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Aire en Gascogne

2. D'autres disent autrement. Le savant et fin continuateur du Père Daniel, le Père Griflfet, dans son Histoire de Louis IIII, à l'occasion du procès de Chalais (année 1626), se donne le plaisir de remarquer qu'un des inculpés, un gentilhomme nommé Boisdanemets, dans un livre intitulé : Mémoires du duc d^ Orléans, qui contiennent plusieurs particularités de la vie de Gaston^ u accuse le sieur Arnauld d'Andilly d'avoir trahi les secrets du maréchal d'Ornano, qui lui avoit procuré la place d'intendant de la maison du prince. » Une petite insinuation amicale en passant.

bientôt tiré de sa retraite pour devenir intendant d*armée en 1634, — c'est ce qu'on pourra lire dans ses Mémoires avec toutes sortes d'assaisonnements agréables et de circonstances à son avantage : < Et ce fut là (à Pomponne), nous dit-il, que je reçus une lettre de M. Servien ^^ écrite de sa main, ce qu'il faisoit rarement à cause de l'incommodité de son œÛ, par laquelle il me mandoit que le Boi m'avoit choisi pour m'envoyer intendant dans cette armée (celle des maréchaux de La Force et de Brézé sur le Rhin), et qu'encore que ce ne fût pas un emploi tel que je le pouvois espérer, je devois compter pour beaucoup de ce qu'on m'envoyoit chercher dans ma maison, comme autrefois les Dictateurs à la charrue. » Voilà de la gloire : d'Andilly l'aimait, il la voyait un peu partout, et la dispensait volontiers aux autres, en y prélevant sa part. Mais veut-on savoir pourtant à quoi s'occupait au juste ce laboureur de Pomponne la veille peut-être de son rappel à la romaine? Son fils aîné, l'abbé Amauld, nous le va dire; on n'est jamais trahi que par les siens.

a Ce n'étoit tous les jours, en ce temps-là, que jeux d'esprit et parties galantes.... Et un jour que nous étions à Pomponne, madame la marquise de Rambouillet, avec une troupe choisie, résolut de Py venir surprendre : M. Godeau en étoit; il ne pensoit point en ce temps-là à devenir prince de rÉglise, comme il le fut quelques années après ■, ayant été fait évoque de Grasse et puis de Vence. Ceux qui l'ont connu savent qu'il étoit fort petit, et à Phôtel de Rambouillet on Tappeloit pour cette raison le Nain de la princesse Julie. Ils partirent de Paris en deux carrosses ; et sur les cinq heures du soir deux ou trois cavaliers viennent à Pomponne comme s'ils eussent été des maréchaux-des-logis d'une compagnie de cavalerie , et demandent à faire le logement.

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