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Port-Royal

&» vijftte dftos VOratoire. — S«s GQaî6r$oM» puUi^uds* — 8% /iiite de 6^Dt-]tfagloire. — 3a r^traitd auprès d^Arnauld. — Soa retour en France ; année» ensevelies. — - Sauvagerie et solitude. — Agrément et M-etpxlt. — Lettres à madame de Fontpertuis. •>- Extraits des lettres & la dudiesse é'Épemon. -^ Rentrée dt Du Guet dans le monda ; logé à VbÙiiai dt Mtaars. — Son boau ^ Joug momeat. <— Consulté d» tous ; Mpri^ universel. -^ Audi*iaur d'iiJboZw. — Sa lettre à madame de La Fayette. — Carac- 1ère tout cbrétlen de sa direotion. — Rigueur consolante. — Sos explications de l'Écriture à Tabbé d'As^ld et à RoUin .

Dtt G^et nW pas, à proprement parler, un homme de Port-Boyal ; il est à peine mentionné dans les his^ toires particulières qu'on a écrites de ce monastère et de ces Messieurs; il est venu trop tard pour habiter oe dési^ ; il correspondit seulement avec mademoiseUe de Vertus, et, i la demande de M^ Arnauld, il écrifit un Éloge de la mère Angélique de Saint-Jean : miûs, s'il ne fut pas tout à fait un de nos solitaires, il tient étroi* tement à eux par une vie semblable, par Tunanimité de dootiÉies, de tradition, d^esprit, et comme ayant été env^oppé jusqu'à la fin dans les suites de la même

persécution. — II se range bien^ un peu après par Tàge, à côté de M. Le Toumeux, de M. de Tillemont.

Jacques-Joseph I)u Guet était né à Montbrison dans le Forez, le 9 décembre 1649, d'un père avocat du roi au présidial de cette ville, et d une sainte mère (Marguerite Golombet), de qui son père lui écrivait (janvier 1684) lorsqu'ils la perdirent : « Si les canonisations se faisoient à présent comme dans la primitive Église, votre mère seroit déjà canonisée par tout le peuple de cette ville. » Il étudia au collège des Pères de l'Oratoire de Montbrison, et montra dès l'abord de rares facultés. Un jour à la campagne, étant tombé sur YAstrée de d'Urfé, dont les scènes se passaient dans ce pays même du Forez, il y trouva un grand charme, et son imagination de douze ans, délicate et tendre, en prit éveil au point de vouloir composer une longue histoire dans le même goût, où seraient entrées les aventures légèrement romancées des principales &nûlles de Montbrison. Il ne s'en tint pas au projet et écrivit une partie du roman; mais, quand il en fit lecture à sa mère, elle l'arrêta dès les premières pages en disant : « Vous seriez bien malheureux, mon fils, si vous faisiez un si mauvais usage des talents que Dieu vous a donnés. * Le jeune Du Guet jeta son roman au feu, et, renonçant aux profanes lectures, il n'eut plus d'application qu'aux études les plus sérieuses.

Ainsi Du Guet commence volontiers avec VAstrée, comme Racine avec Théagène; mais il coupe court, son goût naturel ne triomphe pas ; on ne le retrouvera plus chez lui que dans sa dévotion même et dans sa vie grave, en délicatesses ingénieuses, en scrupules tendres; on le retrouvera surtout comme une source cachée, souterraine et filtrante, au fond de sa science, du cœur, et dans les conseils pénétrants, exquis, qa'il saura donner à bien des âmes trop éprises de l'enchantement

sensible, à celle, par exemple, qui écrivit la Princesse de Clèves.

Ce premier sacrifice du jeune Du Guet enferme tous les autres; sa vie désormais n'est plus qu'un long sacrifice du goût au devoir, de l'attrait au scrupule. Ses études faites, il obtint de son père d'entrer dans l'Oratoire, où un frère aîné l'avait précédé. Il vint à Paris à la maison . de l'Institution pour y faire son noviciat, et y demeura deux ans. Il fut dès ce temps-là, et n*étant âgé que de vingt ans (1669), en liaison avec MM. Arnauld et Nicole et dans leur confiance : c'était l'heure de la Paix de Clément IX ; il en savait les moindres circonstances, et il a dit lui-même plus tard que, dans le temps de cette Paix, M. Arnauld et M. Nicole lui racontaient tout ce qui se passait et en conféraient avec lui. Il fut envoyé ensuite en province, à Saumur, puis à Troyes; dans cette dernière ville, il professait la philosophie. Il dut être de ceux, et l'un des premiers, qui introduisirent dans l'Oratoire les principes du bon sens logique do Port-Royal, contre lesquels, du reste, il y eut lutte et bientôt interdiction déclarée dans cette Congrégation comme au sein de l'Université. Il a rang dans cette liste des maîtres excellents : Lancelot, Nicole, le Père Lami, Rollin.

