LE VERRAT
Lorsqu'on veut produire de bons porcs à bacon, il ne faut employer que des verrats de race pure de l’une des races susmentionnées. Les mâles de race pure communiquent mieux leurs caractères que les mâles améliorés ou métis, en raison du fait qu'ils ont été pendant des générations sélectionnés avec certains buts en
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vue. En d’autres termes, il est probable que les verrats de race pure produiront des portées dont chaque individu aura une conformation ressemblant de près à celle du père tandis que les porcelets d’une portée issue de verrats améliorés ou métis seront probablement de conformation très variable.
Le verrat, c'est la moitié du troupeau, et là où l’on emploie un verrat de race pure sur des truies communes ou améliorées, il est d'une importance encore plus grande que ne sont toutes les truies ensemble, pour ce qui est de la conformation. Il est donc évident qu'il faut mettre un très grand soin à choisir un verrat qu'on veut mettre à la tête d'un troupeau même ordinaire, Tous les animaux de race pure ne sont pas nécessairement de bons sujets. Maint porc à pedigree dont on fait maintenant usage, aurait dû être châtré dans son jeune âge. Le fait même qu'ils sont de race pure, bien que de mérite inférieur, les rend plus dangereux que ne seraient même des sujets communs abâtardis améliorés, parce qu’étant de race pure, il est beaucoup plus probable qu'ils transmettront leur cachet individuel à tousleurs descendants. Qu'on se garde donc d'avoir rien à faire avec un sujet abâtardi de race pure.
Le verrat, pour être bon, doit en premier lieu venir de bonne souche. On trouve quelquefois des verrats bien conformés parmi les portées de reproducteurs d’un mérite inférieur. Il n’est pas probable que de tels verrats donnent satisfaction, quelque rapprochés qu'ils puissent d’ailleurs être de l'idéal par la conformation et les caractères.
Il va sans dire que le verrat idéal pour la production de porcs à bacon variera quelque peu en conformation suivant la race à lequelle il appartient. Généralement, toutefois, il doit être d'apparence fortement masculine mais non grossière. L’apparence masculine indique la capacité de transmettre Îles caractères aux descendants. Elle se voit dans différentes parties du sujet, plus particulièrement dans la tête, le cou et les jambes. La tête doit être de bonne grosseur, à traits prononcés et large entre les yeux et entre les oreilles. Elle doit être attachée au tronc par un cou court, robuste, un peu arqué. Les soies doivent être un peu plus grossières et les jambes un peu plus fortes qu’on ne le désirerait chez une truie de même taille et de même âge. On prend souvent une apparence grossière chez les verrats pour une apparence masculine; c’est particuliôrement le cas lorsque l'apparence grossière est très accentuée dans la région des épaules. Les verrats à larges épaules lourdes ne sont pas nécessairement de ceux qui transmettent leurs caractères à leur progéniture, ni même des mâles extraordinairement vigoureux. Au contraire, on trouve assez souvent qu'ils manquent de vitalité et qu'ils ne sont pas aussi aptes à transmettre leurs qualités à leurs decendants. Le mâle à épaules effacées, à poitrine profonde, à ample circonférence à la hauteur du cœur et à flancs bien pleins en avant se trouvera bien plus probablement un progéniteur de mérite que le sujet à épaules lourdes et à énorme crête hérissée, que l’on considère souvent comme étant le type idéal.
Le mâle doit plutôt être à corps plus court que le pore à bacon idéal que l’on désire produire, et être de forme un peu plus compacte. Il doit se tenir sur la pointe même des onglons, et avoir les jambes "plutôt courtes, très robustes, nettes, droites, lien placées. Les cuisses et les jambes postérieures doivent être particulièrement bien développées et sans aucun signe de faiblesse. La croupe doit être large, longue et se prolonger assez uniment. Chacun des muscles de la cuisse doit se bien dessiner sur toute sa longueur jusqu’au jarret, tant à l'interieur qu’à l’extérieur du grasset. Les jarrets doivent être robustes et d’aplomb, et les boulets particulièrement bien formés et bien implantés.
Les dos doit être long, large et droit, sauf une légère voussure aux reins. Le corps doit être profond et d’apparence robuste.
Les organes extérieurs de la reproduction doivent être normaux et bien développés. Il ne faut jamais employer comme reproducteurs des sujets qui ont une hernie.
En un mot, le mäle doit ètre bien proportionné, symétrique, manifester une
grande vitalité et avoir une conformation et une apparence masculines. LA TRUIE.
Toute truie dans un troupeau doit être aussi bonne que possible. D'avoir un bon verrat ne peut pas compenser pour des truies sans mérite. Toutefois, lorsqu'on ne veut pas vendre des porcelets pour la reproduction, il n’est pas absolument nécessaire pour réussir d'employer des truies de race pure.
On suppose généralement que la bonne truie reproductrice doit avoir le corps un peu moins ramassé, une structure plutôt plus lâche et une conformation tant soit peu plus ouverte que le bon verrat dela même race. Bien des truies à corps compact n'ont pas moins Cté excellentes reproductrices, donnant et élevant de nombreuses portées d’un mérite uniforme et d’un développement rapide. Il est aussi très facile de choiser des truies à structure si lâche et disproportionnée qu'elles sont tout à fait inutiles comme mères. La truie doit avoir une apparence essentiellement féminine. Elle doit avoir le groin fort mais à contour net, le front large, les xeux gros, distants, les oreilles d'épaisseur moyenne, fermes élastiques et recouvertes d’un poil fin. Le cou doit étre de longueur moyenne, assez fin et nullement arqué. Les épaules doivent ètre régulièrement arrondies d’un côté à l’autre ; mais même si elles sont légérement ouvertes c’est un moindre défaut que chez le verrat. La poitrine doit étre large et profonde et la circonicrence à la hauteur du cœur très grande. Le dos doit être long, large et voussé vers les reins et aux reins, plutôt que rectiligne. Une bonne poitrine et de bons flancs postérieurs sont particulièrement importants chez la truie reproductrice. Ce sont des indices de force et de fécondité. Il est de toute importance que les côtes naissent horizontalement et que le corps soit profond; ce sont des signes de fécondité et d'abondanee probable de lait pour les petits quand il + en aura besoin.
