M. Le Roi, abbé de Haute-Fontaine
« séricorde de me donner celle-ci ! »— Il est tout plein de semblables sentiments. Il lui en échappe quelques-uns quand il sent près de lui quelqu'un de confiance. Je le recommande, Monsieur, très- \' instamment à vos prières. Tout Paris prend grande part à son danger comme toute la Cour ; et tout le monde souhaite passionnément sa conservation^ Il est dans une réputation de candeur, de droiture, de probité, qui le rend plus précieux à ses amis et aux honnêtes gens que son bel esprit. Son gendre et sa sœur, mademoiselle de Moramber, sont sans cesse à le servir avec son fils et son épouse, et tous se surpassent, chacun en sa manière.»
Et dans la même lettre, reprenant la plume le lendemain (car le jour du courrier n'était que le jeudi) ;
« Ce 25 mars, vers le soir. Je sors de chez le pauvre M. Racine. On le trouve toujours en danger, quoique les accidents diminuent: je crains beaucoup la fin. Elle peut n'être pas si proche: mais, selon les apparences, elle sera triste pour nous. Il est entre les mains de Celui qui deducU ad inferos et reducity qui eripit de partis mortis, qui dixit populo suo : Ego sum Dominus^ sancUor tuus, et de qui «aint Augustin dit : Omnipotenti Medico nihil est insancibUe. Il est le Seigneur tout-puissant et le Médecin toutpuissant aussi. Rien donc n'est hors de son pouvoir. Nulle maladie n'est incurable pour lui. Il n'y a qu'à l'adorer et à le laisser faire. »
Telle était Tatmosphère de religion, d'absolue croyance, au sein de laquelle habitait Racine converti et où vivait comme lui tout ce qui l'approchait et l'entourait. On peut méditer sur ladifiiérencedes temps.