‹ Port-RoyalChapitre 24 sur 40 · Il s*agit du Père Quesnel, alors retiré à BroxeUes · texte numérisé non relu

Il s*agit du Père Quesnel, alors retiré à BroxeUes

3. Racine, qui avait demeuré rue des Maçons-Sorbonne, habitait en dernier lien me des Marais.

254 PORT'ROTAL.

flc Vous éprouvez sans doute^ Monsieur, qu'il n'est besoin de vous npQuner l'auteur, ni de vous le désigner plus clairement. »

Ain^ échangeaient de loin leurs bénédictions, ainsi s'exprimaient entre eux avec une prudence mystérieuse ces hommes de piété et de ferveur dont le commerce semblait un crime, et en qui l'esprit de parti prétendait découvrir de dangereux conspirateurs. Ils ne conspiraient que pour le salut, en vue de l'éternité.

Mais voici encore autre chose. Le respectable ami auquel écrivait M. Vuillart, M. de Préfontaine, en lui répondant, avail semblé regretter de sa part une onaission : c'est que celui qui avait fait le. personnage d'ange- Raphaël dans ce mariage de Tobie et de Sara n'eût point ajouté aussi le conseil que l'ange avait autrefoisllonn^ au jeune homme, de s'abstenir durant les trois premières nuits, de les passer à deux, h genoux, mains jointes, en continence et en prière. N'oublions pas que nous sommes avec des chrétiens redevenus primitifs et qui remontent aux moindres paroles de TËcrllure comme à une source sacrée. M. Vuiliart, entrant dans la pensée de son anû, pensée qui eût fait sourire un profane, mais pu lui ne voyait qu'un ^ujet d'édification de plus, répondais assez Agréablement :

iK n leût été i délirer, Monsieur, que l'on eût fait cadrer en tout ^ comparaison de Tobie le jeune et de la jeune Sara avec nos jeuli#<iet nouveaux conjoints. Mais comme 1# ms tribus fioçtibus pço i%ngmwr (Ces trois premières nuits n'appartiennent qu'à J)jy^u)... jd^nd de la ^ule inspiration de l'Esprit du Seigneur et d'une grâce aussi rare que précieuse, même pour un temps, et que l'exto^tion ^ une pratique si respectable çonvenoU au i^açteur Cieojoignant^ et n'étoit nullement du ressort ni de l'entremise du inédiateur de l'alliance, ^'a été lettres closes pour lui. Majs )a réflexion que vous faites. Monsieur, sur cette belle circonstance de l'histoire de ces anciens enfant^ des Saints, convient tout à fait à la haute idée qu'une religion aussi éclairée que la vôtre donne de l'image de Dieu qui est dans Thommef et de l'alliance que Jésus- C&rist a élevée à la dignité de sacrement».». ^

Et il prenait de 1^ occasion poux citer, à son tour, plus d'une parole djB rficriture se rapportant à l'union mystique du Verbe avec û nature humrâe et du Sauveur avec son Eglise, toutes choses divines dont le nuuriege humain, en tant que sacrement, n'est que i'omlnre et h figure* Fuis il terminpjt en disant (car il avait eu depuis peu des soupcens mv la fidélité dQ la poçte, et 11 avait praint que quelque cmieus ou 9»alveiUant ne s'immi$çât pour intercepter la correspondance) :

« Après de telles réflexions que vous £aites, Monsieur, ,e^ que TOUS me mettez en voie de faire aussi, voyez si je n'ai pas grand sujet de désirer que vos lettres me viennent en leur entier et que Dieu continue de me faire par vous, jusqu'à la fin de votre vie ou

dé la mienne, I9 bien qu'il a daigné me faire durant près de trente ans par feu Monsieur votre frère, mon très-bonoré père en Jésus- Christ et mon très-libéral bienfaiteur *. »

J'abrège un peu, car il le faut^ mais y ai toujours quelque regret; 1 je l'avoue, à ne pas laisser les phrases de ces dignes gens dan^ ' toute leur longueur, afin de mieux respecter au^sj l'intégrité de leurs sentiments. Et combien ces sentiments sont profonds, gravés ' à jamais, ineffaçables I La foi communique à tout ce qu'ils sentent | fit ce qu'ils pensent un caractère d'éternité. — 14 joie de la famille * Racine dura peu :

« Nous passâmes avant-hier rq)rès-dinée chez votre sœur. Elle est toujours fort gaie et fort contente, et vous garde (Je très-bon chocolat dont elle me fit goûter* ^>

C'est ce que nous lisons dans une lettre de Eacine à son fils ainé^ alors à Versailles (30 jajjvier 1699). — Cette s(9ur chez qui on ya passer une après^dtnée n'est pas du tout, comme l'a cr^ un anciçn annotateur, la religieuse de Melun ; ce ne pouvait être que la nouvelle mariée, madame de Eiberpré, Mais déjà vers cette date, et un mois à peine écoulé depuis la cérémonie nuptiale^ le mal, qui n'avait jamais entièrement cessé, se faisait de nouveau sentir. Il reprenait plus fort que jamais quelques semaines après^ et }\ y avait crise. M. Vuillart écrivait le 19 mars :

V M. Racine a été malade à mourir. Il revient des portçs ^ la mort C'étoit une rechute. Son mal étoit si pressai:^ que lui ot sa jamiUe me souhaitant auprès de lui par amitié, je fus privé jeui}^ passé de la consolation de vous écrire. A jeudi prochain le reste.»

Dès le mardi suivant 24 mars, M. Vuillart reprend la plume, et après avoir rapporté une nouvelle intéressante (l'arrivée de lai Bulle condamnant le livre des Maximes de Fénelon) qu'il avait ' apprise de l'abbé Renaudot dans la chambre même de Racine, il continue ainsi :

<c II (l^abbé Renaudot) melai^^chez le malade parcs que je voulus voir lever le premier appareil d'ime ÏDcSslon qu'on lui avoit faite la veille au côté droit, un peu Eiu-dessous de la marne t le. C'est une incision cruciale. Il en sortit un edemî'poitctte (paltHte) de pus bien cuit. Il n'en est point sorti depuis, mais il lui faut quelques jours , pour se former. On ne sait s'il n'y a point d'abc&a îiupùumon ou au . foie. La patience et la douceur du malade, naturellement prompt et impatient, est un vrai ouvrage de la miséricorde du Seigneur. Il est en danger, mais si bien disposé qu'il témoigne plus craindre le retour de la sanjté que la fin de sa vie. — ,-? Je n'ai jamais eu H u force de lair^ pénitenyce, disoit-il confidemm^M^t le dernier jour i « use personne. (hKl^vasto^ pevr moi iittepieu m^aitfaitlami-

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