Outre sa classe de philosophie, pendant son séjour à Troyes, Du Guet fut chargé de faire, les dimanches et fêtes, dans la paroisse de Saint-Remy, un catéchisme pour les pauvres. Ce catéchisme devint bientôt une instruction commune à toute la ville. Chacun y accourait entendre les vérités chrétiennes profondément saisies, lucidement développées et rendues attrayantes d'onction : vis fandi blanda, comrce dit Rollin dans le Portrait de Du Guet. Cet empressement effraya le modeste cambiste, et il demanda à être remplacé. Il représenta surtout à ses Supérieurs que l'affluence des

personnes de la ville empêchait les pauvres d'arriver à cette instruction, qui était pour eux. Admirable image de ce qui est le sort ordinaire des trop brillants talents et le profit le plus clair de leur emploi! le monde y accourt, les pauvres en sont chassés. Du Guet ne le voulait point ainsi : aussi son soin était plutftt de s'éteindre. Il obtint enfin de ses Supérieurs d'être rem^ placé..

Du Guet (ceux qui l'ont le mieux connu l'ont remar*qué) eut toujours une grande tentation k combattre : c'est qu'il s'est toujours vu admirer de tous ceux qui Tentendaieut. Il parlait avec une facilité charmante et comme s'il avait lu dans un livre, et de plus avec cet agrément de vivacité et de surprise que la parole trouvée a toujours. Ses livres sont bien beaux, disaient ses amis, mais les mêmes choses qui y sont traitées réus* sissaient mieux encore dans sa bouche que dans ses livres.

Il passa dans diverses maisons de l'Oratoire, fat & Aubervilliers près Paris (Notre-Dame- des-Vertns), et revint h Paris demeurer au séminaire de Saint-Ma* gloire; il y fut ordonné prêtre en 1677. Son enseignement durant ces années était celui de la théologie dite positive. Les Conférences publiques qu'il y fit en Î678, 1679, eurent de l'éclat et fondèrent sa réputation. On en a imprimé après sa mort deux volumes in-quarto^ où les matières ne sont qu'à l'état de mémoires ou de dissertations savantes ; il y répandait du charme et je ne sais quelle vie en les exposant. Cela avait de Pattrait dans sa bouche. Une foule d'auditeurs, dans oe faubourg Saint-Jacques si bien habité, accouraient entendre ces éclaircissements approfondis sur divers points de l'antiquité ecclésiastique. Du Guet n'avait que trente ans, et tout l'annonçait comme une lumière de plus dans cette Église de France, alors ornée de tant de lumières. Il

avait pris rang comme grand eoRférencier vers ce mêraa temps où M. Le Tonrneux se révélait oomme grand prédicateur : Vxxn et l'autre ne devaient avoir qu'un brillant éclair, puis s'éclipser. Ge fut sa délicatesse de eanté qui força Du Guet d'interrompre son propre sticeès en 1680 ; il ne faisait par là que prévenir les empêchements qui lui seraient venus du dehors. Certaines conversations de lui, en ces années, n'ont pas laissé un moindre souvenir que ses Conférences. J'ai rapporté ailleurs^ celle qu'il eut avec Bossuet en présence de l'abbé de Fleuri , sur le sens considérable et prophé-^ tique qu'il donnait au chapitre XI de TÉpitre aux Romains : fiossuet, assure-t-on, en profita dans son Dis^ cours iur V Histoire universelle; ce cpii oblige de placer cet entretien avant 1681. De Saint-Magloire, Du Guet passa, sur la fin de 1683, dans la maison de l'Institu* tion, dont le fondateur, M. Pinette, le demanda aux Supérieurs avec un empressement si vif et si tendre, comme un sujet nécessaire, qu'on ne put le lui refuser. Il y resta un peu moins d'un an, n'ayant pu s'accoutumer à prendre part à la direction. C'est avant d'y entrer qu'il fit avec un de ses confrères, le Père de Ghevigny, le voyage de Strasbourg (16^2) pour aviser à établir, s'il y avait lieu, une maison de l'Oratoire et à convertir les Luthériens dans cette cité tout nouvellement occupée, qui allait être réunie à la France. M. de Ghamilly y était gouverneur militaire. « Mais, écrivait Du Guet, les catholiques sont soldats pour la plupart, occupés à la citadelle, aux forts, à autre chose qu'à leur conscience ; les hérétiques bourgeois sont sur leurs gardes, et le magistrat est un homme délicat qui a l'œil à tout, qui se plaint de tout, et qui fait de toutes choses une affaire d'Élat. » On crut qu'en lui donnant celte mission,

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