DE LA LONGITUDE ET DE LA LATITUDE
Quoiquà proprement parler, la terre irait ni longueur, ni largeur, on suit encore la manière de parler des anciens, qui comptaient la longueur de la terre dOccident en Orient, et sa largeur de l'équateur aux pôles.
On entend par latitude d'un lieu sur la terre, la distance quil y a de Tcquateur à ce lieu, en tirant vers lun ou l'autre pôle, et cette distance est mesurée par l'arc du méridien compris entre Téquateur et le lieu. Ainsi une ville, qui serait à i5« de l'équateur, aurait 1 5° de latitude, eu de hauteur du pôle. Ces deux choses sont égales,
(pi. XI. fig. 1.)
Eu effet le Zenith ne peut s'éloigner de l'équateur qu'il ne s'approche du pôle, d'oîi 11 faut conclure que le pôle séloigne autant de l'horizon que le Zénith de l'équateur. Pour démontrer cette ^érilé, qui ut d'un grand usage, surtout pour les peuples qui ont la sphère oblique, il faut observer que de l'équateur au pôle il y a 90°, que du Zénith à l'horizon il y a également yo^ en passant par le pôle. Si l'on ôte de ces deux arcs é"aux entr'eux, l'arc du méridien qui leur est commun, savoir la distance du pôle au Zénith, il restera de part et d'autre deux arcs égaux entr'eux, savoir d'un côté la distance du Zénith à l'équateur, ou la latitude, et de l'autre la hauteur du pôle sur l'hrrizon; lesquelles sont par conséquent égales entr'elles, suivant ce principe, que si de deux quanlUés égales on ôte une même quantité^ les restes seront égaux entr\ux. Cette rèf'le reçoit également son application dans la sphère droite et dans la sphère parallèle. Dans la sphère droite (p. XI. fig. 2.) où le Zenith est dans l'équateur, la la^tude est nulle, de même que la hauteur du pôle. L'horizon est également nul, puisque les pôles du monde ou de féquateur sont alors dans l'huri/.on , et éloignés de l'équateur de go". Dans la sphère parallèle (tig. 5.) où l'équateur sert lui-même d'horizon, le Zénith n'est pas différent du pôle du monde, et par conséquent comme la distance du Zénith à l'horizon est de 90", de même la hauteur du pulc, qui n'est autre chose que le Zénith, y est pareillement de 90".
Il y a deux latitudes; l'une sei-tentrionale, qui se compte depuis l'équateur jusqu'au pôle arctique; l'autre méridionale, depuis l'équateur jusqu'au pôle antarctique. D'où il s'ensuit que la latitude ne peut jamais être de plus de 90'% par ce que l'arc du méridien compris entre l'équateur et le pôle, n'est qu'un quart de cercle (pi. XII. fig- i-)
Des 180° de latitude que l'on conçoit de part et d'autre de féquateur, on n'en marque ordinairement sur les globes que 8 de chaque côté, non compris le pôle, qui est supposé le 9.% et ils sont éloignés les uns des autres de 10 degrés. On les trouve tous décrits sur les méridiens des globes' et sur les cartes de géographie à. droite et à gauche.
Les degrés de latitude sont tous estimes à 2S lieues de 2,282 toises chacune. I!s ont tous même valeur depuis l'équateur jus([u"aux pôles, par ce qu'ils se comptent sur les méridiens, qui sont de grands cercles qui passent par les pôles du monde. Or, les degrés des grands cercles sont tous égaux, et valent par conséquent 20 grandes lieues, 2D moyennes et 3o petites lieues de France. i\iusi eu suivant ces mesures tt par une
simple règle d'arithmétique, on saura à quelle distance de l'équateur est une ville dont on connaît la latitude. On verra, par exemple, que Lyon, dont la latitude est de 46 degrés 46 minutes, est éloigné de l'équateur de giS lieues de 20 au degré, de 1144 de 25 au degré, et de iSya lieues de 5o au degré.
Il résulte de ce que nous venons de dire, que les lieux situés sous l'équateur, n'ont point de latitude, que ceux qui sont situés de l'un et de l'autre côté de l'équateur, ont plus ou moins de latitude, selon qu'ils en sont plus ou moins éloignés. Enfin que ceux qui sont sous les pôles, ont la plus grande latitude possible.
Les cercles de longitude sont de grands cercles qui passent par les pôles de la terre, et coupent perpendiculairement l'équateur (pi. Xll. iig. 2.) C'est pourquoi ce sont, à proprement parler, des méridiens; ainsi par longitude on entend l'espace compris entre deux méridiens, ou plutôt la longitude d'un lieu est l'arc du parallèle compris entre le premier méridien et le méridien du lieu. Cet arc est plus uu moins grand, selon que l'on s'approche ou que l'on s'éloigne du premier méridien.
Comme il y a une infinité de lieux sur la terre, tant du côté de l'Orient que du côté de l'Occident, on doit aussi concevoir une intinité de cercles de longitude. Mais pour éviter la confusion, les géographes n'en marquent que 5Co, qui sont décrits sur l'équateur, et que l'on ne marque que de 10 en 10 ou de 1 5 en i5 sur les globes ou mappemondes, et de 5 en 5 sur les cartes moins générales, et ces degrés y sont décrits au N. et au S. de toutes les cartes.
De tous ces méridiens, ou cercles de longitude, il n'y en a que 180 d'entiers. Chaque ligne ne saurait faire le tour entier. Elle forme par conséquent deux méridiens, de sorte que le premier et le 180." ne composent qu'un même cercle.
On a été longtems dans l'usage de compter les degrés de longitude depuis 1 jusqu'à 36o, en allant vers l'Orient, à partir de la ligne méridienne de i'ile de Fer, l'une des Canaries. Mais de nos jours on est convenu que le point de départ pour compter les longitudes, serait le méridien de l'observatoire de Paris, et qu'à partir de ce point, on compterait 180 degrés de longitude orientale, et 180 de longitude occidentale. La longitude de Paris, par rapport à l'île de Fer, est à peu près de 20 degrés.
Les Anglais font la même chose par rapport au méridien de Londres. Cela est assez indifférent en soi; il est pourtant vrai que si tous les asti-onomes convenaient d'un méridien commun, on ne serait pas obligé de faire des réductions, qui sont nécessaires pour ne pas embrouiller la géographie moderne, et Fon n'aurait pas Fembarras, toutes les fois qu'on voit une carte géographique, de chercher le méridien que Fauteur a choisi.
Un deoré de longitude, qui vaut sous Féquateur 26 lieues communes de France, n'en vaut plus que 16 sur le parallèle de Paris, en allant à FOricnt ou à FOccident. Cette différence vient de ce que les cercles parallèles vont toujours en diminuant de Féquateur aux pôles, et qu'il faut faire bien moins de chemin pour changer de lougitude sur les parallèles éloignés de Féquateur, que sur ceux qui en sont proches.