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TRAVAIL FOUR L'ACCUUPLEMENT LORSQUE LE VERRAT ET LA TRUIE SONT DE TAILLE INEGALE OÙ Te QUE LA TRUIE EST REFRACTAIRE.
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Les cuisses ou quartiers de derrière doivent être larges ct bien charnues jusqu'aux jarrets. Les jarrets doivent être largement écartés mais d’aplomb. Cette conformation, jointe à une croupe large, annonce la facilité à mettre bas, considération d'une très haute importance. Les jambes doivent être bien faites, robustes, à os régulier et à boulets verticaux. Les os ne doivent pas être trop gros ni la conformation grossière, mais on ne peut trop fortement condamner des os qu'on pourrait appeler fins ; cela signifie stérilité ou portées peu nombreuses, petits faibles et opérations sans profit.
Il ne faut jamais garder pour la production une truie qui aurait moins de douze tétines. Si elle en a quatorze ou quinze bien conformées, les antérieures bien en avant près des jambes de devant, mieux cela vaudra.
Les tétines doivent être uniformément distribuées et chacune avoir une mamelle bien distincte. Il faut examiner soigneusement les tétines pour voir que toutes donnert du lait et ne sont pas borgnes, et qu'il n’y en a point de petites socondaires à côté des grosses tétines bie conformées. Les tétines borgnes, c'està-dire n'ayant point d'ouverture, ne produiront point de lait: les tétines secondaires à côté des bonnes ne valent guère mieux que les tétines borgnes.
Lorsqu'on cherche des sujets satisfaisant aussi bien que possible aux conditions ci-dessus, il ne faut aucunement s'arrêter à des sujets provenant de portées peu nombreuses, sans uniformité ou mal nourries. La fécondité est héréditaire, comme aussi la mise bas de portées uniformes et la capacité de fournir abondance de Jait pour la nourriture des petits. Assez souvent de bonnes portées sont gâtées par li pauvre aptitude laitière de la mère. Cette qualité d’une bonne truie devrait recevoir beaucoup plus d'attention qu’on ne lui en donne habituellement; et attention à ce point dans le choix de la truie serait certainement récompensée par le développement rapide et la vigueur des portées des truies bonnes laitières.
Comme dernier mot, que les truies choisies soient dociles. Un sujet nerveux, rritable, ne peut qu'être une source de déboires pour la reproduction. Les jeunes pores ne manifestent pas toujours ce qu’’ils sont à cet égard, même s'ils ont cette disposition d'une manière très marquée ; conséquemment, il faut prendre note du caractère de la mère. Naturellement, on peut faire beaucoup par les soins et l'éducation ou le contraire pour former ou gâter les animaux des deux sexes scus ce rapport Il faut de la douceur dans le traitement des animaux de ferme de toute espéce ; aucune catégorie d'animaux n’y répondra mieux que les truies et les verrats d'‘élerage.
FOBMER UN TROUPEAU.
Au novice peu au fait de la zootechnie du pore, je puis offrir encore deux conseils.
Il vaut mieux faire son premier choix dans un troupeau qui présente uniformité du type, pourvu, cela va sans dire, que ce type soit passablement rapproché de l'idéal, Il est beaucoup moins difficile de juger de la valeur d’un pore pour la reproduction à neuf mois, ou davantage, que lorsqu'il est plus jeune. Aussi la manière la plus sûre et très probablement la plus économique pour un commencant serait d'acheter de jeunes truies déjà pleines et en bon état. Outre les détails déjà discutés dans les pages précédentes, l’archeteur doit tàcher d’avoir des truies bien développées pour leur âge et se ressemblant de près entre elles quant aux caractères et quant à la conformation. Si l’on désire constituer un troupeau de race pure, le caractère distinctif qui aura le plus de valeur et sera ln recommandation la plus utile, sera l’uniformité du type dans le troupeau entier. Il n’est pas besoin d'acheter le verrat ou les verrats en même temps que les truies: et. de fait, il vaut mieux ne pas le faire. Pour choisir un bon sujet à mettre à la tête du trouneau, ii sera d’un grand secours d'étudier les truies et leurs portées pendant quelques mois en se rappelant quels ont été les pères des portées. Le mâle doit être choisi d’après le type décrit ci-dessus; mais il faut prendre en considération tout point faible chez les truies, et un verrat d'un
mérite spécial, si les truies laissent à désirer, sera utile pour corriger les défauts, de sorte qu'ils ne soient pas transmis aux descendants. A l’occasion, s'il n'y a point de sérieux défaut apparent et lorsqu'on désire particulièrement fixer plus fermement quelque bonne qualité ou établir un type, on peut accoupler des pores de parenté assez rapprochée. Il y a toutefois danger à faire plus d’un croisement avec des verrats alliés de près, et, généralement parlant, il ne faut pas accoupler des sujets de parenté plus rapprochée que de trois générations.