes des tôles ou profilés, et de baser l'évaluation du travail sur les section nettes. L'affaiblissement
1 1 à prévoir de ce chef, ne diffère guère en général de - ou - •
Ce que nous venons de dire s'applique particulièrement aux pièces tendues. Pour les pièces comprimées on pourrait admettre que, le rivet remplissant exactement son trou, la compression se transmet dans le corps même du rivet; mais bien que la compression tendant à aplatir le trou du rivet rende le contact de ce dernier avec les tôles plus intime, peut-être est'il plus prudent de ne point compter sur une circonstance favorable, dont on ne peut guère être absolument certain. Il est vrai aussi que la tension des tôles tend à allonger le trou du rivet en l'ovalisant et que le rivet, en s^opposant à cette déformation, soulage les tôles dans une certaine mesure, mais il est difficile de se rendre un compte exact de ce bénéfice, malaisé à évaluer, parce qu'il dépend du soin apportée dans la pose du rivet.
La circulaire de 1891 ne distingue pas d'ailleurs le cas du travail à la compression ou au glissement de celui du travail à l'extension ; quel que soit le genre d*effort supporté par la pièce, on doit toujours déduire les vides des rivets de la section brute, pour avoir la section nette.