‹ Port-RoyalChapitre 77 sur 94 · Vnn des ancêtres du diacre Paris, très-proMblement · texte numérisé non relu

Vnn des ancêtres du diacre Paris, très-proMblement

2. C'est œ qu'on appela la révolbé des Va-nu-ffieds. On se TeipUque. La grande guerre que le roi avait sur les bras Tobligeant à d'excessives dépenses et à de continuelles levées d'impôts sur le peuple, on avait imaginé, pour forcer les récalcitrants, de mettre en pratique le principe de loliditë ou sctidarité : ainsi l'homme ricfae d'une paroisse, quoiqu'il eût payé sa taxe, pouvait être contraint et mis en prison pour la taxe des autres^ jusqu'à ce qu'elle fût entièrement rentrée. Le plus^aisé répondait pour tous. C'était procéder comme en pays conquis, où tout moyen est bon poer «itorquer de l'argent. Plusieurs de ces hoimêtes gens de caxnpagne^ ainsi maltraités et emprisonnés, bien qu'ayant payé leur quote-part, eurent recours au Parlement de Rouen et à la Cour des Aides qui leur donnèrent gain de cause. Les peui^es, se sentant de r^)pui, fie souievèvent contre les intendants et receveurs des tailles: ils élurent un chef qu'ils nommèrent hardiment Jean-v^ nU'piedSf faisant montre et drapeau de leur misère. C'est alors que le colonel Gassion fut envoyé pour châtier les mutins qui tenaient la Basse-^Nonnandie <1639) ; il s'en acquitta en vrai soLôat qull 6tait II entra à Caen sans résistance; mais, le gros des séditieux s'étant retranché dans Avranches, il s'y porta en force , enleva, non sans pertes, les barricades des faubourgs, et « prit et tua tout ce qui étoit dedans. Les prisonniers fuient pendus, et ainsi cette canaille fut dissipée. * Ce sont les termes mêmes de MongUt dans ses Mémoires. Mads Goligny, dans les siens, ajoute (ce qui se conçoit aisément) que a Gassion ayant presque tout mis à sac dut le pays, les esprits étaient demeurés fort altérés. » ^ Quant l Pascid, dans sa fièvre de géométrie et d'inv^ition, il ne parai, avoir vu en tout cela que matière à chiffre, à calcul numérique et à mécanique savante. Les réflexions morales qu'il put faire ne vinrent qu'après.

UVBE TROISIÈME. 471

M. GorneiDe, les Stances sur f Immaculée Conception qoi lai valurent le prix qu'on décernait tous les ans ce jour4à) et qu'on lui apporta avec tambours et trompeltes (8 décembre 1640). Il faut dire, pour excuse^ que l'étrange sujet — très-étrange, en effet, pour une jeune fille, — se trouvait indiqué par cet anniversaire non mcmsqne par les usagés et le titre même de la société ^ Gomeille, aussitôt le prix accordé aux Stances de mademoiselle Jacqueline, avait prononcé, séance tenante, lin petit remerdment en vers, trop digne de la pièce couronnée^. Mademoiselle l'Intendante , toute jeune qu'eUe était, faisait à Rouen un personnage ; M. Corneille, si grand dans son théâtre, et qui était un peu humble et disproportionné dans la vie, lui marquait une bonne grâce, j'imagine, où entrait quelque déférence. Mais il ne paraît pas que ce commerce de Corneille ait en fien atteint Pascal qui, dans ce même temps, ne s'inquiétait guère du Cidmà*Horacey inventait sa machine

1. Le plus ancien, assure-t-on , des Puys, espèces de compagnies Httéraires du Moyen-Age, est celui qui fut institué à Rouen en l'honneur de la Conception de Notre-Dame; on le fait remonter à Ouillaume le Conquérant. Mais, ce qui demeure plus certain, cett« compagnie eut beaucoup d'éclat à la fin du quinzième et durant tout le seizième siècle ; elle était encore très en vogue au dix-septième : Fontenelle et bien d'autres y ont concouru. Ces pièces sur FImmaculée Conception s'appelaient des paHnods, Le Chant royal seul, à Torigine, y florissait; on avait admis successivement le Bondeau, la Ballade, les Stances. La Rose était le prix de la Ballade, et la 7our celui des Stances.

2, Pour une jeune Muse absente,

Prince, je prendrai soin de vont remérdar..*.

PHnee, c'est la formule, le Prince du Puy pour le Présideni; et il finissait par ces deux vers, si vers il y a :

Une fille de douze années i

A, seule de son sexe, eu des prix sar ce Puy l .

Cela sortait de la môme bouche que le qu'il mourût, La jeune fille, au reste, avait bien quatorze ans et non pas dou}ce.

arithmétique ) et allait passer aux expériences sur le Vide. Est-ce que^ par hasard, d'abord ce certain manque de naturel et de simplicité dans la poésie du grand Gor^ neiile empêchait Pascal d'y prendre? Mieux vaut accaser sa distraction.

Sa santé était déjà profondément atteinte par suite dr l'unique application trop opiniâtre ; et il disait que, depuis Tftge de dix-huit ans, il n'avait point passé un seul jour sans douleur.

Je renvoie au discours de l'abbé Bossut^ pour le détail des travaux sur le Vide. Pascal, informé par M. Petit, qui le tenait du Père Mersenne, des expériences récentes de Torricelli, les répéta à Rouen, en 1646, avec ce même M. Petit, intendant des fortifications ; et dès 1647, il publia un Avis sur les nouvelles Expériences touchant le Vide, qui promettait un traité plus complet. Son but^ dans cet Avis publié, était de prendre date, et de 8*assurer l'honneur de recherches qui lui avaient coûté tant de frais, de labeur et de temps. Il n'y ferait mention, ajoutait-il, que de ce qui lui était propre en découvertes sur cette matière; bien qu'il eût réjpétéen toutes sortes de façons les expériences d'Italie, il n'en parlerait pas, « n'ayant dessein^ ce sont ses termes, de donner que celles qui me sont particulières et de mon propre génie. »

Les discussions auxquelles cette publication donna lieu, les expériences nouvelles et décisives que Pascal aussitôt imagina, et qu'il chargeait, dès novembre 1647, M. Périer, son beau-frère, d'exécuter sur le Puy-de- Dôme, la répétition qu'il en fit lui-même sur la tour de SaintnJacques-la-Boucherie à Paris, tous ces intéressants développements d'une belle et grande découverte appartiennent trop essentiellement à Thistoire des sciences

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