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Portalis, sa vie et ses oeuvres

Le nom de Portalis est en honneur au barreau et dans les assemblées politiques , ses opinions y font autorité; le clergé lui garde des souvenirs de gratitude. Cependant, sa naissance, son éducation, ses premiers écrits, son entrée dans la vie publique, sa correspondance, son exil et ses travaux philosophiques sont à peine connus. Nous essayons de retracer l'ensemble de sa carrière.

L'époque où il a vécu est si grande, elle a vu s'accomplir tant de faits glorieux et tant de crimes, répandu à la fois tant de terreur et de lumières, proclamé de si nobles principes, créé, mis en pratique ou préparé tant d'institutions dont l'influence domine aujourd'hui

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en Europe, que l'histoire est intéressée à connaître tous les hommes qui ont pris part à ces immenses événements.

Portalis y figure parmi les plus éminents et les plus purs.

Avant, pendant la Révolution et sous le Directoire, il a fait admirer son éloquence et son courage. Au lendemain du 18 brumaire, Bonaparte Ta distingué, et Portalis n'a cessé, jusqu'à sa mort, de prendre part aux travaux les plus importants du Consulat et de l'Empire; sa mémoire est intimement liée à deux actes impérissables : le Gode Civil et le Concordat.

Ses contemporains l'appelaient Portalis l'Ancien, pour le distinguer des autres membres de sa famille en faisant allusion à ses fonctions de membre du Conseil des Anciens , et surtout pour honorer en lui un caractère noble, religieux, désintéressé, patriotique, ferme dans l'adversité, antique en un mot. S'il a faibli un moment, vers la fin de sa carrière, dans des circonstances que nous ferons connaître, il faut tenir compte du temps où il vivait et de l'irrésistible ascendant de l'homme de génie qui gouvernait alors la France.

Jurisconsulte, législateur, philosophe, ministre, Portalis a tour à tour traité, avec autant de science que

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d'âme et de talent, les plus graves questions de droit, de morale et de politique, questions sans cesse à l'ordre du jour des sociétés modernes, et dont quelques-unes, entre autres celles de la liberté de la presse, du droit de réunion, de la contrainte par corps, de la liberté de tester, de l'enseignement public, se discutaient, récemment encore, devant les représentants du pays.

Plus nous sommes entré dans cette étude , et plus, en découvrant son étendue, sa portée, nous avons senti que nous serions loin d'y suffire ; cependant, à mesure que la tâche devenait plus lourde pour nous, l'attrait allait croissant, et nous n'avons pu nous résoudre à l'abandonner. Nous avons dû, toutefois, supprimer beaucoup de détails, abréger l'examen de plus d'une question, même parmi les plus importantes, afin de ne pas être entraîné au delà des limites dans lesquelles il nous paraît convenable de nous tenir.

Nous avons trouvé les éléments de notre travail dans le Moniteur, dans de nombreux écrits, surtout dans ceux de Portalis lui-même, ainsi que dans les papiers et les renseignements que M. le comte Portalis, chef actuel de la famille, a bien voulu nous communiquer avec une gracieuse bonté dont nous lui serons toujours reconnaissant.

iv PREFACE

Nous donnons, d'ailleurs, dans une annexe et en regard de nos citations, l'indication précise des documents que nous avons consultés.

Puisse notre œuvre n'être pas trop indigne de l'homme illustre qui en est l'objet et de la haute Faculté à laquelle nous avons l'honneur de la soumettre !

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